samedi 24 décembre 2005

Le Vilain petit Canard de Hans Christian Andersen

Source : Wikisource

Le Vilain petit Canard


Hans Christian Andersen




Comme il faisait bon dans la campagne ! C’était l’été.

Les blés étaient dorés, l’avoine verte, les foins coupés embaumaient, ramassés en tas dans les prairies, et une cigogne marchait sur ses jambes rouges, si fines et si longues et claquait du bec en égyptien (sa mère lui avait appris cette langue-là). Au-delà, des champs et des prairies s’étendaient, puis la forêt aux grands arbres, aux lacs profonds.

En plein soleil, un vieux château s’élevait entouré de fossés, et au pied des murs poussaient des bardanes aux larges feuilles, si hautes que les petits enfants pouvaient se tenir tout debout sous elles. L’endroit était aussi sauvage qu’une épaisse forêt, et c’est là qu’une cane s’était installée pour couver. Elle commençait à s’ennuyer beaucoup. C’était bien long et les visites étaient rares les autres canards préféraient nager dans les fossés plutôt que de s’installer sous les feuilles pour caqueter avec elle. Enfin, un oeuf après l’autre craqua. " Pip, pip ", tous les jaunes d’oeufs étaient vivants et sortaient la tête.

Coin, coin, dit la cane, et les petits se dégageaient de la coquille et regardaient de tous côtés sous les feuilles vertes. La mère les laissait ouvrir leurs yeux très grands, car le vert est bon pour les yeux. Comme le monde est grand, disaient les petits. Ils avaient bien sûr beaucoup plus de place que dans l’oeuf. Croyez-vous que c’est là tout le grand monde ? dit leur mère, il s’étend bien loin, de l’autre côté du jardin, jusqu’au champ du pasteur - mais je n’y suis jamais allée. " Etes-vous bien là, tous ? " Elle se dressa. " Non, le plus grand oeuf est encore tout entier. Combien de temps va-t-il encore falloir couver ? J’en ai par-dessus la tête. "

Et elle se recoucha dessus. Eh bien ! comment ça va ? demanda une vieille cane qui venait enfin rendre visite. Ça dure et ça dure, avec ce dernier oeuf qui ne veut pas se briser. Mais regardez les autres, je n’ai jamais vu des canetons plus ravissants. Ils ressemblent tous à leur père, ce coquin, qui ne vient même pas me voir. Montre-moi cet oeuf qui ne veut pas craquer, dit la vieille. C’est, sans doute, un oeuf de dinde, j’y ai été prise moi aussi une fois, et j’ai eu bien du mal avec celui-là. Il avait peur de l’eau et je ne pouvais pas obtenir qu’il y aille. J’avais beau courir et crier. Fais-moi voir. Oui, c’est un oeuf de dinde, sûrement. Laisse-le et apprends aux autres enfants à nager. Je veux tout de même le couver encore un peu, dit la mère.

Maintenant que j’y suis depuis longtemps. Fais comme tu veux, dit la vieille, et elle s’en alla. Enfin, l’oeuf se brisa. Pip, pip, dit le petit en roulant dehors. Il était si grand et si laid que la cane étonnée, le regarda. En voilà un énorme caneton, dit-elle, aucun des autres ne lui ressemble. Et si c’était un dindonneau, eh bien, nous allons savoir ça au plus vite. Le lendemain, il faisait un temps splendide. La cane avec toute la famille S’approcha du fossé. Plouf ! elle sauta dans l’eau. Coin ! coin ! commanda-t-elle, et les canetons plongèrent l’un après l’autre, même l’affreux gros gris.

Non, ce n’est pas un dindonneau, s’exclama la mère.Voyez comme il sait se servir de ses pattes et comme il se tient droit. C’est mon petit à moi. Il est même beau quand on le regarde bien. Coin ! coin : venez avec moi, je vous conduirai dans le monde et vous présenterai à la cour des canards. Mais tenez- vous toujours près de moi pour qu’on ne vous marche pas dessus, et méfiez-vous du chat. Ils arrivèrent à l’étang des canards où régnait un effroyable vacarme. Deux familles se disputaient une tête d’anguille.

Ce fut le chat qui l’attrapa. Ainsi va le monde ! dit la cane en se pourléchant le bec. Elle aussi aurait volontiers mangé la tête d’anguille. Jouez des pattes et tâchez de vous dépêcher et courbez le cou devant la vieille cane, là-bas, elle est la plus importante de nous tous. Elle est de sang espagnol, c’est pourquoi elle est si grosse. Vous voyez qu’elle a un chiffon rouge à la patte, c’est la plus haute distinction pour un canard. Cela signifie qu’on ne veut pas la manger et que chacun doit y prendre garde. Ne mettez pas les pattes en dedans, un caneton bien élevé nage les pattes en dehors comme père et mère. Maintenant, courbez le cou et faites coin !

Les petits obéissaient, mais les canards autour d’eux les regardaient et s’exclamaient à haute voix : Encore une famille de plus, comme si nous n’étions pas déjà assez. Et il y en a un vraiment affreux, celui-là nous n’en voulons pas. Une cane se précipita sur lui et le mordit au cou. Laissez le tranquille, dit la mère. Il ne fait de mal à personne. Non, mais il est trop grand et mal venu. Il a besoin d’être rossé. Elle a de beaux enfants, cette mère ! dit la vieille cane au chiffon rouge, tous beaux, à part celui-là : il n’est guère réussi. Si on pouvait seulement recommencer les enfants ratés ! Ce n’est pas possible,

Votre Grâce, dit la mère des canetons ; il n’est pas beau mais il est très intelligent et il nage bien, aussi bien que les autres, mieux même. J’espère qu’en grandissant il embellira et qu’avec le temps il sera très présentable. Elle lui arracha quelques plumes du cou, puis le lissa : Du reste, c’est un mâle, alors la beauté n’a pas tant d’importance. Les autres sont adorables, dit la vieille. Vous êtes chez vous, et si vous trouvez une tête d’anguille, vous pourrez me l’apporter. Cependant, le pauvre caneton, trop grand, trop laid, était la risée de tous. Les canards et même les poules le bousculaient.

Le dindon - né avec des éperons - et qui se croyait un empereur, gonflait ses plumes comme des voiles. Il se précipitait sur lui en poussant des glouglous de colère. Le pauvre caneton ne savait où se fourrer. La fille de basse-cour lui donnait des coups de pied. Ses frères et soeurs, eux-mêmes, lui criaient : Si seulement le chat pouvait te prendre, phénomène ! Et sa mère :

Si seulement tu étais bien loin d’ici ! C’en était trop ! Le malheureux, d’un grand effort s’envola par- dessus la haie, les petits oiseaux dans les buissons se sauvaient à tire d’aile. "Je suis si laid que je leur fais peur", pensa-t-il en fermant les yeux. Il courut tout de même jusqu’au grand marais où vivaient les canards sauvages. Il tombait de fatigue et de chagrin et resta là toute la nuit. Au matin, les canards en voyant ce nouveau camarade s’écrièrent : Qu’est-ce que c’est que celui-là ? Notre ami se tournait de droite et de gauche, et saluait tant qu’il pouvait. Tu es affreux, lui dirent les canards sauvages, mais cela nous est bien égal pourvu que tu n’épouses personne de notre famille.

Il ne songeait guère à se marier, le pauvre ! Si seulement on lui permettait de coucher dans les roseaux et de boire l’eau du marais. Il resta là deux jours. Vinrent deux oies sauvages, deux jars plutôt, car c’étaient des mâles, il n’y avait pas longtemps qu’ils étaient sortis de l’oeuf et ils étaient très désinvoltes. Ecoute, camarade, dirent-ils, tu es laid, mais tu nous plais. Veux-tu venir avec nous et devenir oiseau migrateur ? Dans un marais à côté il y a quelques charmantes oiselles sauvages, toutes demoiselles bien capables de dire coin, coin (oui, oui), et laid comme tu es, je parie que tu leur plairas. Au même instant, il entendit Pif ! Paf !, les deux jars tombèrent raides morts dans les roseaux, l’eau devint rouge de leur sang.

Toute la troupe s’égailla et les fusils claquèrent de nouveau. Des chasseurs passaient, ils cernèrent le marais, il y en avait même grimpés dans les arbres. Les chiens de chasse couraient dans la vase. Platch ! Platch ! Les roseaux volaient de tous côtés ; le pauvre caneton, épouvanté, essayait de cacher sa tête sous son aile quand il vit un immense chien terrifiant, la langue pendante, les yeux étincelants. Son museau, ses dents pointues étaient déjà prêts à le saisir quand - Klap ! il partit sans le toucher. Oh ! Dieu merci ! je suis si laid que même le chien ne veut pas me mordre.

Il se tint tout tranquille pendant que les plombs sifflaient et que les coups de fusils claquaient. Le calme ne revint qu’au milieu du jour, mais le pauvre n’osait pas se lever, il attendit encore de longues heures, puis quittant le marais il courut à travers les champs et les prés, malgré le vent qui l’empêchait presque d’avancer. Vers le soir, il atteignit une pauvre masure paysanne, si misérable qu’elle ne savait pas elle-même de quel côté elle avait envie de tomber, alors elle restait debout provisoirement. Le vent sifflait si fort qu’il fallait au caneton s’asseoir sur sa queue pour lui résister.

Il s’aperçut tout à coup que l’un des gonds de la porte était arraché, ce qui laissait un petit espace au travers duquel il était possible de se glisser dans la cabane. C’est ce qu’il fit. Une vieille paysanne habitait là, avec son chat et sa poule. Le chat pouvait faire le gros dos et ronronner. Il jetait même des étincelles si on le caressait à rebrousse-poil. La poule avait les pattes toutes courtes, elle pondait bien et la femme les aimait tous les deux comme ses enfants. Au matin, ils remarquèrent l’inconnu. Le chat fit "chum" et la poule fit "cotcotcot ". Qu’est-ce que c’est que ça ! dit la femme. Elle n’y voyait pas très clair et crut que c’était une grosse cane égarée. " Bonne affaire, pensa-t-elle, je vais avoir des oeufs de cane.

Pourvu que ce ne soit pas un mâle. Nous verrons bien. " Le caneton resta à l’essai, mais on s’aperçut très vite qu’il ne pondait aucun oeuf. Le chat était le maître de la maison et la poule la maîtresse. Ils disaient : " Nous et le monde ", ils pensaient bien en être la moitié, du monde, et la meilleure. Le caneton était d’un autre avis, mais la poule ne supportait pas la contradiction. Sais-tu pondre ? demandait-elle. Non. Alors, tais-toi. Et le chat disait : Sais-tu faire le gros dos, ronronner ? Non. Alors, n’émets pas des opinions absurdes quand les gens raisonnables parlent. Le caneton, dans son coin, était de mauvaise humeur ; il avait une telle nostalgie d’air frais, de soleil, une telle envie de glisser sur l’eau. Il ne put s’empêcher d’en parler à la poule.

Qu’est-ce qui te prend, répondit-elle. Tu n’as rien à faire, alors tu te montes la tête. Tu n’as qu’à pondre ou à ronronner, et cela te passera. C’est si délicieux de glisser sur l’eau, dit le caneton, si exquis quand elle vous passe par-dessus la tête et de plonger jusqu’au fond ! En voilà un plaisir, dit la poule. Tu es complètement fou. Demande au chat, qui est l’être le plus intelligent que je connaisse, s’il aime glisser sur l’eau ou plonger la tête dedans. Je ne parle même pas de moi. Demande à notre hôtesse, la vieille paysanne. Il n’y a pas plus intelligent. Crois-tu qu’elle a envie de nager et d’avoir de l’eau par-dessus la tête ?

Vous ne me comprenez pas, soupirait le caneton. Alors, si nous ne te comprenons pas, qui est-ce qui te comprendra ! Tu ne vas tout de même pas croire que tu es plus malin que le chat ou la femme ... ou moi-même ! Remercie plutôt le ciel de ce qu’on a fait pour toi. N’es-tu pas là dans une chambre bien chaude avec des gens capables de t’apprendre quelque chose ? Mais tu n’es qu’un vaurien, et il n’y a aucun plaisir à te fréquenter. Remarque que je te veux du bien et si je te dis des choses désagréables, c’est que je suis ton amie. Essaie un peu de pondre ou de ronronner ! Je crois que je vais me sauver dans le vaste monde, avoua le caneton. Eh bien ! vas-y donc. Il s’en alla.

L’automne vint, les feuilles dans la forêt passèrent du jaune au brun, le vent les faisait voler de tous côtés. L’air était froid, les nuages lourds de grêle et de neige, dans les haies nues les corbeaux croassaient kré ! kru ! krà ! oui, il y avait de quoi grelotter. Le pauvre caneton n’était guère heureux. Un soir, au soleil couchant, un grand vol d’oiseaux sortit des buissons. Jamais le caneton n’en avait vu de si beaux, d’une blancheur si immaculée, avec de longs cous ondulants. Ils ouvraient leurs larges ailes et s’envolaient loin des contrées glacées vers le midi, vers les pays plus chauds, vers la mer ouverte.

Ils volaient si haut, si haut, que le caneton en fut impressionné ; il tournait sur l’eau comme une roue, tendait le cou vers le ciel ... il poussa un cri si étrange et si puissant que lui- même en fut effrayé. Jamais il ne pourrait oublier ces oiseaux merveilleux ! Lorsqu’ils furent hors de sa vue, il plongea jusqu’au fond de l’eau et quand il remonta à la surface, il était comme hors de lui-même. Il ne savait pas le nom de ces oiseaux ni où ils s’envolaient, mais il les aimait comme il n’avait jamais aimé personne. Il ne les enviait pas, comment aurait-il rêvé de leur ressembler...

L’hiver fut froid, terriblement froid. Il lui fallait nager constamment pour empêcher l’eau de geler autour de lui. Mais, chaque nuit, le trou où il nageait devenait de plus en plus petit. La glace craquait, il avait beau remuer ses pattes, à la fin, épuisé, il resta pris dans la glace. Au matin, un paysan qui passait le vit, il brisa la glace de son sabot et porta le caneton à la maison où sa femme le ranima. Les enfants voulaient jouer avec lui, mais lui croyait qu’ils voulaient lui faire du mal, il s’élança droit dans la terrine de lait éclaboussant toute la pièce ; la femme criait et levait les bras au ciel. Alors, il vola dans la baratte où était le beurre et, de là, dans le tonneau à farine. La paysanne le poursuivait avec des pincettes ; les enfants se bousculaient pour l’attraper... et ils riaient ... et ils criaient. Heureusement, la porte était ouverte !

Il se précipita sous les buissons, dans la neige molle, et il y resta anéanti. Il serait trop triste de raconter tous les malheurs et les peines qu’il dut endurer en ce long hiver. Pourtant, un jour enfin, le soleil se leva, déjà chaud, et se mit à briller. C’était le printemps. Alors, soudain, il éleva ses ailes qui bruirent et le soulevèrent, et avant qu’il pût s’en rendre compte, il se trouva dans un grand jardin plein de pommiers en fleurs. Là, les lilas embaumaient et leurs longues branches vertes tombaient jusqu’aux fossés. Comme il faisait bon et printanier ! Et voilà que, devant lui, sortant des fourrés trois superbes cygnes blancs s’avançaient. Il ébouriffaient leurs plumes et nageaient si légèrement, et il reconnaissait les beaux oiseaux blancs.

Une étrange mélancolie s’empara de lui. Je vais voler jusqu’à eux et ils me battront à mort, moi si laid, d’avoir l’audace de les approcher ! Mais tant pis, plutôt mourir par eux que pincé par les canards, piqué par les poules ou par les coups de pied des filles de basse-cour ! Il s’élança dans l’eau et nagea vers ces cygnes pleins de noblesse. A son étonnement, ceux-ci, en le voyant, se dirigèrent vers lui. Tuez-moi, dit le pauvre caneton en inclinant la tête vers la surface des eaux. Et il attendit la mort. Mais alors, qu’est-ce qu’il vit, se reflétant sous lui, dans l’eau claire ? C’était sa propre image, non plus comme un vilain gros oiseau gris et lourdaud ... il était devenu un cygne !!!

Car il n’y a aucune importance à être né parmi les canards si on a été couvé dans un oeuf de cygne ! Il ne regrettait pas le temps des misères et des épreuves puisqu’elles devaient le conduire vers un tel bonheur ! Les grands cygnes blancs nageaient autour de lui et le caressaient de leur bec. Quelques enfants approchaient, jetant du pain et des graines. Le plus petit S’écria : - Oh ! il y en a un nouveau. Et tous les enfants de s’exclamer et de battre des mains et de danser en appelant père et mère. On lança du pain et des gâteaux dans l’eau. Tous disaient :

" Le nouveau est le plus beau, si jeune et si gracieux. " Les vieux cygnes s’inclinaient devant lui. Il était tout confus, notre petit canard, et cachait sa tête sous l’aile, il ne savait lui-même pourquoi. Il était trop heureux, pas du tout orgueilleux pourtant, car un grand coeur ne connaît pas l’orgueil. Il pensait combien il avait été pourchassé et haï alors qu’il était le même qu’aujourd’hui où on le déclarait le plus beau de tous ! Les lilas embaumaient dans la verdure, le chaud soleil étincelait. Alors il gonfla ses plumes, leva vers le ciel son col flexible et de tout son coeur comblé il cria : "Aurais-je pu rêver semblable félicité quand je n’étais que le vilain petit canard !

vendredi 23 décembre 2005

Maquiladora

Une maquiladora, ou son abréviation maquila, est l'équivalent latino-américain des zones de traitement pour l'exportation (export processing zone, EPZ, en anglais). Ce terme désigne une usine qui bénéficie d'une exonération des droits de douane pour pouvoir produire à un moindre coût des marchandises assemblées, transformées, réparées ou élaborées à partir de composants importés ; la majeure partie de ces marchandises est ensuite exportée (sauf dans le cas des maquiladoras por capacidad ociosa, orientées vers la production nationale).

Les maquiladoras ont vu le jour il y a plus de 30 ans au Mexique, dans les zones frontalières avec les États-Unis d'Amérique. On en trouve de nos jours également au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Panamá. Elles fabriquent entre autres des vêtements, de l'électronique, des pièces automobiles...

Suivant le décret mexicain Maquila du 22 décembre 1989, ces usines peuvent être entièrement propriété d'entreprises étrangères. Elles attirent les investisseurs pour leur main d'œuvre bon marché (la quasi totalité des employés sont des femmes sous-payées), le peu de régulation du travail (les employées perdent leur emploi si elles tombent enceintes), les normes environnementales peu exigeantes et bien sûr la faible taxation dont elles bénéficient.

La création des maquiladoras est en partie dûe à la fin du programme bracero des États-Unis, qui autorisait les Mexicains à faire des travaux agricoles saisonniers. En 2000, près de quatre mille de ces usines fonctionnaient dans ce cadre, employant plus d'un million trois cent mille personnes et représentant le tiers des importations. L'entrée en vigueur de l'ALENA et le ralentissement de l'activité depuis 2001 auraient fait diminuer ces chiffres de 30%.

Source : Wikipedia

Vous pouvez consulter aussi la note de synthèse "Licenciements, délocalisations et zones franches" de PolitiquesSociales.net.

jeudi 22 décembre 2005

le message de Yaguine et Fodé

Yaguine Koïta, 14 ans, et Fodé Tounkara, 15 ans, ont été découverts morts lundi 2 août 1999 dans le train d’atterrissage d’un avion de la Sabena, en provenance de Conakry, à l’aéroport de Bruxelles National.

Ils ont laissés un message émouvant à l'Europe.

Lettre de Yaguine et Fodé

Excellences, Messieurs les membres et responsables d'Europe,

Nous avons l'honorable plaisir et la grande confiance de vous écrire cette lettre pour vous parler de l'objectif de notre voyage et de la souffrance de nous, les enfants et jeunes d'Afrique.

Mais tout d'abord, nous vous présentons les salutations les plus délicieuses, adorables et respectées dans la vie. A cet effet, soyez notre appui et notre aide. Vous êtes pour nous, en Afrique, ceux à qui il faut demander au secours. Nous vous en supplions, pour l'amour de votre continent, pour le sentiment que vous avez envers votre peuple et surtout pour l'affinité et l'amour que vous avez pour vos enfants que vous aimez pour la vie. En plus, pour l'amour et la timidité de notre créateur Dieu le tout-puissant qui vous a donné toutes les bonnes expériences, richesses et pouvoirs de bien construire et bien organiser votre continent à devenir le plus beau et admirable parmi les autres.

Messieurs les membres et responsables d'Europe, c'est de votre solidarité et votre gentillesse que nous vous crions au secours en Afrique. Aidez-nous, nous souffrons énormément en Afrique, nous avons des problèmes et quelques manques au niveau des droits de l'enfant.

Au niveau des problèmes, nous avons la guerre, la maladie, le manque de nourriture, etc. Quant aux droits de l'enfant, c'est en Afrique, et surtout en Guinée nous avons trop d'écoles mais un grand manque d'éducation et d'enseignement. Sauf dans les écoles privées où l'on peut avoir une bonne éducation et un bon enseignement, mais il faut une forte somme d'argent. Or, nos parents sont pauvres et il leur faut nous nourrir. Ensuite, nous n'avons pas non plus d'écoles sportives où nous pourrions pratiquer le football, le basket ou le tennis.

C'est pourquoi, nous, les enfants et jeunes Africains, vous demandons de faire une grande organisation efficace pour l'Afrique pour nous permettre de progresser.

Donc, si vous voyez que nous nous sacrifions et exposons notre vie, c'est parce qu'on souffre trop en Afrique et qu'on a besoin de vous pour lutter contre la pauvreté et pour mettre fin à la guerre en Afrique. Néanmoins, nous voulons étudier, et nous vous demandons de nous aider à étudier pour être comme vous en Afrique.

Enfin, nous vous supplions de nous excuser très très fort d'oser vous écrire cette lettre en tant que Vous, les grands personnages à qui nous devons beaucoup de respect. Et n'oubliez pas que c'est à vous que nous devons nous plaindre de la faiblesse de notre force en Afrique.

(Signature) Ecrit par deux enfants guinéens Yaguine Koita et Fodé Tounkara.

Source : Le message du site Atterrisage où vous trouverez davantage d'informations sur ce fait divers pas ordinaire ainsi que sur le livre et la pièce de théatre qui s'en inspirent.

Alexis Carrel

Alexis Carrel
Alexis Carrel (1873 - 1944), chirurgien français (prix Nobel de médecine 1912).

L'homme cet inconnu

  • C'est la qualité des êtres humains qui importe, et non leur quantité.
  • C'est la sélection des détails et non pas leur nombre, qui donne à un portrait sa ressemblance.
  • Ce qui est spécifique de nous-mêmes ne possède pas de dimensions physiques. La place que nous occupons dans le monde ne dépend certainement pas de notre volume.
  • Chaque homme est une histoire qui n'est identique à aucune autre.
  • Il est étrange que la pensée, qui transforme la surface de la terre, détruit et construit les nations, et découvre de nouveaux univers au fond de l'immensité inconcevable de l'espace, s'élabore en nous sans consommer une quantité mesurable d'énergie.
  • Il existe en outre une classe d'hommes qui, quoique aussi dysharmoniques que les criminels et les fous, sont indispensables à la société moderne. Ce sont les génies.
  • L'adhésion de notre esprit à un système quelconque change l'aspect et la signification des phénomènes observés par nous. De tous temps, l'humanité s'est contemplée à travers des verres colorés par des doctrines, des croyances et des illusions.
  • L'amour stimule l'esprit quand il n'atteint pas son objet.
  • L'éminence même d'un spécialiste le rend plus dangereux.
  • L'homme devrait être la mesure de tout. En fait, il est un étranger dans le monde qu'il a créé. Il n'a pas su organiser ce monde pour lui, parce qu'il ne possédait pas une connaissance positive de sa propre nature.
  • L'humanité doit aujourd'hui concentrer son attention sur elle-même et sur les causes de son incapacité morale et intellectuelle. A quoi bon augmenter le confort, le luxe, la beauté, la grandeur et la complication de notre civilisation, si notre faiblesse ne nous permet pas de les diriger?
  • L'humanité doit se donner un cerveau immortel qui puisse la guider sur la route où en ce moment elle chancelle.
  • L'humanité n'a jamais rien gagné par l'effort de la foule. Elle est poussée en avant par la passion de quelques individus, par la flamme de leur intelligence, par leur idéal de science, de charité ou de beauté.
  • L'ignorance et la pauvreté ont les mêmes effets que la richesse.
  • L'impossibilité de définir une chose ne signifie pas sa non-existence.
  • L'intellectuel pur est une être incomplet, malheureux, car il est incapable d'atteindre ce qu'il comprend. La capacité de saisir les relations des choses n'est féconde qu'associée à d'autres activités, telles que le sens moral, le sens affectif, la volonté, le jugement, l'imagination, et une certaine force organique.
  • La beauté est une source inépuisable de joie pour celui qui sait la découvrir.
  • La beauté morale laisse un souvenir inoubliable à celui qui , même une fois, l'a contemplée. Elle nous touche plus que la beauté de la nature, ou celle de la science. Elle donne à celui qui la possède un pouvoir étrange, inexplicable. Elle augmente la force de l'intelligence. Elle établit la paix entre les hommes. Elles est, beaucoup plus que la science, l'art et la religion, la base de la civilisation.
  • La curiosité est une nécessité de notre nature. Elle est une impulsion aveugle qui n'obéit à aucune règle. Notre esprit s'infiltre autour des choses du monde extérieur, et dans les profondeurs de nous-mêmes, de façon aussi irraisonnée et irrésistible qu'un raton explore à l'aide de ses adroites petites pattes les moindres détails du lieu où il est enfermé. C'est cette curiosité qui nous oblige à découvrir l'univers. Elle nous entraîne irrésistiblement à sa suite sur des routes inconnues. Et les montagnes infranchissables s'évanouissent devant elle comme la fumée dispersée par le vent.
  • La destinée naturelle de toutes les civilisations est de grandir et de dégénérer, et de s'évanouir en poussière.
  • La difficulté ou l'obscurité d'un sujet n'est pas une raison suffisante pour le négliger.
  • La majorité des criminels ne sont pas dans les prisons.
  • La nécessité de choisir une seule route, parmi celles qui se présentent à nous, nous prive de voir les pays auxquels les autres routes nous auraient conduits.
  • La pensée ne grandit que chez ceux qui sont capables d'amour et de haine.
  • La recherche de Dieu est une entreprise toute personnelle.
  • Le faible d'esprit et l'homme de génie ne doivent pas être égaux devant la loi.
  • Le meilleur moyen d'augmenter l'intelligence des savants serait de diminuer leur nombre.
  • Le nombre immense des données que nous possédons aujourd'hui sur l'homme est un obstacle à leur emploi. Pour être utilisable, notre connaissance doit être synthétique et brève.
  • Le plus grand malheur que la civilisation scientifique a apporté aux hommes est l'oisiveté.
  • Le sacrifice paraît une condition nécessaire à la vie.
  • Le temps que nous observons dans la nature n'a pas d'existence propre. Il est seulement une façon d'être des choses.
  • Les êtres humains n'ont pas grandi en même temps que les institutions issues de leur cerveau. Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation.
  • Les hommes de sciences ignorent où ils vont. Ils sont guidés par le hasard, par des raisonnements subtils, par une sorte de clairvoyance.
  • Nos états de conscience coulent dans le temps comme une rivière le long d'une vallée. De même que la rivière, nous sommes à la fois changement et permanence. Beaucoup plus que les autres animaux, nous sommes indépendants de notre milieu. Notre intelligence nous en a libéré.
  • Nous possédons beaucoup de travailleurs scientifiques, mais très peu de vrais savants.
  • On dirait qu'au milieu des merveilles de la civilisation moderne la personnalité humaine a une tendance à se dissoudre.
  • Saisir la réalité, sans l'aide du raisonnement, nous paraît inexplicable.
  • Seuls, la peur, l'enthousiasme, l'esprit de sacrifice, la haine ou l'amour peuvent donner la vie aux créations de l'esprit.
  • Souvent ceux qui sont capables de réfléchir deviennent malheureux.
  • Le progrès de la médecine ne viendra pas de la construction d'hôpitaux meilleurs et plus grands, de meilleures et plus grandes usines de produits pharmaceutiques. Il dépend de l'avénement de quelques savants doués d'imagination, de leur méditation dans le silence des laboratoires, de la découverte, au-delà du proscenium des substances chimiques, des mystères organismiques et mentaux. (chap. VIII, 11)

Source : wikiquote

Oligarchie

L'oligarchie - du grec oligos, peu et arkhê, commandement - est une forme de gouvernement dans laquelle la plupart des pouvoirs sont détenus par une petite partie de la société (typiquement la plus puissante, que ce soit par richesse, force militaire, cruauté ou influence politique).

Les analystes politiques disent que toute société est inévitablement une oligarchie quel que soit le système politique revendiqué. Le nombre de membres de l'oligarchie (nombre absolu ou relatif) n'apparaît pas non plus un critère très sûr. Il est donc nécessaire d'analyser plus finement les critères d'appartenance à l'oligarchie : comment on y rentre, y reste, et en sort. Toutes sortes de critères, plus ou moins officiels et plus ou moins stables dans le temps, peuvent entrer en jeu.

Les oligarchies sont des systèmes politiques complexes, avec souvent plusieurs cercles (plus ou moins formels) de pouvoirs de plus en plus concentrés, des spécialisations selon le domaine de pouvoir (commercial, juridique, religieux, militaire, technologique, etc.), et un exercice du pouvoir souvent discret et collégial. On y retrouve généralement des familles dominantes, pour qui la position politique est un élément de patrimoine transmis aux enfants, dont l'éducation est organisée dans cette perspective. On peut y trouver, ou non, des systèmes de caste.

Une société oligarchique est instable, le pouvoir se diffuse ou se concentre au cours du temps, le phénomène étant compliqué par les influences étrangères :

  • les situations de guerre permettent à un individu de concentrer de grands pouvoirs, de sorte que l'oligarchie est soumise au risque de disparaître aussi bien par la défaite (cas de carthage, qui disparaît faute d'avoir assez soutenu la famille des Barca (Hamilcar puis Hannibal) que par la victoire (cas de Rome, qui se dissout dans l'Empire des Julio-Claudien). Beaucoup des monarchies européennes furent établies de cette manière au Moyen Âge.
  • le commerce international et l'enrichissement très concentré qu'il permet conduit aussi à une concentration (dont profitèrent par exemple les Médicis à Florence)
  • Inversement, les oligarchies peuvent imposer au monarque ou au dictateur le partage de ses pouvoirs avec d'autres couches de la société. Un exemple de ce processus est l'union des nobles d'Angleterre, forçant, en 1215, le roi Jean d'Angleterre à signer la Magna Carta, reconnaissance tacite de l'existence d'un contre-pouvoir et de l'affaiblissement du pouvoir royal. La Magna Carta fut ensuite révisée, garantissant plus de droits à plus de monde posant les bases de la future monarchie constitutionnelle.

La République romaine était une oligarchie, elle ressemble par là aux démocraties au sens moderne.

Source : Wikipedia

mercredi 21 décembre 2005

Charte africaine des droits de l'homme et des peuples

Source : Wikipedia

La charte africaine des droits de l'homme et des peuples est une convention internationale adoptée par des pays africains dans le cadre de l’Organisation de l'unité africaine (OUA).

Historique et contexte

La charte africaine des droits de l'homme et des peuples a été adoptée le 27 juin 1981 à Nairobi (Kenya) lors de la 18ème Conférence de l'Organisation de l'Unité Africaine. Elle est entrée en vigueur le 21 octobre 1986, après sa ratification par 25 États.

Elle s’appuie sur la Charte de l'Organisation de l'Unité Africaine et la Charte des Nations unies ainsi que sur la Déclaration universelle des droits de l'homme tout « tenant compte des vertus de leurs traditions historiques et des valeurs de civilisation africaine qui doivent inspirer et caractériser leurs réflexions sur la conception des droits de l'homme et des peuples » (préambule de la Charte).

Principales dispositions

La première partie énoncent les droits reconnus à toute personne « sans distinction aucune, notamment de race, d'ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation » (article 2). Les 18 premiers articles définissent des droits individuels.

Les articles suivants (19 à 24) définissent les droits des peuples, considérés comme égaux : droits à l’existence, à la libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, à leur développement économique, social et culturel, à la paix et à la sécurité et à un environnement satisfaisant et global, propice à leur développement. La charte condamne le colonialisme et la domination économique.

Les articles 27 à 29 énoncent les devoirs qu’à tout individu « envers la famille et la société, envers l'État et les autres collectivités légalement reconnues et envers la Communauté Internationale. »

La deuxième partie créé une Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples chargée de promouvoir ces droits et d'assurer leur protection en Afrique. Elle précise son fonctionnement.

La troisième partie est composée de dispositions diverses, notamment les procédures de ratification et de modification.

Ratifications

Dernière Ratification: Érythrée le 14 janvier 1999

Pays Ratification/adhésion : Afrique du sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, République centrafricaine, Union des Comores, République démocratique du Congo, République du Congo, Côte d'Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Lesotho, Liberia, Libye (Jamahiriya arabe libyenne), Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Ouganda, Rwanda, République arabe sahraouie démocratique, Sao Tomé et Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zaïre, Zambie, Zimbabwe.

Liens externes

Première partie du texte : Des droits et des devoirs

Chapitre I

Article premier

Les États membres de l'Organisation de l'Unité Africaine, parties à la présente Charte, reconnaissent les droits, devoirs et libertés énoncés dans cette Charte et s'engagent à adopter des mesures législatives ou autres pour les appliquer.

Article 2

Toute personne a droit à la jouissance des droits et libertés reconnus et garantis dans la présente Charte, sans distinction aucune, notamment de race, d'ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Article 3

1. Toutes les personnes bénéficient d'une totale égalité devant la loi.

2. Toutes les personnes ont droit à une égale protection de la loi.

Article 4

La personne humaine est inviolable. Tout être humain a droit au respect de sa vie et à l'intégrité physique et morale de sa personne. Nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit.

Article 5

Tout individu a droit au respect de la dignité inhérente à la personne humaine et à la reconnaissance de sa personnalité juridique. Toutes formes d'exploitation et d'avilissement de l'homme notamment l'esclavage, la traite des personnes, la torture physique ou morale, et les peines ou les traitements cruels inhumains ou dégradants sont interdits.

Article 6

Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut être privé de sa liberté sauf pour des motifs et dans des conditions préalablement déterminés par la loi; en particulier nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement.

Article 7

1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend:

a) le droit de saisir les juridictions nationales compétentes de tout acte violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus et garantis par les conventions, les lois, règlements et coutumes en vigueur;

b) le droit à la présomption d'innocence, jusqu'à ce que sa culpabilité soit établie par une juridiction compétente;

c) le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par un défenseur de son choix;

d) le droit d'être jugé dans un délai raisonnable par une juridiction impartiale.

2. Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui ne constituait pas, au moment où elle a lieu, une infraction légalement punissable. Aucune peine ne peut être infligée si elle n'a pas été prévue au moment où l'infraction a été commise. La peine est personnelle et ne peut frapper que le délinquant.

Article 8

La liberté de conscience, la profession et la pratique libre de la religion sont garanties. Sous réserve de l'ordre public, nul ne peut être l'objet de mesures de contrainte visant à restreindre la manifestation de ces libertés.

Article 9

1. Toute personne a droit à l'information.

2. Toute personne a le droit d'exprimer et de diffuser ses opinions dans le cadre des lois et règlement.

Article 10

1. Toute personne a le droit de constituer librement des associations avec d'autres, sous réserve de se conformer aux règles édictées par la loi.

2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association sous réserve de l'obligation de solidarité prévue à l'article 29.

Article 11

Toute personne a le droit de se réunir librement avec d'autres. Ce droit s'exerce sous la seule réserve des restrictions nécessaires édictées par les lois et règlements, notamment dans l'intérêt de la sécurité nationale, de la sûreté d'autrui, de la santé, de la morale ou des droits et libertés des personnes.

Article 12

1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État, sous réserve de se conformer aux règles édictées par la loi.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. Ce droit ne peut faire l'objet de restrictions que si celles-ci sont prévues par la loi, nécessaires pour protéger la sécurité nationale, l'ordre public, la santé ou la moralité publiques.

3. Toute personne a le droit, en cas de persécution, de rechercher et de recevoir asile en territoire étranger, conformément à la loi de chaque pays et aux conventions internationales.

4. L'étranger légalement admis sur le territoire d'un État partie à la présente Charte ne pourra en être expulsé qu'en vertu d'une décision conforme à la loi.

5. L’expulsion collective d’étrangers est interdite. L’expulsion collective est celle qui vise globalement des groupes nationaux, raciaux, ethniques ou religieux.

Article 13

1. Tous les citoyens ont le droit de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis, ce, conformément aux règles édictées.

2. Tous les citoyens ont également le droit d'accéder aux fonctions publiques de leurs pays.

3. Toute personne a le droit d'user des biens et services publics dans la stricte égalité de tous devant la loi.

Article 14

Le droit de propriété est garanti. Il ne peut y être porté atteinte que par nécessité publique ou dans l'intérêt général de la collectivité, ce, conformément aux dispositions des lois appropriées.

Article 15

Toute personne a le droit de travailler dans des conditions équitables et satisfaisantes et de percevoir un salaire égal pour un travail égal.

Article 16

1. Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu'elle soit capable d'atteindre.

2. Les États parties à la présente Charte s'engagent à prendre les mesures nécessaires en vue de protéger la santé de leurs populations et de leur assurer l'assistance médicale en cas de maladie.

Article 17

1. Toute personne a droit à l'éducation.

2. Toute personne peut prendre part librement à la vie culturelle de la Communauté.

3. La promotion et la protection de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la Communauté constituent un devoir de l'État dans le cadre de la sauvegarde des droits de l'homme.

Article 18

1. La famille est l'élément naturel et la base de la société. Elle doit être protégée par l'État qui doit veiller à sa santé physique et morale.

2. L'État a l'obligation d'assister la famille dans sa mission de gardienne de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la Communauté.

3. L'État a le devoir de veiller à l'élimination de toute discrimination contre la femme et d'assurer la protection des droits de la femme et de l'enfant tels que stipulés dans les déclarations et conventions internationales.

4. Les personnes âgées ou handicapées ont également droit à des mesures spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins physiques ou moraux.

Article 19

Tous les peuples sont égaux; ils jouissent de la même dignité et ont les mêmes droits. Rien ne peut justifier la domination d'un peuple par un autre.

Article 20

1. Tout peuple a droit à l'existence. Tout peuple a un droit imprescriptible et inaliénable à l'autodétermination. Il détermine librement son statut politique et assure son développement économique et social selon la voie qu'il a librement choisie.

2. Les peuples colonisés ou opprimés ont le droit de se libérer de leur état de domination en recourant à tous moyens reconnus par la Communauté internationale.

3. Tous les peuples ont droit à l'assistance des États parties à la présente Charte, dans leur lutte de libération contre la domination étrangère, qu'elle soit d'ordre politique, économique ou culturel.

Article 21

1. Les peuples ont la libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. Ce droit s'exerce dans l'intérêt exclusif des populations. En aucun cas, un peuple ne peut en être privé.

2. En cas de spoliation, le peuple spolié a droit à la légitime récupération de ses biens ainsi qu'à une indemnisation adéquate.

3. La libre disposition des richesses et des ressources naturelles s'exerce sans préjudice de l'obligation de promouvoir une coopération économique internationale fondée sur le respect mutuel, l'échange équitable, et les principes du droit international.

4. Les États parties à la présente Charte s'engagent, tant individuellement que collectivement, à exercer le droit de libre disposition de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, en vue de renforcer l'unité et la solidarité africaines.

5. Les États, parties à la présente Charte, s'engagent à éliminer toutes les formes d'exploitation économique étrangère, notamment celle qui est pratiquée par des monopoles internationaux, afin de permettre à la population de chaque pays de bénéficier pleinement des avantages provenant de ses ressources nationales.

Article 22

1. Tous les peuples ont droit à leur développement économique, social et culturel, dans le respect strict de leur liberté et de leur identité, et à la jouissance égale du patrimoine commun de l'humanité.

2. Les États ont le devoir, séparément ou en coopération, d'assurer l'exercice du droit au développement.

Article 23

1. Les peuples ont droit à la paix et à la sécurité tant sur le plan national que sur le plan international. Le principe de solidarité et de relations amicales affirmé implicitement par la Charte de l'Organisation des Nations Unies et réaffirmé par celle de l'Organisation de l'Unité Africaine aux rapports entre les États.

2. Dans le but de renforcer la paix, la solidarité et les relations amicales, les États, parties à la présente Charte, s'engagent à interdire:

a) qu'une personne jouissant du droit d'asile aux termes de l'article 12 de la présente Charte entreprenne une activité subversive dirigée contre son pays d'origine ou contre tout autre pays, parties, à la présente Charte;

b) que leurs territoires soient utilisés comme base de départ d'activités subversives ou terroristes dirigées contre le peuple de tout autre État, partie à la présente Charte.

Article 24

Tous les peuples ont droit à un environnement satisfaisant et global, propice à leur développement.

Article 25

Les États parties à la présente Charte ont le devoir de promouvoir et d'assurer, par l'enseignement, l'éducation et la diffusion, le respect des droits et des libertés contenus dans la présente Charte, et de prendre des mesures en vue de veiller à ce que ces libertés et droits soient compris de même que les obligations et devoirs correspondants.

Article 26

Les États parties à la présente Charte ont le devoir de garantir l'indépendance des Tribunaux et de permettre l'établissement et le perfectionnement d'institutions nationales appropriés chargées de la promotion et de la protection des droits et libertés garantis par la présente Charte.

Chapitre II: des devoirs

Article 27

1. Chaque individu a des devoirs envers la famille et la société, envers l'État et les autres collectivités légalement reconnus et envers la Communauté internationale.

2. Les droits et les libertés de chaque personne s'exercent dans le respect du droit d'autrui, de la sécurité collective, de la morale et de l'intérêt commun.

Article 28

Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer ses semblables sans discrimination aucune, et d'entretenir avec eux des relations qui permettent de promouvoir, de sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance réciproques.

Article 29

L'individu a en outre le devoir :

1. De préserver le développement harmonieux de la famille et d'œuvrer en faveur de la cohésion et du respect de cette famille; de respecter à tout moment ses parents, de les nourrir, et de les assister en cas de nécessité;

2. De servir sa communauté nationale en mettant ses capacités physiques et intellectuelles à son service;

3. De ne pas compromettre la sécurité de l'État dont il est national ou résident;

4. De préserver et de renforcer la solidarité sociale et nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée;

5. De préserver et de renforcer l'indépendance nationale et l'intégrité territoriale de la partie et, d'une façon générale, de contribuer à la défense de son pays, dans les conditions fixées par la loi;

6. De travailler, dans la mesure de ses capacités et de ses possibilités, et de s'acquitter des contributions fixées par la loi pour la sauvegarde des intérêts fondamentaux de la société;

7. De veiller, dans ses relations avec la société, à la préservation et au renforcement des valeurs culturelles africaines positives, dans un esprit de tolérance, de dialogue et de concertation et d'une façon générale de contribuer à la promotion de la santé morale de la société;

8. De contribuer au mieux de ses capacités, à tout moment et à tous les niveaux, à la promotion et à la réalisation de l'unité africaine.

Affaire Dreyfus

La dégradation d'Alfred Dreyfus
La dégradation d'Alfred Dreyfus

L'affaire Dreyfus ou l'Affaire est une affaire d'espionnage devenue politique qui a provoqué l'une des crises majeures de la Troisième République française sous laquelle elle se déroule. Elle porte le nom de son principal protagoniste, le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé.

L'histoire

En septembre 1894, un agent français, Marie Bastian, servant sous la couverture de femme de ménage, à l'ambassade d'Allemagne, récupère un bordereau contenant des secrets militaires français, notamment en matière d'artillerie.

Rapidement les soupçons se portent sur le capitaine-stagiaire Alfred Dreyfus, artilleur de l'armée française, travaillant à l'État-Major et d'origine juive alsacienne. On sait aujourd'hui qu'Alfred Dreyfus était innocent, l'accusation étant basée sur de faux documents. Quand les officiers généraux se rendirent compte de leurs erreurs, ils tentèrent de les maquiller.

Après une très sommaire analyse graphologique, du fait de similitudes d'écriture, il est arrêté le 15 octobre et incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Le 31 octobre son arrestation est rapportée dans la presse.

Le 2 novembre, le général Auguste Mercier, ministre de la Guerre, décide d'entamer des poursuites à son encontre. Il est traduit devant un premier Conseil de Guerre à Paris, à huis clos. Pour forcer le jugement, un dossier secret est communiqué aux juges sans que la défense assurée par Maître Domange, avocat, en ait connaissance. Le 22 décembre il est condamné à la dégradation militaire - qui aura lieu le 5 janvier 1895 dans la cour de l'École militaire - et à la déportation au bagne de l'Ile du Diable.

Mathieu Dreyfus, frère de l'accusé, est convaicu de l'innocence de son frère et réussit à convaincre le journaliste Bernard Lazare de se pencher sur les zones d'ombre de la procédure. Le 14 septembre pour, au contraire, renforcer les convictions de l'opinion sur la responsabilité du condamné, L'Éclair révèle l'existence du « dossier secret », montrant l'illégalité de la procédure ; en particulier, on commence à parler du faux Henry. Puis le 10 novembre 1896, Le Matin produit un fac-similé du bordereau.

Enfin en 1897 le lieutenant-colonel Georges Picquart, ancien chef de la Section de Statistique - nom des services de renseignement de l'armée - fait connaître ses doutes sur la culpabilité de Dreyfus, du fait notamment d'une pièce également découverte à l'ambassade d'Allemagne, dite le petit bleu incriminant un autre officier français, le commandant Esterhazy. Fort de cette information Bernard Lazare parvient à convaincre Auguste Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat et alsacien. Et en novembre, les défenseurs des Dreyfus sont informés des similitudes d'écriture du bordereau avec celle d'un officier français nommé Esterhazy.

Le 15 novembre, Mathieu Dreyfus porte plainte auprès du ministère de la Guerre contre Esterhazy. Mais celui-ci est protégé par l'État-major, pour le disculper il est présenté le 10 janvier 1898 devant le Conseil de guerre qui l'acquitte le lendemain et Picquart est arrêté sous accusation de faux - le petit bleu.

L'article d'Émile Zola

Le 25 novembre, Émile Zola, entre-temps convaincu de l'innocence de Dreyfus, publie un premier article dans Le Figaro, qui ne tardera pas à se désengager de ce qui est désormais "L'Affaire", puis le 13 janvier 1898, il publie en première page de L'Aurore, un article intitulé : J'accuse, adressé au président de la République Félix Faure, article qui fait l'effet d'une bombe (voir aussi Les Preuves, de Jean Jaurès).

Le général Billot porte plainte contre Zola qui passe devant les Assises de la Seine du 7 au 23 février. Il est condamné à 3 000 francs d'amende et un an de prison mais son procès a permis la publicité des pièces.

Le mouvement dreyfusard

Dessin de Caran d'Ache dans le Figaro du 14 février 1898.
Dessin de Caran d'Ache dans le Figaro du 14 février 1898.

Un mouvement dit dreyfusard se forme pour défendre Alfred Dreyfus. Parmi ces derniers, des hommes de lettres et de sciences, des universitaires, qualifiés pour la première fois d'intellectuels. Certains formeront la Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen.

À l'opposé, on trouve les antidreyfusards, des défenseurs de « la chose jugée », des antisémites, des républicains défenseurs de l'armée - qui dans l'esprit revanchard est seule capable de restaurer l'honneur de la France -, etc. Jean Jaurès défendra aussi Dreyfus, publiant le 11 octobre, dans La Petite République, un article intitulé « Les Preuves ».

Le 7 juillet, Godefroy Cavaignac, nouveau ministre de la Guerre, dans un discours devant la Chambre mentionne un document accablant pour Dreyfus. Mais on ne tarde pas à découvrir qu'il s'agit d'un faux réalisé par le lieutenant-colonel Henry qui est arrêté le 30 août. Il se suicide le lendemain. Apparaît alors la notion de « faux patriotique » et La Libre Parole, journal antisémite, lance une souscription au profit de sa veuve, le monument Henry. Chaque donation est accompagnée de remarque lapidaire sur Dreyfus et les Dreyfusards.

Les débuts de la réhabilitation

Le 16 février 1899, le président de la République Félix Faure (hostile à la révision du procès) meurt, il est remplacé par Émile Loubet. Le 3 juin est signé l'arrêt de révision renvoyant Alfred Dreyfus devant un second Conseil de guerre à Rennes.

À cette date la République est menacée, Paul Déroulède a tenté le 23 février un coup de force sur l'Élysée. Le 1er juin, le capitaine Marchand, héros de Fachoda, critique le gouvernement. Le 4 juin, le président Loubet est agressé aux courses d'Auteuil. Le 11 juin, le gouvernement Dupuy est renversé.

Alfred Dreyfus débarque le 1er juillet en France et se présente le 8 août devant le Conseil de guerre à Rennes. L'un de ses avocats, Maître Labori est blessé par coup de feu. Le 8 septembre, la cour rend son jugement : il est reconnu coupable de trahison mais « avec des circonstances atténuantes » (par 5 voix sur 7).

Préférant éviter un troisième procès, le président Loubet, accorde sa grâce présidentielle à Dreyfus, le 19 septembre. Dreyfus n'est pas pour autant innocenté. Entre temps eut lieu l'affaire du « Fort Chabrol », dernier coup d'éclat des antidreyfusards. Il faut attendre le 12 juillet 1906 pour que la Cour de cassation annule, « sans renvoi » le jugement de Dreyfus.

Dreyfus est réhabilité en 1906.

Articles connexes

Bibliographie

  • L'Affaire J-D. Bredin ISBN 2-260-00346-X

Liens externes

Jean Jaurès

Jean Jaurès

Jean Jaurès était un homme politique français, né à Castres le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914.

Biographie

Fils de la bourgeoisie de province, il est reçu premier à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm en 1878 puis troisième à l'agrégation de philosophie en 1881. Il a tout d'abord enseigné à Albi, puis a rejoint Toulouse en 1882 pour exercer sa chaire de maître de conférences à la faculté des Lettres. Il est élu député républicain à Castres, en 1885. C'est sa défaite aux mêmes élections quatre ans plus tard qui l'a conduit à se présenter à Toulouse, cette fois-ci sous la bannière socialiste, et sur la liste municipale.

L'opportunisme

Jaurès n'a pas toujours été socialiste et marxiste. Quand la République s'installe pour de bon, après une décennie de tergiversations au sujet du régime (en 1870 le Second Empire s'effondre, la République est proclamée mais les monarchistes, divisés, dominent à la Chambre des députés), Jaurès n'a que vingt ans. Il s'engage en politique en 1885, devenant député du Tarn à 25 ans. Il est alors le fils spirituel de Jules Ferry et siège parmi les « opportunistes », républicains socialement modérés. Il trouve alors les radicaux de Clemenceau trop agités et les socialistes violents et dangereux pour l'ordre républicain en construction. Il ne s'en intéresse pas moins au sort de la classe ouvrière et met son éloquence devenue mythique au service des premières lois sociales du régime (liberté syndicale, protection des délégués, création des caisses de retraite ouvrière...). Fils de 1789, il croit cependant au réformisme institutionnel et républicain, à l'alliance des ouvriers et de la bourgeoisie laborieuse pour le triomphe de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

En 1889 les Républicains gagnent les législatives mais lui, ce Républicain qui prône le contrôle de l'État sur les entreprises, est battu dans la circonscription de Carmaux (Tarn), par le marquis de Solages, président des mines. Il est professeur à Toulouse et soutient ses 2 thèses, puis se présente aux municipales (1890).

La grande grève de Carmaux

Jaurès est à l'écart de la vie politique nationale quand, en 1892, éclate la grande grève des mines de Carmaux. Le maire élu, Jean Baptiste Calvignac, syndicaliste et socialiste, ouvrier mineur, est licencié par le marquis de Solages pour s'être absenté à plusieurs reprises afin de remplir ses obligations d'élu municipal. Les ouvriers se mettent en grève pour défendre ce maire dont ils sont fiers. La République envoie l'armée, 1500 soldats, au nom de la « liberté du travail ». La République semble prendre le parti du patronat monarchiste contre les grévistes. En France, on est en plein scandale de Panama. Jaurès ne supporte plus cette République qui semble montrer son vrai visage, de députés et ministres capitalistes pour qui la finance et l'industrie priment sur le respect des personnes : Carmaux et la mine seront le tremplin politique qu'il cherchait. Il fait l'apprentissage de la lutte des classes et du socialisme. Arrivé intellectuel bourgeois, républicain social, il sort de la grève de Carmaux acquis au socialisme.

Sous la pression de la grève et de Jaurès, le gouvernement arbitre le différent Solages-Calvignac au profit de Calvignac. Solages démissionne de son siège de député. Jaurès est tout naturellement désigné par les ouvriers du bassin pour les représenter à la Chambre : désormais, c'est un col blanc, et non plus le mineur Calvignac, qui est leur leader. Il est élu malgré les votes ruraux de la circonscription qui ne veulent pas des « partageux ». Jaurès va alors se lancer dans l'incessante et résolue défense des ouvriers en lutte. À Albi il est à l'origine de la fameuse Verrerie ouvrière. Dans le Languedoc viticole il ira visiter les « vignerons libres de Maraussan » qui créent la première cave coopérative.

L'affaire Dreyfus

Au début de l'affaire Dreyfus, Jaurès ne prend pas clairement position. Il va même jusqu'à condamner dans un premier temps la sentence de déportation, jugée trop clémente (un simple sous-officier aurait été purement et simplement condamné à mort). Cependant, à la suite de la pression populaire, et aussi grâce à l'engouement de la jeune promotion normalienne, Jaurès et les socialistes se mettent à défendre Alfred Dreyfus sans ambages.

Il s'oppose alors aux marxistes orthodoxes, dont le meneur, Jules Guesde, pour qui Dreyfus est un officier bourgeois et donc sa défense ne serait pas prioritaire. Pour Jaurès, l'accablement de malheurs et d'injustices dont Dreyfus est victime gomme les différences de classe. Dreyfus n'est plus un privilégié ou un exploiteur : il est un homme qui souffre injustement. Jaurès fonde le journal L'Humanité en 1904. En 1905, sous pression de l’Internationale, il participe à la fondation de la SFIO, unifiant les différentes sensibilités socialistes de France.

Le pacifisme

Ses prises de position en faveur du pacifisme, peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, le rendent très impopulaire parmi les nationalistes et il est assassiné au Café du Croissant, rue Montmartre à Paris, trois jours avant le déclenchement des hostilités. Cet assassinat atteint d'ailleurs son but, car il facilite le ralliement de la gauche, y compris beaucoup de socialistes qui hésitaient, à l'« Union sacrée ».

* Voir aussi : L'Union sacrée et les socialistes

À l'issue de la « Grande Guerre » et en réaction au massacre qu'elle occasionna, un grand nombre de communes françaises nomment des rues et des places en son honneur, en rappelant qu'il fut le plus fervent opposant à un tel conflit. Une station du métro parisien porte aussi son nom.

Son meurtrier, Raoul Villain, après 56 mois de détention préventive, est acquitté le 29 mars 1919.

Hommages

La chanson de Jacques Brel intitulée Jaurès (1977), reprise par la suite par Zebda, rappelle à quel point l'homme politique était devenu une figure mythique des classes populaires.

Le parti socialiste français a choisi de lui rendre hommage à travers sa fondation politique, la Fondation Jean Jaurès.

De nombreux collèges et lycées portent son nom :

Quelques citations

  • « Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » (Discours à la jeunesse, 1903)
  • « Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n'est qu'un mot ».(1887)
  • « Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup y ramène ».
  • « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage »
  • « Le communisme doit être l'idée directrice de tout le mouvement » (Comment se réalisera le socialisme ?, 1901)
  • « La France n'est pas schismastique, elle est révolutionnaire ». 1905

Liens externes

Source : Wikipedia

Autres citations

Journal officiel (8 avril 1895)

  • Messieurs, il n'y a qu'un moyen d'abolir la guerre entre les peuples, c'est d'abolir la guerre économique entre les individus, le désordre de la société actuelle, c’est de substituer à la lutte universelle pour la vie – qui aboutit à la lutte universelle sur les champs de bataille – un régime de concorde sociale et d’unité.

Citations

  • Il est bien vrai que la beauté de la science et de l'art est consolatrice.
  • L'oeuvre d'art, quand elle est vraiment belle, est quelque chose de complet, d'achevé.
  • Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots.
  • Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir.
  • Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.
  • Il faut aller à l'idéal en passant par le réel.
  • Qu'est-ce que l'idéal ? C'est l'épanouissement de l'âme humaine. Qu'est-ce que l'âme humaine ? C'est la plus haute fleur de la nature.
  • Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises.

Source : Wikiquote

mardi 20 décembre 2005

Au delà de l’économie..

Il fût un temps où la vie des animaux ne dépendaient que de considérations biologiques.

Aujourd’hui, l’homme s’est doté d’outils toujours plus sophistiqués, lui permettant de voler, de nager sur de longues distances ou à de grandes profondeurs.

Ces outils doivent naturellement être produits par la coopération de nombreuses personnes, supposant l’existence d’une économie.

La vie des hommes dépend donc également de considérations économiques.

Ainsi, certains meurent de faim alors que leurs terres regorgent de nourriture.

Simplement, à cause de considérations économiques rendant l’export de cette nourriture plus rentable « rapportant plus d’argent » : d’où des prix trop élevés pour la population locale..

En outre, cette production de biens et services de toutes sortes provoquent des changements environnementaux : barrages hydro-électriques, pollution chimique, déforestations, qui perturbent et même menacent la vie de nombreuses espèces.

Ces effets néfastes atteignent aussi les êtres humains qui développent de nombreuses maladies liées à la pollution : on parle de saturnisme, de produits cancérigènes..

Il est donc souhaitable d’envisager aussi des aspects sociaux et environnementaux, afin de ne pas trop nuire à nous-même, à nos semblables ou à l’environnement et ne pas mettre l’économie au dessus de tout.

Cela signifie de réfléchir dans l’utilisation qui est faite de l’argent que l’on dépense ou investit et de pouvoir choisir cette utilisation.

Il y a l’argent que l’on met dans son compte en banque. Est-ce que la banque a ces considérations éthiques ? Est-ce que j’ai le choix de limiter les investissements de la banque à des investissements plus « éthiques » ? Ou mieux encore, imposer à la banque de ne pas y toucher.

Il y a l’argent que l’on dépense. Est-ce que ce que j’achète est vraiment utile ? Ne profiterait-il pas mieux à quelqu’un d’autre ? Est-ce que la manière dont ce produit a été conçu, produit et acheminé jusqu’à moi suit des considérations respectueuses pour l’humanité dans son ensemble, pour la nature : production locale, agriculture biologique..?

Il y a la contribution à la société dans son travail. Est-ce que je fais bien mon travail ? Suis-je utile, respectueux des gens autour de moi et jusqu’à l’impact sur les gens consommateurs, producteurs ou d’autres touchés indirectement par mes activités ?

Et bien sûr, la même contribution et les mêmes impacts dans ses relations avec les autres, dans les associations, ou entre amis, avec sa famille.. car là aussi je consomme et produit des biens ou services même s’ils sont offerts gracieusement.

lundi 19 décembre 2005

Le test des 3 passoires

Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse.

Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

"Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?

- Un instant, répondit Socrate.

Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires.

- Les 3 passoires?

Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire.

C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires. La première passoire est celle de la vérité.

As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

- Non. J'en ai simplement entendu parler...

- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.

Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté.

Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

- Ah non ! Au contraire.

- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si elles sont vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l'utilité.

Est-il utile que je saches ce que tu es venu me racouter ?

- Non. Pas vraiment.

Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?"

Notre peur la plus profonde

Notre peur la plus profonde n'est pas, que nous ne soyons pas à la hauteur.

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toute limite.

C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.

Nous nous posons la question : « Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux et merveilleux ? »

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l'être ?

Vous êtes un enfant de Dieu. Vous restreindre, vivre petit, ne rend pas service au monde.

L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour éviter d'insécuriser les autres.

Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous.

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus : elle est en chacun de nous et, au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.

En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.

Marianne Williamson

"A Return to Love : Reflections on the Principles of A Course in Miracles" Edition de 1992, Harper Collins

Ce texte de Marianne Williamson est publié et attribué, à tort, à Nelson Mandela

Un visiteur arrive en enfer...

« Il aperçoit une table abondamment chargée de mets délicieux mais paradoxalement entourée de convives affamés et décharnés.

Il s'étonne. "Ils n'ont pas d'articulation au coude qui leur permettrait de porter cette nourriture jusqu'à leur bouche", lui explique t-on.

Il se rend ensuite au paradis, ou il découvre une table aussi bien pourvue, mais autour de laquelle les invités sont cette fois prospères et bien portants.

"Ils ont donc une articulation au coude qui fonctionne parfaitement?", demande-t-il.

"Pas du tout. Ils ne peuvent pas d'avantage plier le bras mais ils se tendent la nourriture les uns aux autres", lui répond-on. »

Cette histoire hassidique résume à merveille l'esprit du 37ème colloque des intellectuels juifs de langue française sur le thème: "Comment vivre ensemble ?"

Le monde / Page 15 - Article "De la difficulté de vivre ensemble" - Samedi 12 décembre 1998

Un texte tiré de la Bhagavad Gita

Meilleure en vérité est la connaissance que l'effort
meilleure que la connaissance est la méditation
meilleure que la méditation est la renonciation au fruit de l'action
de la renonciation vient la paix.

Celui qui n'a ni égoïsme, ni sens de "moi" et de "mien",
qui a pitié et amitié pour tous les êtres
et n'a de haine pour nulle chose vivante,
qui a dans le plaisir et la peine une égalité tranquille,
qui a patience et miséricorde
qui a un amour et une dévotion tels qu'il M'abandonne tout le mental et toute la raison,
celui-là m'est cher

Egal envers l'ami et l'ennemi,
égal dans l'honneur et l'insulte,
le plaisir et la peine,
la louange et le blâme,
l'affliction et le bonheur,
le chaud et le froid (tout ce qui affecte d'émotions contraires la nature ordinaire),
silencieux,
content et satisfait de toute chose et de chaque chose,
attaché ni à un être, ni à une chose, un lieu, foyer,
ferme son esprit (parce qu'il est établi avec constance dans le plus haut Moi et fixé à jamais sur l'unique objet divin de son amour et de son adoration),
cet homme M'est cher.

Mais bien plus chers Me sont ces dévots qui font de Moi leur but unique suprême et qui suivent jusqu'au bout,
avec une foi et une exactitude parfaites,
le Dharma décrit en cet enseignement et qui mène à l'immortalité.

Bhagavad Gita
Traduction Shrî Aurobindo, Ed. Albin MichelAbul-Beka

Six savants hindous

Ils étaient six savants hindous,
Aveugles et sages, face à un éléphant
Qu'ils ne pouvaient voir de leurs yeux,
Mais avec soin ils l'explorèrent.

Le premier tâtant de ses mains
Les défenses d'ivoire, dit:
"Cet éléphant, cette merveille,
Me semble bien être une lance."

Le deuxième, explorant de la bête les flancs,
Larges, immenses, s'écria "Aha"
et conclut que l'animal
N'était autre qu'un mur.

Le troisième, ayant ateint l'une des pattes,
Dit: "Mais, c'est très simple,
Cette créature, sans aucun doute
, Ressemble à un arbre."

Le quatrième, ayant trouvé la trompe,
La saisit, la secoua,
Certain, disait-il, que ce prétendu éléphant
Etait tout simplement' un serpent.

Le cinquième, ayant palpé l'oreille,
Et l'ayant parcourue de ses doigts,
S'écria: "J'ai trouvé la réponse, amis,
Un éléphant, c'est comme un éventail!"

Le sixième, ayant découvert la queue de l'animal,
S'y était agrippé et dit sa conviction
Que son avis était le bon:
La créature ressemblait à une corde.

Ainsi ces hommes, sans vues ni horizon,
Démontrèrent haut et fort
Que chacun avait, en partie, raison
Mais, aussi, que tous avaient tort.

Vieille légende hindoue

Une veille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahama, le maître des dieux décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci: `Enterrons la divinité de l'homme dans la terre.' Mais Brahama répondit: `Non cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera.'

Alors les dieux répliquèrent: `Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.'

Mais Brahama répondit à nouveau: `Non, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de tous les océans et il est certain qu'un jour, il la trouvera et la remontera à la surface.'

Alors les dieux mineurs conclurent: `Nous ne savons pas où le cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans les mers d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.' Alors Brahama dit: `Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Fonds monétaire international

FMI
Siège social du FMI à Washington D.C.

Le Fonds monétaire international (FMI) est une organisation internationale qui a pour vocation officielle d'aider les pays qui éprouvent de graves difficultés économiques, notamment des problèmes de solvabilité par rapport aux prêteurs.

C'est une organisation internationale de type inter-gouvernemental.

Histoire

Le FMI a vu le jour en juillet 1944 lors des Accords de Bretton Woods, au cours desquels les représentants de 29 gouvernements en 1946 (184 en 2005) ont convenu d'un cadre de coopération économique conçu pour prévenir le retour aux politiques économiques désastreuses qui avaient contribuées à la Grande Dépression des années 1930.

Ses buts

L'article I des statuts du FMI en fixe les buts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements. Plus généralement, et conformément à ses autres buts, le FMI a pour responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international. » (extrait du site du FMI).

Le FMI est en ce sens, le responsable de dernier ressort de la liquidité du système financier international, pour éviter le blocage des échanges et la contagion à tout le système (risque systémique) de problèmes momentané de solvabilité d'un pays ou d'une banque centrale donnée. C'est une sorte de « banque centrale des banques centrales et trésors publics ».

Les prêts aux pays en difficulté financière

En pratique, le FMI est surtout connu, en dehors de son activité courante de surveillance du système financier mondial, pour ses prêts de dépannage aux pays dont le système bancaire et le Trésor public présentent un gros risque de solvabilité, au point de ne pouvoir rembourser leurs dettes. Cela le différencie de la Banque mondiale ou de la BEI qui accordent des crédits d'investissement, et également de la BRI s'occupant plus particulièrement des règles bancaires et de la coordination des banques centrales.

Le FMI étant responsable de la bonne utilisation (et du remboursement) des fonds qu'il mobilise auprès de la communauté internationale, se doit, comme tout prêteur, de fixer des conditions à ses interventions. C'est ainsi que pour obtenir une aide financière, les pays doivent se mettre en conformité avec les recommandations économiques du FMI. C'est ce que l'on appelle les ajustements structurels. Ces derniers sont principalement destinés à faire baisser les dépenses publiques et à privatiser certains secteurs considérés par le FMI comme inefficaces. Le FMI peut également demander à ce que les pays fassent un effort pour libéraliser l'accès à leur marché intérieur.

En principe ces recommandations évitent des plans d'austérité beaucoup plus dramatiques au cas où le pays se retrouvait en défaut de paiement et ne trouverait aucune source de financement. Reste la question de savoir si ces recommandations sont suffisamment adaptées à la diversité des situations propres à chaque pays.

Critiques

Deux types de critiques sont formulées envers le FMI, pour des raisons opposées mais dont le point commun semble être l'accusation de bureaucratisation et de non réalisme de cette institution.

Certains propos, notamment aux États-Unis, qui est le plus gros contributeur, s'élèvent contre l'existence même du FMI, le considérant comme une bureaucratie gaspilleuse d'argent public et encourageant le laxisme financier des pays bénéficiaires en les sortant d'un mauvais pas. Ces financements avec de l'argent public créeraient aussi un aléa moral en permettant aux financiers privés ayant engagés des fonds dans ces pays de voir ceux-ci préservés en leur évitant les conséquences d'un défaut de paiement. Enfin, le FMI serait sans doute mal armé face à une crise monétaire et bancaire internationale majeure, mettant par exemple en cause les États-Unis, dont l'endettement vis-à-vis des banques centrales asiatiques est considérable au point que certains ont parlé d' « argentinisation » à son sujet.

Des critiques opposées ont pour source la plupart des organisations altermondialistes. Elles considèrent que les interventions du FMI, même si elles permettent un dépannage momentané des pays du tiers monde qui les acceptent, aggravent la pauvreté et les dettes en supprimant ou diminuant la capacité d'intervention de ces États, ce qui les empêcherait de mieux régler leurs problèmes. L'argument principal se base sur le fait que le FMI préconise les mêmes recommandations économiques et globalement les mêmes plans d'ajustement structurels (essentiellement de privatisations et des ouvertures du marché intérieur) à tout pays demandeur d'aide, sans analyser en profondeur la structure de chacun. Elles prennent comme exemple l'Argentine, qui était considérée comme un pays modèle par le FMI (pour avoir suivi à la lettre ses recommandations), et a connu une grave crise économique en 2001.

À ce sujet le lauréat du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, l'américain Joseph E. Stiglitz a développé ces critiques, notamment sur la période 1990-2000, dans son livre « La grande désillusion ».

Au sujet de l'intervention du FMI dans les pays asiatiques, notamment l'Indonésie, Milton Friedman, économiste de l'École de Chicago pourtant très libérale, a admis : "sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie. Il y aurait peut-être des cas isolés, comme la Thaïlande, mais il n'y aurait pas une si grande crise à travers l'Asie".

Il existe une grande incompréhension de la part des populations face aux Plans d'ajustement structurels (PAS). Par exemple, la population sénégalaise ne comprend pas pourquoi ce pays a dû privatiser tant ses chemins de fer, ce qui a abouti à la suppression de la ligne, que son Office national vétérinaire, mesure conduisant à l'élévation des prix des produits vétérinaires, entraînant un développement des épidémies et des parasites et aboutissant à décimer des troupeaux, abaisser la qualité sanitaire des animaux, et empêchant les exportations du bétail. La situation en Guinée est sensiblement la même. En Mauritanie, la suppression de la propriété collective traditionnelle de la terre a entraîné une concentration de la propriété foncière dans les mains de transnationales agro-alimentaires avec pour conséquence une sous nutrition devenue chronique.

Le problème peut être lié à la fois à une mauvaise connaissance du terrain par le FMI, et a une mauvaise communication de sa part.

Un autre point critiqué, notamment par les tenants de la mondialisation démocratique, est le système de vote censitaire. Les États ont un poids dans les votes équivalent aux sommes versées à l'organisation. Cela ne responsabilise pas assez les pays emprunteurs qui sont peu parties-prenantes dans les décisions d'attribution des fonds, lesquelles peuvent ainsi s'inspirer de critères plus politiques qu'économiques.

Enfin, le FMI a subi un second revers en Argentine, dont le président Néstor Kirchner a rééchelonné unilatéralement la dette, tout en escamotant 70 % de celle-ci. Le FMI a été obligé d'avaliser cette mesure.

Les dirigeants

Depuis 1946, le poste de directeur général du FMI a été successivement occupé par :

  • 1946 à 1951 - Camille Gutt (Belgique),
  • 1951 à 1956 - Ivar Rooth (Suède),
  • 1956 à 1963 - Per Jacobsson (Suède),
  • 1963 à 1973 - Pierre-Paul Schweitzer (France),
  • 1973 à 1978 - H. Johannes Witteveen (Pays-Bas),
  • 1978 à 1987 - Jacques de Larosière (France),
  • 16 janvier 1987 au 14 février 2000 - Michel Camdessus (France),
  • 1er mai 2000 au 4 mars 2004 - Horst Köhler (Allemagne)
  • 4 mars 2004 au 4 mai 2004 - Anne Krueger
  • 4 mai 2004 à aujourd'hui - Rodrigo Rato

Les principales interventions

  • 1997 : Asie (crise asiatique)
  • 1998 : Russie
  • 1998 : Brésil (41,5 milliards de dollars)
  • 2000 : Turquie (11 milliards de dollars)
  • 2001 : Argentine (21,6 milliards de dollars)

Liens externes

Liens de l'association ATTAC

Source : Wikipedia

Globalisme

Il s'agit d'un synonyme de mondialisme.

En dehors de la mondialisation démocratique, qui préconise un rôle déterminant des citoyens du monde dans les institutions mondiales, sans privilégier d'orientation politique prédéterminée, on trouve deux autres expressions de ce mouvement issues de doctrines économiques et sociales :

  • Le mondialisme d'extrême-gauche, parfois nommé néo-trotskyste, qui se caractérise par son anticapitalisme (c'est à ce mouvement qu'on peut rattacher les altermondialistes et les anationalistes), partisants d'un monde sans frontières, avatar de l'internationalisme marxiste-léniniste.
  • Le mondialisme néolibéral.

Bref historique

Cette idée n’est par récente, car on trouve des précurseurs dès le XVIIIe siècle. Dans cet ordre d’idée, la franc-maçonnerie et l’illuminisme sont mentionnés comme des fervents participants à cette idéologie. La révolution française sera ajoutée à cette liste pour son « universalisme » par l’extension des « idéaux de 1789 ».

En passant, c’est en 1792 que le titre de citoyen français est reconnu à un curieux personnage, dénommé Anarcharsis Kloots, auteur de « La Révolution universelle », par l’assemblée législative français. Personnage dont le dogme se résume en deux propositions : « L’humanité ou le genre humain ne vivra en paix que lorsqu’il ne formera qu’un seul corps, une Nation ». Une définition du mondialisme défendue aujourd'hui par plusieurs mondialistes.

Le XIXe siècle fut marqué, pour le compte de cette idéologie, comme le siècle de la recherche de la paix après les guerres de la Révolution et de l’Empire, ce qui aura comme conséquence immédiate l’éclosion de mouvements prônant l’instauration de la paix mondiale. A la fin de ce siècle, cette idéologie aura plus de 400 organisations (adeptes) distinctes.

Si le XIXe siècle est synonyme de la naissance de plusieurs mouvements adeptes à cette idéologie, le XXe siècle sera une suite logique en continuant la multiplication un peu partout dans le monde de ces associations.

Au cours de ce siècle, il y aura foisonnement de nouvelles littératures sur ce sujet. En, 1903, l’écrivain H.G. Wells écrit le « Nouvel Ordre Mondial » où l’on peut lire : « Notre véritable État (…) doit être dès maintenant l’État fédéral mondial (…) Notre vraie nationalité est le genre humain ». Le même auteur écrira en 1928 « The Open Conspiracy » (la conspiration au grand jour) dans lequel il expose les méthodes qu'il préconise, et donne sa réponse à la question comment faire pour arriver à un gouvernement mondial ? En 1939, parut « Union ou chaos » avec sous titre « Proposition américaine en vue de réaliser une fédération de grandes démocraties » de Clarence Streit. Très rapidement, ce livre qui visait à la constitution d’un gouvernement mondial, devint une sorte de bible du mondialisme.

Les historiens n’oublieront pas de mentionner la « Fabian Society » et la « Round Table » comme deux « sociétés mères » d’où sont issues de nombreuses organisations destinées à imprégner l’idéologie mondialiste à l’opinion publique et sont prises en quelques sortes comme les piliers du mondialisme.

Essai critique sur le mondialisme

Il convient de différencier la mondialisation et le mondialisme. La mondialisation et l'État-nation sont deux réalités indépendantes et qui peuvent cohabiter. En revanche le mondialisme, c’est-à-dire l’idéologie de la fin des nations, leur est par nature hostile, et vise précisément à atténuer leur emprise.

Souvent présentée comme à la fois inéluctable et souhaitable, le déclin du rôle des nations est un thème récurent qui sert à accréditer la thèse d’un nécessaire dépassement du cadre national. Les mondialistes tendent à relativiser ce cadre, qu'ils jugent dépassé dans sa mission de maintien de la sécurité, de la prospérité et de la liberté des hommes.

Il existe des « mondialistes libéraux », partisans de la suppression de tout obstacle aux échanges commerciaux pour unifier le commerce des marchandises et des capitaux en un marché mondial. Des institutions sont accusées par certains d'adhérer à cette position extrême comme le FMI ou la Banque Mondiale.

Par ailleurs le développement d’un « mondialisme de gauche » cité plus haut aurait pour but un gouvernement mondial qui ferait disparaître les nations, réputées fauteuses de guerre et d’antagonisme entre les hommes.

Citations sur le globalisme

"J'ai la conviction que notre génération saura créer les institutions et les règles d'une démocratie planétaire ouverte et solidaire." Jacques Chirac (21/05/03)

L'ONU doit aller vers un gouvernement mondial. Jacques Delors

La Globalisation de l'activité économique exige, pour en récolter les fruits comme pour en maîtriser les excès, une globalisation équivalente des politiques. Il ne saurait y avoir d'économie mondiale sans régulation mondiale. A problème global, réponse globale : voilà la réalisme auquel nous invite le XXI° siècle. Lionel Jospin (Le Nouvel Observateur n°1766)

Je ne suis ni d'Athènes, ni de Corinthe, je suis citoyen du monde. Socrate

Je suis un patriote de l'humanité. Je suis un citoyen du monde. Charlie Chaplin

A moins qu'un gouvernement mondial ne soit rapidement constitué et n'entre efficacement en action, tout l'avenir de l'humanité est sombre et incertain. Winston Churchill

Le droit même de vivre ne nous est donné que si nous remplissons notre devoir de citoyens du monde. Le nationalisme n'est pas la plus haute conception. La plus haute conception est la communauté mondiale. Gandhi

Un monde uni ou le néant. Albert Einstein

Source : Wikipedia

dimanche 18 décembre 2005

EDF reconnait la défaillance possible de systèmes de refroidissement de 34 réacteurs nucléaires

14 décembre 2005. –

EDF a reconnu une faiblesse dans le système de refroidissement de certains de ses réacteurs nucléaires. Le 9 décembre 2005, EDF a informé l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) de la découverte d’une anomalie, classée au niveau 2 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires), concernant les pompes des circuits d’injection d’eau de sécurité et d’aspersion d’eau dans l’enceinte des réacteurs de 900 MWe.

En situation d'accident, selon l'ASN, l'anomalie rendrait inopérante une « ligne de défense » fondamentale de la prévention de l’accident sur les réacteurs à eau sous pression. Par conséquent, il serait impossible de continuer à refroidir le réacteur et cela provoquerait un accident grave de fusion du cœur. Plus rassurant, l'ASN confirme que l’anomalie n’a pas d’incidence sur le fonctionnement normal des réacteurs.

34 des 58 réacteurs exploités dans les centrales françaises sont concernés par cette défaillance, ils se trouvent sur les sites de :

  • Blayais (Gironde, 4 réacteurs),
  • Chinon (Indre-et-Loire, 4 réacteurs),
  • Saint-Laurent-les-Eaux (Loir-et-Cher, 2 réacteurs),
  • Dampierre (Loiret, 4 réacteurs),
  • Gravelines (Nord, 6 réacteurs),
  • Fessenheim (Haut-Rhin, 2 réacteurs),
  • Bugey (Ain, 4 réacteurs),
  • Cruas (Ardèche, 4 réacteurs),
  • Tricastin (Drôme, 4 réacteurs).

Pour supprimer cette défaillance, EDF a décidé de remplacemer des roulements des moteurs des pompes de tous les réacteurs concernés d'ici fin mars 2006. Or un second danger menace le fonctionnement des circuits de recirculation : le phénomène de colmatage des filtres des puisards (voir note d'information de l'ASN du 7/01/04). Si les filtres des puisards sont bouchés, alors le système de refroidissement ne peut plus renouveler l'eau dès que les réservoirs sont vidés. Pour cette seconde défaillance, EDF procède à l'étude des modifications matérielles des installations, la mise en œuvre étant initialement prévu en 2005.

On peut donc craindre que le refroidissement du cœur d'un réacteur ne soit pas complètement fiable en cas d'accident, par exemple lors d'un séisme, ou suite à une erreur humaine.

Sources dans la presse

Source : Wikinews

vendredi 16 décembre 2005

Covoiturage

Source : Wikipedia

Le covoiturage est un mode de déplacement où plusieurs personnes utilisent une seule voiture pour faire le même trajet, ce qui représente plusieurs avantages :

  • économique: on partage les frais de voiture, d'essence, péage, parking
  • environnemental: on réduit le trafic et la pollution
  • solidaire: on rencontre d'autres personnes

Pour que le covoiturage se développe

Le covoiturage se développe très lentement malgré l'augmentation du coût des transports et de la pollution automobile.

Plusieurs facteurs (freins) peuvent expliquer cette situation:

  • Il y a plus ou moins de chances que quelqu'un fasse le même trajet que moi, au même moment (probabilité).
  • Je ne sais pas que quelqu'un fera le même trajet que moi, au même moment (manque de services de covoiturage)
  • Si je ne prends pas ma voiture, qu'est-ce qui me garantit que le conducteur sera au rendez-vous? Comment ferai-je le retour? (fiabilité)
  • J'hésite à partir avec quelqu'un que je ne connais pas (peur de l'étranger)
  • etc

Le covoiturage ne peut fonctionner que si un système manuel (association, centre d'appels, petites annonces, etc) ou automatisé (site internet, échange de courriels ou de SMS, etc), ou les deux, aide à résoudre tous ces problèmes.

De nombreux sites internet permettent de proposer et de demander des trajets, qu'ils soient réguliers ou ponctuels, de proximité ou de longue distance.

Services de covoiturage à vocation « environnementale »

Dans plusieurs villes de France on trouve des associations qui offrent du covoiturage :

Un site existe aussi à l'échelle du département :

Voyages internationaux :

Services de covoiturage à vocation « commerciale »

Services de covoiturage à vocation « environnementale » et « commerciale »

  • 123envoiture Site français de covoiturage avec le plus de choix (en décembre 2005), pour toute la France et même vers l'étranger. Recherche des petites annonces par région et département.