mardi 29 novembre 2005

Noix de lavage

La noix de lavage indienne (soapnut) est le fruit d'un arbre originaire d'Inde méridionale appelé Sapindus Mukorossis.

Sa teneur naturelle en saponine lui confère des propriétés détergentes utilisées depuis des siècles par les populations locales. Le fruit n'est pas comestible.

La saponine est contenue dans la coquille et se libère simplement à l'eau chaude.

Les noix de lavage peuvent constituer une alternative écologique à la lessive chimique : cinq à six demi-coquilles placées dans un sac, dans le tambour d'une machine à laver, suffisent à laver le linge à partir de 30°C.

Les coquilles peuvent être réutilisées plusieurs fois en machines (selon la température à laquelle elles ont été utilisées). Les coquilles usagées peuvent ensuite être utilisées en décoction, qui pourra servir de shampoing, de savon liquide, ou de répulsif à insecte sur les plantes.

Enfin, le reste pourra être composté.

L'eau utilisée pour une lessive aux noix de lavage peut par ailleurs être récupérée pour arroser des plantes ou un jardin.

Noix de lavage

Source : Wikipedia

Vous trouveres davantage d'informations sur www.noix-de-lavage.com.

Un article complet sur la lessive en machine aux (coques de) noix de lavage est présent sur le blog de Raffa Le grand ménage qui donne toute l'information pour passer de ses produits d'entretien usuels par d'autes plus écologiques, souvent aussi plus économiques, tout en étant aussi efficaces.

lundi 28 novembre 2005

La campagne « Un enfant, un ordinateur »

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Ordinateur portable à 100 $ vue de face
Ordinateur portable à 100 $ dans les mains
Ordinateur portable à 100 $ dans les mains

Source : 100 $ laptop

Message du secrétaire général des Nations Unies

À TUNIS, LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL EXHORTE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À SOUTENIR LA CAMPAGNE «UN ENFANT, UN ORDINATEUR»

On trouvera ci-après les remarques du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, à la manifestation organisée pour attirer l’attention de la presse sur la campagne « Un enfant, un ordinateur », à Tunis, le 16 novembre:

Il y a des inventions qui sont en avance sur leur temps.

Il y en a d’autres qui sont profondément de leur temps.

D’autres encore paraissent si évidentes et naturelles qu’une fois qu’on en a entendu parler, on se demande pourquoi il a fallu si longtemps pour en arriver là.

Rares sont celles dont on peut dire les trois à la fois.

Eh bien, c’est exactement ce dont Nicholas Negroponte, son équipe de renommée mondiale au MIT Media Lab et leurs partenaires nous ont fait cadeau.

L’ordinateur portatif à 100 dollars ouvre bien des horizons.

C’est un exploit technique remarquable, une machine capable de faire presque tout ce que font les plus grosses, celles qui sont plus chères.

C’est aussi la promesse de grands pas en avant sur le chemin du développement économique et social.

Mais ce qui est peut-être le plus important, c’est le sens qu’il faut vraiment donner à « Un enfant, un ordinateur ». Il ne s’agit pas seulement de donner un ordinateur portatif à chaque enfant, comme on lui donnerait un pouvoir magique. La magie, c’est en chaque enfant qu’elle réside, en chaque futur scientifique, intellectuel ou simple citoyen. C’est cette magie-là qu’il s’agit de faire sortir grâce à cette initiative.

L’achat des ordinateurs sera financé par les ressources du pays, par des dons et par d’autres moyens, et les machines ne coûteront rien à ceux qui les recevront. Elles seront distribuées par les ministères de l’éducation, en passant par les circuits de distribution habituels des livres de classe.

Quand ils commenceront à recevoir ces engins solides et polyvalents, les enfants de par le monde pourront prendre une part plus active à leur propre apprentissage. Ils pourront apprendre en faisant, pas seulement en écoutant et en apprenant par cœur, et ils pourront découvrir une nouvelle façon d’apprendre: directement entre eux.

Les études et l’expérience ont montré que les enfants se mettaient facilement à l’ordinateur –non seulement dans le confort d’une école ou d’un salon bien chauffé et bien éclairé dans un pays riche, mais aussi dans un taudis ou dans une campagne éloignée de tout, dans un pays en développement. Il faut absolument toucher tous ces enfants. Leur société et le monde en général ne peuvent pas se passer de leur contribution et de leur participation active. Comme l’ont dit le professeur Negroponte et d’autres, « la plus précieuse ressource naturelle d’un pays, ce sont ses enfants ».

Je remercie tous ceux qui participent à la campagne « Un enfant, un ordinateur » de la manière vraiment émouvante dont ils manifestent leur solidarité et leur civisme social. Je rends aussi hommage à l’Union internationale des télécommunications, qui a contribué à ce que cette manifestation puisse avoir lieu. Et j’en appelle à tous les dirigeants et à tous les partenaires qui participent au Sommet mondial pour qu’ils fassent tout pour que cette initiative soit parfaitement intégrée dans l’action que nous menons pour bâtir une société de l’information.

Source : Nations Unies.

Orphée et Eurydice

L'Hymen, vêtu d'une robe de pourpre, s'élève des champs de Crète, dans les airs, et vole vers la Thrace, où la voix d'Orphée l'appelle en vain à ses autels. L'Hymen est présent à son union avec Eurydice, mais il ne profère point les mots sacrés; il ne porte ni visage serein, ni présages heureux. La torche qu'il tient pétille, répand une fumée humide, et le dieu qui l'agite ne peut ranimer ses mourantes clartés. Un affreux événement suit de près cet augure sinistre. Tandis que la nouvelle épouse court sur l'herbe fleurie, un serpent la blesse au talon elle pâlit, tombe et meurt au milieu de ses compagnes.

Après avoir longtemps imploré par ses pleurs les divinités de l'Olympe, le chantre du Rhodope osa franchir les portes du Ténare, et passer les noirs torrents du Styx, pour fléchir les dieux du royaume des morts. Il marche à travers les ombres légères, fantômes errants dont les corps ont reçu les honneurs du tombeau. Il arrive au pied du trône de Proserpine et de Pluton, souverains de ce triste et ténébreux empire. Là, unissant sa voix plaintive aux accords de sa lyre, il fait entendre ces chants : "Divinités du monde souterrain où descendent successivement tous les mortels, souffrez que je laisse les vains détours d'une éloquence trompeuse. Ce n'est ni pour visiter le sombre Tartare, ni pour enchaîner le monstre à trois têtes, né du sang de Méduse, et gardien des Enfers, que je suis descendu dans votre empire. Je viens chercher mon épouse. La dent d'une vipère me l'a ravie au printemps de ses jours.

J'ai voulu supporter cette perte; j'ai voulu, je l'avoue, vaincre ma douleur. L'Amour a triomphé. La puissance de ce dieu est établie sur la terre et dans le ciel; je ne sais si elle l'est aux enfers : mais je crois qu'elle n'y est pas inconnue; et, si la renommée d'un enlèvement antique n'a rien de mensonger, c'est l'amour qui vous a soumis; c'est lui qui vous unit. Je vous en conjure donc par ces lieux pleins d'effroi, par ce chaos immense, par le vaste silence de ces régions de la Nuit, rendez-moi mon Eurydice; renouez le fil de ses jours trop tôt par la Parque coupé.

"Les mortels vous sont tous soumis. Après un court séjour sur la terre un peu plus tôt ou un peu plus tard, nous arrivons dans cet asile ténébreux; nous y tendons tous également; c'est ici notre dernière demeure. Vous tenez sous vos lois le vaste empire du genre humain. Lorsque Eurydice aura rempli la mesure ordinaire de la vie, elle rentrera sous votre puissance. Hélas ! C'est un simple délai que je demande; et si les Destins s'opposent à mes vœux, je renonce moi-même à retourner sur la terre. Prenez aussi ma vie, et réjouissez-vous d'avoir deux ombres à la fois."

Aux tristes accents de sa voix, accompagnés des sons plaintifs de sa lyre, les ombres et les mânes pleurent attendris. Tantale cesse de poursuivre l'onde qui le fuit. Ixion s'arrête sur sa roue. Les vautours ne rongent plus les entrailles de Tityos. L'urne échappe aux mains des filles de Bélus, et toi, Sisyphe, tu t'assieds sur ta roche fatale. On dit même que, vaincues par le charme des vers, les inflexibles Euménides s'étonnèrent de pleurer pour la première fois. Ni le dieu de l'empire des morts, ni son épouse, ne peuvent résister aux accords puissants du chantre de la Thrace. Ils appellent Eurydice. Elle était parmi les ombres récemment arrivées au ténébreux séjour. Elle s'avance d'un pas lent, retardé par sa blessure. Elle est rendue à son époux : mais, telle est la loi qu'il reçoit : si, avant d'avoir franchi les sombres détours de l'Averne, il détourne la tête pour regarder Eurydice, sa grâce est révoquée; Eurydice est perdue pour lui sans retour.

À travers le vaste silence du royaume des ombres, ils remontent par un sentier escarpé, tortueux, couvert de longues ténèbres. Ils approchaient des portes du Ténare. Orphée, impatient de crainte et d'amour, se détourne, regarde, et soudain Eurydice lui est encore ravie.

Le malheureux Orphée lui tend les bras, Il veut se jeter dans les siens : il n'embrasse qu'une vapeur légère. Eurydice meurt une seconde fois, mais sans se plaindre; et quelle plainte eût-elle pu former ? Était-ce pour Orphée un crime de l'avoir trop aimée ! Adieu, lui dit-elle d'une voix faible qui fut à peine entendue; et elle rentre dans les abîmes du trépas.

Privé d'une épouse qui lui est deux fois ravie, Orphée est immobile, étonné, tel que ce berger timide qui voyant le triple Cerbère, chargé de chaînes, traîné par le grand Alcide jusqu'aux portes du jour, ne cessa d'être frappé de stupeur que lorsqu'il fut transformé en rocher. Tel encore Olénus, ce tendre époux qui voulut se charger de ton crime, infortunée Léthéa, trop vaine de ta beauté. Jadis unis par l'hymen, ils ne font qu'un même rocher, soutenu par l'Ida sur son humide sommet.

En vain le chantre de la Thrace veut repasser le Styx et fléchir l'inflexible Charon. Toujours refusé, il reste assis sur la rive infernale, ne se nourrissant que de ses larmes, du trouble de son âme, et de sa douleur. Enfin, las d'accuser la cruauté des dieux de l'Érèbe, il se retire sur le mont Rhodope, et sur l'Hémus battu des Aquilons.

Trois fois le soleil avait ramené les saisons. Orphée fuyait les femmes et l'amour : soit qu'il déplorât le sort de sa première flamme, soit qu'il eût fait serment d'être fidèle à Eurydice. En vain pour lui mille beautés soupirent; toutes se plaignent de ses refus.

Mais ce fut lui qui, par son exemple, apprit aux Thraces à rechercher ce printemps fugitif de l'âge placé entre l'enfance et la jeunesse, et à s'égarer dans des amours que la nature désavoue.

Source : Ovide - Métamorphoses - Livre X.

Une interprétation

A cause de la beauté et de la force de son amour pour Eurydice, Orphée a pu obtenir d'Hadès, le dieu des morts, par ses chants, le retour à la vie de sa bien-aimée. Mais son trop grand attachement pour elle, fit qu'il désobéit à Hadès en se retournant, et ainsi la perdit pour toujours. En outre, en se tournant vers Eurydice, il se tourne vers le monde des morts, donc se détourne de la vie ..

Genèse 19 - La destruction de Sodome

Le texte

  1. Les deux anges arrivèrent à Sodome sur le soir; et Lot était assis à la porte de Sodome. Quand Lot les vit, il se leva pour aller au-devant d'eux, et se prosterna la face contre terre.
  2. Puis il dit: Voici, mes seigneurs, entrez, je vous prie, dans la maison de votre serviteur, et passez-y la nuit; lavez-vous les pieds; vous vous lèverez de bon matin, et vous poursuivrez votre route. Non, répondirent-ils, nous passerons la nuit dans la rue.
  3. Mais Lot les pressa tellement qu'ils vinrent chez lui et entrèrent dans sa maison. Il leur donna un festin, et fit cuire des pains sans levain. Et ils mangèrent.
  4. Ils n'étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu'aux vieillards; toute la population était accourue.
  5. Ils appelèrent Lot, et lui dirent: Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Fais-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions.
  6. Lot sortit vers eux à l'entrée de la maison, et ferma la porte derrière lui.
  7. Et il dit: Mes frères, je vous prie, ne faites pas le mal !
  8. Voici, j'ai deux filles qui n'ont point connu d'homme; je vous les amènerai dehors, et vous leur ferez ce qu'il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu'ils sont venus à l'ombre de mon toit.
  9. Ils dirent: Retire-toi! Ils dirent encore: Celui-ci est venu comme étranger, et il veut faire le juge! Eh bien, nous te ferons pis qu'à eux. Et, pressant Lot avec violence, ils s'avancèrent pour briser la porte.
  10. Les hommes étendirent la main, firent rentrer Lot vers eux dans la maison, et fermèrent la porte.
  11. Et ils frappèrent d'aveuglement les gens qui étaient à l'entrée de la maison, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, de sorte qu'ils se donnèrent une peine inutile pour trouver la porte.
  12. Les hommes dirent à Lot: Qui as-tu encore ici? Gendres, fils et filles, et tout ce qui t'appartient dans la ville, fais-les sortir de ce lieu.
  13. Car nous allons détruire ce lieu, parce que le cri contre ses habitants est grand devant l'Éternel. L'Éternel nous a envoyés pour le détruire.
  14. Lot sortit, et parla à ses gendres qui avaient pris ses filles: Levez-vous, dit-il, sortez de ce lieu; car l'Éternel va détruire la ville. Mais, aux yeux de ses gendres, il parut plaisanter.
  15. Dès l'aube du jour, les anges insistèrent auprès de Lot, en disant: Lève-toi, prends ta femme et tes deux filles qui se trouvent ici, de peur que tu ne périsses dans la ruine de la ville.
  16. Et comme il tardait, les hommes le saisirent par la main, lui, sa femme et ses deux filles, car l'Éternel voulait l'épargner; ils l'emmenèrent, et le laissèrent hors de la ville.
  17. Après les avoir fait sortir, l'un d'eux dit: Sauve-toi, pour ta vie; ne regarde pas derrière toi, et ne t'arrête pas dans toute la plaine; sauve-toi vers la montagne, de peur que tu ne périsses.
  18. Lot leur dit: Oh! non, Seigneur !<:li>
  19. Voici, j'ai trouvé grâce à tes yeux, et tu as montré la grandeur de ta miséricorde à mon égard, en me conservant la vie; mais je ne puis me sauver à la montagne, avant que le désastre m'atteigne, et je périrai.
  20. Voici, cette ville est assez proche pour que je m'y réfugie, et elle est petite. Oh! que je puisse m'y sauver,... n'est-elle pas petite?... et que mon âme vive !
  21. Et il lui dit: Voici, je t'accorde encore cette grâce, et je ne détruirai pas la ville dont tu parles.
  22. Hâte-toi de t'y réfugier, car je ne puis rien faire jusqu'à ce que tu y sois arrivé. C'est pour cela que l'on a donné à cette ville le nom de Tsoar.
  23. Le soleil se levait sur la terre, lorsque Lot entra dans Tsoar.
  24. Alors l'Éternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu, de par l'Éternel.
  25. Il détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre.
  26. La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une statue de sel.
  27. Abraham se leva de bon matin, pour aller au lieu où il s'était tenu en présence de l'Éternel.
  28. Il porta ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe, et sur tout le territoire de la plaine; et voici, il vit s'élever de la terre une fumée, comme la fumée d'une fournaise.
  29. Lorsque Dieu détruisit les villes de la plaine, il se souvint d'Abraham; et il fit échapper Lot du milieu du désastre, par lequel il bouleversa les villes où Lot avait établi sa demeure.
  30. Lot quitta Tsoar pour la hauteur, et se fixa sur la montagne, avec ses deux filles, car il craignait de rester à Tsoar. Il habita dans une caverne, lui et ses deux filles.
  31. L'aînée dit à la plus jeune: Notre père est vieux; et il n'y a point d'homme dans la contrée, pour venir vers nous, selon l'usage de tous les pays.
  32. Viens, faisons boire du vin à notre père, et couchons avec lui, afin que nous conservions la race de notre père.
  33. Elles firent donc boire du vin à leur père cette nuit-là; et l'aînée alla coucher avec son père: il ne s'aperçut ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva.
  34. Le lendemain, l'aînée dit à la plus jeune: Voici, j'ai couché la nuit dernière avec mon père; faisons-lui boire du vin encore cette nuit, et va coucher avec lui, afin que nous conservions la race de notre père.
  35. Elles firent boire du vin à leur père encore cette nuit-là; et la cadette alla coucher avec lui: il ne s'aperçut ni quand elle se coucha, ni quand elle se leva.
  36. Les deux filles de Lot devinrent enceintes de leur père.
  37. L'aînée enfanta un fils, qu'elle appela du nom de Moab: c'est le père des Moabites, jusqu'à ce jour.
  38. La plus jeune enfanta aussi un fils, qu'elle appela du nom de Ben Ammi: c'est le père des Ammonites, jusqu'à ce jour.

Source : Wikisource

Sodome

Sodome est une ville biblique citée par la Genèse (18–19), située au sud de la mer Morte.

L'ancien testament décrit ses crimes et son châtiment : Dieu, alerté par « le cri contre Sodome », dont le « péché est énorme », est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Génèse 18:20-21). Il envoie alors deux anges vérifier si le « péché » est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Lot, le neveu d'Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Lot en demandant qu'il leur livre les deux étrangers pour qu'ils les « connaissent » (Génèse 19:5).

Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Lot: « Où sont les hommes qui sont venus chez vous cette nuit ? Amenez-les nous pour que nous les connaissions. » En fait, la traduction pourrait être abuser, voire pénétrer plutôt que connaître.

Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville par « le soufre et le feu » en même temps que la cité voisine de Gomorrhe.

Le soleil se levait sur la terre quand Lot entra dans le Tsoar. Alors l'Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de souffre et de feu; ce fut l'Éternel lui-même qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit ces villes et toute la plaine, et tous les habitants de ces villes. La femme de Lot regarda en arrière, et elle devint une statue de sel.

Abraham se leva de bon matin et se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence de l'Éternel. De là, il tourna ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et vers toute l'étendue de la plaine; et il vit monter de la terre une fumée, semblable à la fumée d'une fournaise. Genèse (19)

Ces passages bibliques sont l'un des fondements de la condamnation chrétienne de la sodomie et de l'homosexualité.

Source : Wikipedia.

Vous pouvez lire aussi Interbible - La femme de Lot ou la statue de sel qui donne une interprétation très intéressante de ce passage de la génèse : se tourner vers l'avenir et non vers le passé.

Martin Luther

Martin Luther

Martin Luther (10 novembre 1483, Eisleben - 18 février 1546, Eisleben) est un moine allemand qui s'est opposé à des dérives du catholicisme romain et a été l'initiateur du protestantisme (luthéranisme). Il a traduit la Bible en allemand, « la langue du peuple ». En 1517, il a présenté 95 thèses contre le trafic des indulgences, dont la publication marque, au moins symboliquement, le début de la Réforme.

De la liberté du chrétien

  • Un Chrétien est un libre seigneur de toutes choses et il n’est soumis à personne.Un Chrétien est un serf corvéable en toutes choses et il est soumisà tout le monde.

Dieu est notre forteresse

  • C’est un rempart que notre Dieu,
    Une invincible armure,
    Qui nous garantit en tout lieu.

Attribuées

  • Ce à quoi tu te tiens, ce sur quoi tu t'appuies, c'est là véritablement ton Dieu.
  • Ce qui ne peut s'enseigner que par des coups et au prix de la violence ne portera que de mauvais fruits.
  • Christ est le Maître ; Les Écritures sont seulement le serviteur.
  • L'humanité est comme un paysan ivre à cheval : quand on la relève d'un côté, elle tombe de l'autre.
  • Les cloches appellent à l'office et n'y vont jamais.
  • Nous sommes des mendiants, c'est bien vrai. Ses dernières paroles
  • Si l'on m'apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier.
  • Si on ne peut pas rire au paradis, je ne tiens pas à y aller.

Source : Wikipedia et Wikiquote.

dimanche 27 novembre 2005

Pascua-lama

Pascua-Lama est le nom d'une mine dont la construction devrait débuter en 2006. Elle est situé à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Vallenar, Chili et à environ 300 kilomètres au nord-ouest de San Juan, Argentine. Il s'agit d'une mine à ciel ouvert située à 4600 mètres d'altitude. Dès 2009, elle devrait produire en moyenne 750 000 onces d'or et 30 million d'onces d'argent par année. La mine devrait avoir une durée de vie de 20 ans. Plusieurs compagnies participent à ce projet dont Barrick Gold du Canada.

L'emplacement de la mine est plutôt particulier, car il chevauche deux pays. Sa réalisation est rendue possible grâce à la signature de l'accord minier Chili-Argentine en 2004.

Lors de sa présentation, le projet minier nécessitait l'enlèvement de partie des glaciers Toro 1, Toro 2 et Esperanza. Ces glaciers recouvrent les dépôts d'or et d'argent. Le volume des glaciers à déplacer représente 300 000 mètres-cube de glace étalé sur une surface de 20 hectares.

Pour limiter les impacts écologique et empêcher la glace de fondre, les compagnies minières impliquées dans le projet propose de déplacer toute cette glace vers un nouvel emplacement ayant des caractéristiques géologiques équivalentes. Le site du glacier de Guanaco a été retenu comme emplacement final, ce dernier augmenterait en grosseur suite à l'ajout des glaces déplacés.

Ce projet minier est assez controversé dû aux impacts environnementaux du déplacement du glacier et de la pollution engendrée par la mine.

Source : Wikipedia

L'opinion d'un chilien

Pascua-lama

Situons tout d’abord le contexte:
le Chili est un pays qui possède de grandes réserves d’eau douce, reparties en fleuves, lacs et glaciers. Comme tout le monde le sait, l’eau est un bien précieux, une ressource naturelle qui pourrait devenir la cause de grandes guerres dans le futur .

Valle de San Félix

Dans la troisième région de notre pays, existe un lieu appelé “Valle de San Félix”(la Vallée de Saint Félix). C'est une commune où le chômage n’existe pas. Elle est peuplée d’agriculteurs qui apportent au pays sa seconde richesse financière la plus importante (en tant que région). Cette localité est arrosée par deux fleuves, qui prennent leur source dans les glaciers de la cordillère proche. Il offrent l’eau la plus pure du Chili!.

Les ennuis ont commencé lorsque quelqu’un a découvert sous ces glaciers le “TRESOR D’AMERIQUE” qui consiste en millions de dollars en or, argent et autres métaux.

Pour pouvoir extraire ces métaux, il est nécessaire de casser, de détruire les glaciers (du jamais vu auparavant dans le monde !) et, d’y faire deux énormes trous aussi grands que Chuquicamata (note du traducteur: soit aussi grand chacun qu’une montagne entiére): l’un sera pour extraire les minéraux, l’autre pour y jeter les déchets (les industries minières ne practiquent pas de recyclage).

Notre gouvernement a déjà approuvé ce projet, fixant la date de début des travaux dans le courant de l’année prochaine (2006) uniquement parce que les agriculteurs ont réussi à le faire ajourner.

Le nom de ce project est Pascua Lama. Il va être mis en application par une entreprise multinationale dont Bush père est l’un des actionaires....

Ce qui nous preocupe est en fait qu’en détruisant le glacier, ils en font de même avec cette précieuse réserve d’eau douce, s’attaquant aux deux fleuves qui abreuvent cette région et contaminant toute l’ eau pour la population des alentours. Désormais, elle ne pourra plus servir qu’à l’arrosage et deviendra impropre à la consommation humaine et même animale. De plus, JUSQU’AU DERNIER GRAMME D’OR IRA A LA RESERVE “GRINGA” (note: ETRANGERE) . IL N’EN RESTERA RIEN ICI DANS NOTRE PAYS. Alors que nous aurons à faire face à l’eau polluée avec les saletés et avec les maladies qui y feront leur nid !

...Ca fait longtemps que ces gens luttent pour leur terre, qui est leur unique source de travail. Mais ils n’ont pas eu le droit de s’exprimer à la TV à cause d’une ordonnance du Ministère de l’Intérieur. Leur seul espoir de mettre un frein à ce project est de le faire connaître au plus grand nombre possible de personnes afin de pouvoir saisir les cours de justice Internationales.

Je sais que ceci ne vous importe peut-être pas personnellement , mais je vous demande, si vous le pouvez, de le transmettre à vos amis.

Il FAUT QUE TOUT LE MONDE SACHE QUE CECI EST EN TRAIN DE SE PASSER AU CHILI ...
POUR CHANGER LE MONDE ...
IL FAUT COMMENCER PAR CHEZ SOI.

http://www.atinachile.cl/drupal/index.php?q=node/1235

Ing. Hiram Avila Toledo
Subgerente de Información y Seguimiento CONAFOR

Source : un document powerpoint reçu dans un email, information vérifiée sur HoaxBuster.

Vous pouvez aussi consulter un article sur Libération très bien fait, objectif et assez complet.

Pour en savoir plus, si vous lisez l'espagnol, vous trouverez une mine d'informations sur le site OLCA. Il semble que sur ce même site, on peut signer par Internet la pétition, mais ne comprenant pas l'espagnol, je n'ai pu le vérifier.

Enfin, vous pouvez aussi faire une pétition, en récoltant des signatures et en l'envoyant à :

Observatorio Latinoamericano de Conflictos Ambientales
av.Providencia 365 of.41
Providencia, Santiago de Chile
Fax: 56-2-3430696

Source de l'information : Forum Sens de la Vie

Vous pouvez également faire la demande du diaporama sur le forum Sens de la Vie après de l'auteur.

Réflexions

Les minerais d'or ont été largement exploités de par le monde. Extraire davantage d'or implique maintenant des coûts environnementaux faramineux, et cela souvent aux dépends des pays pauvres.

Cet or, pour la plus grande partie, se retrouve sous forme de bijoux.

On dit qu'un bijou offert est un gage d'amour, sans doute à cause de sa valeur marchande conséquente. Mais, ce que l'on sait moins, c'est le prix que payent d'autres gens ailleurs dans le monde..

Peut-être aussi que le meilleur gage d'amour, est d'aimer tout simplement.

vendredi 25 novembre 2005

Louis Braille

Louis Braille, né le 4 janvier 1809 à Coupvray (près de Paris), mort le 6 janvier 1852, est l'inventeur du système d'écriture Braille pour personnes atteintes de cécité ou malvoyantes.

Son père, Simon-René Braille, était un fabricant de selles et harnais. À l'âge de trois ans, Louis fut blessé à l'œil gauche par une alêne provenant de l'atelier. La blessure s'infecta et l'infection, s'étendant à l'œil droit, provoqua la cécité.

À l'âge de dix ans il gagna une bourse de l'institut royal des jeunes aveugles de Paris.

À l'école, les enfants apprenaient à lire sur des lettres en relief mais ne pouvaient pas écrire parce que l'impression était faite avec des lettres cousues sur le papier.

À l'âge de treize ans il invente le système des points en relief inspiré par la visite du capitaine à la retraite Charles Barbier qui avait amené un système d'écriture de nuit permettant aux militaires d'échanger les ordres silencieusement. Ce système de Serre est basé sur douze points, tandis que celui de Braille l'est sur six. Braille a ensuite amélioré son système pour inclure la notation mathématiques et de musique.

Braille mourut de tuberculose. Sa dépouille mortelle fut transférée au Panthéon de Paris.

Liens externes

Un accident auquel on doit le Braille

Le père de Louis Braille exerçait le métier de bourrelier du village, fabriquant des harnais, des sacs et des courroies de cuir. Déjà tout petit, Louis Braille manifesta un vif intérêt pour le maniement des outils. À partir du jour où il sut marcher et dès qu’il en avait l’occasion, il se glissait dans l’atelier de son père et commençait à y jouer. Mais, un jour de sa troisième année, alors qu’il faisait des trous dans un morceau de cuir avec un outil beaucoup trop lourd et gros pour lui, celui-ci lui échappa et vola droit dans son œil. Ses parents firent tout ce qu’ils purent même s’il n’y avait pas grand chose à faire excepté de bander l’œil atteint. Cependant, Louis, ne pouvant s’empêcher de gratter, augmenta l’infection qui finit par contaminer l’autre œil. Sa capacité visuelle diminua aux deux yeux et finit progressivement par s’éteindre. Il avait beau demander et redemander à ses parents quand reviendrait le matin, il avait été définitivement décidé que jamais plus il ne devait revoir la lumière du jour… Or, à cette époque, les aveugles n’étaient pas aussi bien considérés qu’aujourd’hui : certains les traitaient vraiment comme une race à part entière !… Louis Braille ne suivit donc pas d’instruction excepté les notions que lui inculquaient ses parents. Comme son accident ne lui avait pas fait passer l’envie de travailler le cuir, il s’y adonna de tout son cœur, ce qui, probablement, l’aida à développer son habileté manuelle, évidemment très utile. Ses parents, qui savaient tous deux lire et écrire, se rendaient bien compte que le savoir du travail du cuir ne suffisait pas à un enfant pour bien vivre plus tard. Son père obtint alors, nul ne sait comment, l’admission de son fils à l’Institution Royale des Jeunes Aveugles, école fondée auparavant par Valentin Haüy. Dès son entrée à l’institution, Braille apparut comme un élève de premier ordre. Il réussissait dans toutes les disciplines enseignées et raflait toutes les récompenses, qu’il s'agisse de tâches manuelles ou de travaux intellectuels. Braille n’avait pas encore quinze ans qu’on lui confiait déjà certaines responsabilités d’enseignement. On lui attribua de plus en plus de fonctions de toutes natures à l’Institut.

Son invention

C’est aux alentours de 1819 que Louis Braille apprit l’existence de Charles Barbier et de son invention. Immédiatement il voulut y apporter quelques améliorations ! Malheureusement une grande différence d’âge séparait les deux inventeurs et, malgré son succès à l’Institut, personne ne fit attention à Louis. D’autre part Barbier, qui avait un caractère entier, n’a jamais accepté que l’on touche au principe de son invention : représenter des sons et non l’alphabet. Le dialogue n’a pas dû être facile entre le jeune écolier et l’inventeur chevronné et sûr de lui ! Cela n’a pas empêché Braille de poursuivre la mise au point de son propre système, auquel il travaillait avec acharnement, surtout le soir et la nuit. Après quelque temps, son travail fut presque au point, vers 1825. C’est en 1827 (Braille avait 18 ans) que cette écriture reçut pour la première fois la sanction de l’expérience : la transcription de la «grammaire des grammaires». En 1829 parut, imprimé en relief linéaire qui était encore l’écriture officielle à l’institution, l’ouvrage intitulé Procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l’usage des aveugles et disposés pour eux, par Louis Braille, répétiteur à l’institution Royale des Jeunes Aveugles. On peut dire que c’était le «véritable acte de naissance du système braille». Ce premier alphabet n’était pas exactement celui que nous connaissons mais sa partie principale - les quatre premières séries - était la même qu’aujourd'hui ; il comportait, outre les points, un certain nombre de traits lisses qui ont rapidement disparu. Dans son exposé, Braille décrit la «planchette » et le «stylet» mais ne dit pas comment réaliser les traits lisses. On ne connaît pas les règles que Braille s’est fixées pour établir la première série de signes, dont les autres découlent. Ce que l’on sait, c’est que Braille a été très attentif à écarter les signes qui auraient pu prêter à confusion car trop proches les uns des autres. Malgré ses défauts de jeunesse, ce système était d’ores et déjà supérieur à celui de Barbier, ce qui d’ailleurs n’a pas dû lui plaire. Le plus grand avantage du système de Louis est que c’était un alphabet, calqué sur celui des voyants. Il donnait donc un accès réel et complet à la culture. Il était beaucoup plus facile à déchiffrer car ses caractères étaient de moitié moins hauts (au maximum 6 points au lieu de 12) et pouvaient être facilement appris à tout aveugle. De plus, il demandait très peu d’entraînement, sans déplacement du doigt. Bien que Barbier ait toujours refusé de se déjuger, il a cependant reconnu la valeur de la méthode de Braille, ce qui encouragea ce dernier à apporter des innovations à son écriture, telle que la notation musicale ponctuée qui est devenue de nos jours ce que l’on nomme la «Notation musicale braille internationale». Par la suite, l’emploi du braille ne fit que se développer mais il fallut plus de vingt-cinq ans pour qu’il soit officiellement adopté en France. Malheureusement, comme toujours lorsqu’une invention novatrice prend son essor, il y a quelquefois des reculs. Il y eut, entre 1840 et 1850 une sorte de «crise du braille» à la suite du renvoi et de la mise à la retraite prématurée d’un maître de l’Institut qui avait fortement soutenu Braille, accusé de corrompre la jeunesse par l’enseignement de l’histoire. Son successeur commença par essayer de limiter l’usage du braille à la musique. Il n’y réussit pas vraiment et, finalement, à partir de 1847, le braille reprit son ascension, preuve que l’on ne pouvait plus se passer de lui…

La disparition d’un homme remarquable

C’est vers 1835 que les proches de Braille ont pu remarquer qu’il commençait à être sujet à des quintes de toux de plus en plus régulières. À cause de cela, on allégea petit à petit ses tâches de professeur, ne lui laissant à partir de 1840 que ses leçons de musique. Il décida alors lui-même, en 1844 d’abandonner définitivement l’enseignement. Il profita de son temps pour essayer de donner encore plus d’ampleur à son travail et inaugura en 1847 la première machine à écrire le braille. Cependant, c’est dans la nuit du 4 au 5 décembre 1851 qu’une hémorragie abondante du poumon l’obligea à cesser toute activité. Alité, de plus en plus affaibli par des hémorragies successives, il mourut le 6 janvier 1852 d’une tuberculose, en présence de ses amis et de son frère, après avoir reçu l’extrême onction. Il fut inhumé le 10 janvier à Coupvray, selon la volonté de sa famille. Il fallut attendre un siècle pour que la dépouille mortelle de Louis Braille, bienfaiteur de l’humanité, rejoigne enfin, au Panthéon, les plus grands des personnages français. Il fut cependant décidé de laisser, en hommage à son village d’enfance, ses mains inhumées dans sa tombe à Coupvray…

Le mot de la fin

Lorsque l’on évoque le nom de Braille, que plus personne n’ignore, ce qui vient immédiatement à l’esprit de tous, c’est évidemment l’écriture ponctuée qui porte son nom. Très peu de personnes, même parmi celles qui s’intéressent au sort des aveugles, savent que Braille ne s’est pas reposé sur ses lauriers après l’avoir mise au point. Il restait en effet un problème important que le braille ne résolvait pas : celui de la communication entre aveugles et voyants, qui avait été une des préoccupations majeures de Valentin Haüy. On ne pouvait évidemment pas demander que le braille soit enseigné dans les écoles des voyants, même si cette écriture ne présentait aucune difficulté d’apprentissage pour qui utilisait ses yeux et non ses doigts. C’était aux aveugles de se mettre à la portée des voyants et Louis Braille en était parfaitement conscient. Mettant une fois de plus en action son imagination et son intelligence, il inventa une méthode nouvelle qu’il exposa en 1839 dans une petite brochure imprimée en noir, intitulée : «Nouveau procédé pour représenter par des points la forme même des lettres, les cartes de géographie, les figures de géométrie, les caractères de musique, etc., à l’usage des aveugles». En gros, cette méthode était basée sur un repérage, par coordonnées, de points en nombre suffisant pour permettre d'une part la reconnaissance visuelle de lettres, chiffres et autres signes des voyants, d’autre part leur reconnaissance tactile par les aveugles.

Source : Wikipedia

Catastrophe de l'usine pétrochimique à Jilin, Chine, le 13 novembre 2005

La catastrophe de l'usine pétrochimique de Jilin est une série d'explosions qui se sont produites dans une usine pétrochimique de la ville de Jilin dans la province du même nom en Chine le 13 novembre 2005 et qui a eu pour conséquence une importante fuite de benzène et de nitrobenzène dans la rivière Songhua, un important affluent du fleuve Amour.

Au 24 novembre 2005, une nappe de benzène, un produit cancérigène, de 80 km de long était en train de traverser la ville de Harbin, la capitale du Heilongjiang et l'une des métropoles les plus peuplées du pays avec plus de neuf millions d'habitants. Harbin a suspendu son approvisionnement en eau [1].

Explosion

Les explosions se sont produites dans une usine prétrochimique de la Jilin Petrochemical Corporation (détenue par la China National Petroleum Corporation), à Jilin, et auraient fait au moins 5 morts ou disparus, ainsi que 70 blessés. L'agence chinoise de l'environnement (SEPA, State Environmental Protection Administration of China [2]) a confirmé officiellement l'accident le 23 novembre 2005, soit 10 jours après la catastrophe [3].

Les causes des explosions ne sont pas connues mais plus de 10 000 personnes ont été évacuées, y compris les habitants et les étudiants d'une université, par peur d'autres explosions et d'une contamination du site [4]. La compagnie a admis lors d'une conférence de presse que la cause residerait dans un bouchon chimique qui n'a pas été traité [5].

Pollution de l'eau

L'explosion a gravement contaminé la rivière Songhua par du benzène. Un nappe de ce produit cancérigène dérive à sa suface. La proportion de benzène dans l'eau dépassait 100 fois le niveau maximal toléré le jour de l'explosion, mais elle serait maintenant 29 fois plus élevée que la norme. A 380 km en aval de Jilin se trouve la métropole de Harbin, l'une des plus grandes villes chinoises, qui dépend de la rivière Songhua pour son approvisionnement en eau.

Le 21 novembre, Les autorités de Harbin ont annoncé la suspension de la distribution de l'eau par le réseau d'aqueducs à compter du mardi 22 novembre à minuit pour maintenance, décision qui fut prise avant l'annonce officielle de la catastrophe et qui ne la mentionnait pas [6].

Le soir même, les autorités firent une nouvelle annonce et mentionnèrent explicitement cette fois-ci les explosions de Jilin. La fermeture du réseau fut décalé au 23 novembre à minuit, pour une durée de 4 jours. La distribution d'eau fut rétablie ce jour-là entre 9h et 20h afin de permettre aux habitants de faire des réserves, la nappe n'ayant pas encore atteint la ville. La nappe de benzène a atteint la ville au matin du 24.

Après Harbin, la nappe devrait atteindre la ville de Jiamusi vers le 26 novembre, puis le fleuve Amour et la ville russe de Khabarovsk (600 000 habitants) vers le début de décembre.

Chronologie

  • 13 novembre 2005 : explosions dans une usine pétrochimique à Jilin à 380 km en amont d'Harbin qui provoque la mort d'au moins 5 personnes et la pollution de la rivière Songhua par une nappe de benzène de 80 km de long.
  • 21 novembre 2005 : la municipalité de Harbin, capitale du Heilongjiang, annonce que l'eau potable sera coupée à partir du 22 novembre pour une durée de 4 jours en raison de travaux de maintenance.
  • 22 novembre 2005 : les médias officiels confirment que la contamination de l'eau par les explosions est la cause de la suspension de l'approvisionnement en eau potable.
  • 24 novembre 2005 : arrivée de la nappe tôt le matin dans les environs de Harbin.

Références

  1. (en) Toxic leak threat to Chinese city (BBC, 23 novembre 2005)
  2. (zh) Site officiel de la SEPA
  3. (fr) Catastrophe écologique en Chine du Nord (Le Monde, 24 novembre 2005)
  4. (en) 6 missing, 70 wounded in chemical plant blasts (Xinhua, 13 novembre 2005)
  5. (en) Company admit fault in chemical blast (CCTV, 14 novembre 2005)
  6. (en) Pollution worries China's press (BBC, 23 novembre 2005)

Source : Wikipedia

jeudi 24 novembre 2005

De jolies gouttelettes reposant sur une fleur

gouttes d'eau sur feuilles d'ancolie
De jolies gouttes d'eau recueillies par les délicates feuilles d'une ancolie.

Source : Flickr

Douceur d'une rose

Une rose
Douceur et parfum d'une rose.

Source : Filckr

Coeur de fleur

Coeur de fleur
Les motifs de la nature : ici, le coeur d'une fleur.

Source : Flickr

Brouillard sur jardin

Jardin japonais
Le jardin japonais de Portland, Oregon.

Source : Filckr

Hésiode

Hésiode
Hésiode ( VIIIe siècle av. J.-C. ), poète grec.

Les travaux et les jours

  • Ce n'est pas en remettant au lendemain que l'on remplit sa grange.
  • Combien est insensé l'homme qui, dédaignant ce qui est à ses côtés, va chercher ce qui est loin de lui.
  • Évite une mauvaise renommée parmi tes semblables. La renommée est dangereuse ; son fardeau est léger à soulever, pénible à supporter et difficile à déposer.
  • Gain mal acquis vaut un désastre.
  • Il est bien tard d'épargner sur le tonneau quand le vin est à la lie.
  • L'envie a le teint livide et les discours calomnieux.
  • La route qui mène à la misère est plane.
  • Le mauvais souhait est surtout mauvais pour celui qui l'a formé.
  • Le plus sage est celui qui, jugeant tout par lui-même, considère les actions qui seront les meilleures lorsqu'il les aura terminées.
  • Les tristes souffrances, le pénible travail et les cruelles maladies amènent la vieillesse : car les hommes qui souffrent vieillissent promptement.
  • Ne mens pas pour le plaisir de parler.
  • Ne remets rien au lendemain ni au surlendemain.
  • Pâtir rend le bon sens au sot.
  • Prends mesure de ton voisin et paie-le largement avec la même mesure.
  • Un mauvais voisin est une calamité, un bon voisin un vrai trésor.
  • Une langue avare de discours est un trésor parmi les hommes. C'est la mesure des paroles qui en compose la grâce la plus précieuse. Si tu es médisant, bientôt on médira de toi davantage.
  • Une mauvaise réputation est un fardeau, léger à soulever, lourd à porter, difficile à déposer.

Attribuées

  • C’est contre soi-même qu’on prépare le mal préparé pour autrui : la pensée mauvaise est surtout mauvaise pour qui l’a conçue.
  • Confiance et défiance sont également la ruine des hommes.
  • Du chaos naquirent Érèbe et la noire Nuit. Et de Nuit à son tour, sortirent Éther et Lumière du Jour.
  • Écoute donc la justice, oublie la violence à jamais. Telle est la loi que le Cronide a prescrite aux hommes : que les poissons, les fauves, les oiseaux ailés se dévorent, puisqu’il n’est point parmi eux de justice , mais aux hommes Zeus a fait don de la justice, qui est de beaucoup le premier des biens.
  • Le Kroniôn a permis aux bêtes féroces de se dévorer entre eux, parce que la justice leur manque.
  • La route qui mène à la misère est plane et elle est là tout près.
  • Ne recherche pas les profits malhonnêtes, les profits malhonnêtes sont des pertes.

Source : Wikiquote

Les cinq âges de la mythologie grecque selon Hésiode

L'âge d'or

Quand les hommes et les dieux furent nés ensemble, d’abord les célestes habitants de l'Olympe créèrent l'âge d'or pour les mortels doués de la parole. Sous le règne de Saturne qui commandait dans le ciel, les mortels vivaient comme les dieux, ils étaient libres d'inquiétudes, de travaux et de souffrances ; la cruelle vieillesse ne les affligeait point ; leurs pieds et leurs mains conservaient sans cesse la même vigueur, et loin de tous les maux, ils se réjouissaient au milieu des festins, riches en fruits délicieux et chers aux bienheureux Immortels. Ils mouraient comme enchaînés par un doux sommeil. Tous les biens naissaient autour d'eux. La terre fertile produisait d'elle-même d'abondants trésors ; libres et paisibles, ils partageaient leurs richesses avec une foule de vertueux amis. Quand la terre eut renfermé dans son sein cette première génération, ces hommes, appelés les génies terrestres, devinrent les protecteurs et les gardiens tutélaires des mortels : ils observent leurs bonnes ou leurs mauvaises actions, et, enveloppés d'un nuage (9), parcourent toute la terre en répandant la richesse : telle est la royale prérogative qu'ils ont obtenue.

L'âge d'argent

Ensuite les habitants de l'Olympe produisirent une seconde race bien inférieure à la première, l'âge d'argent qui ne ressemblait à l'âge d'or ni pour la force du corps ni pour l'intelligence. Nourri par les soins de sa mère, l'enfant, toujours inepte, croissait, durant cent ans, dans la maison natale. Parvenu au terme de la puberté et de l'adolescence, il ne vivait qu'un petit nombre d'années, accablé de ces douleurs, triste fruit de sa stupidité, car alors les hommes ne pouvaient s'abstenir de l'injustice ; ils ne voulaient pas adorer les dieux ni leur offrir des sacrifices sur leurs pieux autels, comme doivent le faire les mortels divisés par tribus. Bientôt Jupiter, fils de Saturne, les anéantit, courroucé de ce qu'ils refusaient leurs hommages aux dieux habitans de l'Olympe. Quand la terre eut dans son sein renfermé leurs dépouilles, on les nomma les mortels bienheureux ; ces génies terrestres n'occupent que le second rang, mais le respect accompagne aussi leur mémoire.

L'âge d'airain

Le père des dieux créa une troisième génération d'hommes doués de la parole, l'âge d'airain, qui ne ressemblait en rien à l’âge d'argent.

Robustes comme le frêne, ces hommes, violents et terribles, ne se plaisaient qu'aux injures et aux sanglants travaux de Mars ; ils ne se nourrissaient pas des fruits de la terre, et leur coeur impitoyable avait la dureté de l'acier. Leur force était immense, indomptable, et des bras invincibles s'allongeaient de leurs épaules sur leurs membres nerveux. Ils portaient des armes d'airain ; l’airain composait leurs maisons ; ils ne travaillaient que l'airain, car le fer noir n'existait pas encore. Égorgés par leurs propres mains, ils descendirent dans la ténébreuse demeure du froid Pluton sans laisser un nom après eux. Malgré leur force redoutable, la sombre Mort les saisit et ils quittèrent la brillante lumière du soleil.

L'âge des héros

Quand la terre eut aussi renfermé leur dépouille dans son sein, Jupiter, fils de Saturne, créa sur cette terre fertile une quatrième race plus juste et plus vertueuse , la céleste race de ces Héros que l'âge précédent nomma les demi-dieux dans l’immense univers. La guerre fatale et les combats meurtriers les moissonnèrent tous, les uns lorsque, devant Thèbes aux sept portes , sur la terre de Cadmus, ils se disputèrent les troupeaux d'Oedipe ; les autres lorsque, franchissant sur leurs navires la vaste étendue de la mer, armés pour Hélène aux beaux cheveux, ils parvinrent jusqu'à Troie, où la mort les enveloppa de ses ombres. Le puissant fils de Saturne, leur donnant une nourriture et une demeure différentes de celles des autres hommes, les plaça aux confins de la terre. Ces Héros fortunés, exempts de toute inquiétude, habitent les îles des bienheureux par delà l'océan aux gouffres profonds, et trois fois par an la terre féconde leur prodigue des fruits brillants et délicieux.

L'âge de fer

Plût aux dieux que je ne vécusse pas au milieu de la cinquième génération ! Que ne suis-je mort avant ! que ne puis-je naître après ! C'est l'âge de fer qui règne maintenant. Les hommes ne cesseront ni de travailler et de souffrir pendant le jour ni de se corrompre pendant la nuit ; les dieux leur enverront de terribles calamités. Toutefois quelques biens se mêleront à tant de maux. Jupiter détruira celte race d'hommes doués de la parole lorsque presque dès leur naissance leurs cheveux blanchiront. Le père ne sera plus uni à son fils, ni le fils à son père, ni l'hôte à son hôte, ni l'ami à son ami ; le frère, comme auparavant, ne sera plus chéri de son frère ; les enfants mépriseront la vieillesse de leurs parents. Les cruels ! ils les accableront d'injurieux reproches sans redouter la vengeance divine. Dans leur coupable brutalité, ils ne rendront pas à leurs pères les soins que leur enfance aura reçus : l'un ravagera la cité de l'autre ; on ne respectera ni la foi des serments, ni la justice, ni la vertu ; on honorera de préférence l'homme vicieux et insolent ; l'équité et la pudeur ne seront plus en usage ; le méchant outragera le mortel vertueux par des discours pleins d'astuce auxquels il joindra le parjure. L'Envie au visage odieux, ce monstre qui répand la calomnie et se réjouit du mal, poursuivra sans relâche les hommes infortunés. Alors, promptes à fuir la terre immense pour l'Olympe, la Pudeur et Némésis , enveloppant leurs corps gracieux de leurs robes blanches, s'envoleront vers les célestes tribus et abandonneront les humains ; il ne restera plus aux mortels que les chagrins dévorants, et leurs maux seront irrémédiables.

Source WikiSource : Les Travaux et les jours

Note : Ovide dans Métamorphoses - Livre I, ne mentionne pas l'âge des héros, et donc ne décrit que 4 âges

Les quatre âges de la mythologie grecque selon Ovide

L'âge d'or commença.

L'âge d'or

Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats. Les pins abattus sur les montagnes n'étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d'autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée;

Et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations. La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons.

L'âge d'argent

Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar; et de l'écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée. Lorsque Jupiter eut précipité Saturne dans le sombre Tartare, l'empire du monde lui appartint, et alors commença l'âge d'argent, âge inférieur à celui qui l'avait précédé, mais préférable à l'âge d'airain qui le suivit. Jupiter abrégea la durée de l'antique printemps; il en forma quatre saisons qui partagèrent l'année : l'été, l'automne inégale, l'hiver, et le printemps actuellement si court. Alors, pour la première fois, des chaleurs dévorantes embrasèrent les airs;

L'âge d'airain

Les vents formèrent la glace de l'onde condensée. On chercha des abris. Les maisons ne furent d'abord que des antres, des arbrisseaux touffus et des cabanes de feuillages. Alors il fallut confier à de longs sillons les semences de Cérès; alors les jeunes taureaux gémirent fatigués sous le joug. Aux deux premiers âges succéda l'âge d'airain. Les hommes, devenus féroces, ne respiraient que la guerre; mais ils ne furent point encore tout à fait corrompus. L'âge de fer fut le dernier. Tous les crimes se répandirent avec lui sur la terre. La pudeur, la vérité, la bonne foi disparurent.

À leur place dominèrent l'artifice, la trahison, la violence, et la coupable soif de posséder. Le nautonier confia ses voiles à des vents qu'il ne connaissait pas encore; et les arbres, qui avaient vieilli sur les montagnes, en descendirent pour flotter sur des mers ignorées. La terre, auparavant commune aux hommes, ainsi que l'air et la lumière, fut partagée, et le laboureur défiant traça de longues limites autour du champ qu'il cultivait. Les hommes ne se bornèrent point à demander à la terre ses moissons et ses fruits, ils osèrent pénétrer dans son sein; et les trésors qu'elle recelait, dans des antres voisins du Tartare,

L'âge de fer

Vinrent aggraver tous leurs maux. Déjà sont dans leurs mains le fer, instrument du crime, et l'or, plus pernicieux encore. La Discorde combat avec l'un et l'autre. Sa main ensanglantée agite et fait retentir les armes homicides. Partout on vit de rapine. L'hospitalité n'offre plus un asile sacré. Le beau-père redoute son gendre. L'union est rare entre les frères. L'époux menace les jours de sa compagne; et celle-ci, les jours de son mari. Des marâtres cruelles mêlent et préparent d'horribles poisons : le fils hâte les derniers jours de son père. La piété languit, méprisée;

Et Astrée quitte enfin cette terre souillée de sang, et que les dieux ont déjà abandonnée. Le ciel ne fut pas plus que la terre à l'abri des noirs attentats des mortels : on raconte que les Géants osèrent déclarer la guerre aux dieux. Ils élevèrent jusqu'aux astres les montagnes entassées. Mais le puissant Jupiter frappa, brisa l'Olympe de sa foudre; et, renversant Ossa sur Pélion, il ensevelit, sous ces masses écroulées, les corps effroyables de ses ennemis. On dit encore que la terre, fumante de leur sang, anima ce qui en restait dans ses flancs, pour ne pas voir s'éteindre cette race cruelle.

Source : Les métamorphoses - Livre I

mercredi 23 novembre 2005

Le familistère de Guise

Intérieur du familistère en 2005
Intérieur du familistère en 2005
Familistère - Aile gauche
Familistère aile gauche

Le plus célèbre des Familistères est celui de Guise, créé en 1860 par Jean-Baptiste André Godin, sur des plans qu'il avait établis lui-même, et qui conserva sa fonction à l'identique jusque 1968. Disciple de Charles Fourier, Jean-Baptiste Godin avait financé ces constructions pour y loger les familles d'ouvriers de son usine, dans des conditions d'hygiène et de confort inégalables pour l'époque (eau courante, toilettes, bibliothèque, prise en charge de la scolarité des enfants, etc.) Cette réalisation se concevait comme une application concrète des idées du socialisme utopique de Charles Fourier esquissée dans sa théorie du phalanstère.

Le Familistère de Guise est aujourd'hui classé au titre des Monuments historiques, et il est toujours habité. La société Godin, pour sa part, existe toujours également (2005).

Jean-Baptiste André Godin

Jean-Baptiste André Godin, (Esquéhéries 1817 - Guise 1888) était un industriel social français, créateur de la société des poëles en fonte Godin (Les cheminées Godin) et du familistère de Guise. Il installe en 1846 une industrie qui emploie en une vingtaine d'années jusqu'à 1500 personnes. Partisan de fourier et d'une redistribution des richesses industrielles aux ouvriers, il crée un univers autour de son usine (le phalanstère). Il favorise le logement en construisant les Familistères (logements modernes pour l'époque), des lavoirs et des magasins d'approvisionements, l'éducation en construisant une école obligatoire et gratuite, les loisirs et l'instruction avec la construction d'un théâtre, d'une piscine et d'une bibliothèque. Tous les acteurs de l'entreprise avaient accès aux mêmes avantages quelque soit la situation dans l'entreprise.

Jean-Baptiste André Godin fut député de l'Aisne de 1871 à 1876.

La société qu'il a fondée continue à exister aujourd'hui (2004). Le Familistère a en revanche cessé de fonctionner en tant que tel vers 1965, bien que ses bâtiments soient toujours utilisés à des fins d'habitation, et classés au patrimoine.

Bibliographie

  • Solution sociale (1871)
  • les Socialistes et les Droits du travail (1874)
  • Mutualité sociale et association du capital et du travail (1880)

Source Wikipedia : Familistère, Jean-Baptiste André Godin.

Vous pouvez voir aussi le site Le familistère Godin à Guise.

lundi 21 novembre 2005

La fin du monde de Mérinos (1872)

Une fiction de Mérinos [Eugène Mouton] écrite en 1872 qui n'est pas sans rappeler ce qui se passe actuellement : le réchauffement de la planète et ses causes.

Source : La fin du monde sur le site Gallica Utopie

LA FIN DU MONDE

Et le monde finira par le feu

De toutes les questions qui intéressent l'homme, il n'en est pas de plus digne de ses recherches que celle des destinées de la planète qu'il habite. La géologie et l'histoire nous ont appris bien des choses sur le passé de la Terre : nous savons au juste, à quelques millions de siècles près, l'âge de notre globe ; nous savons dans quel ordre les développements de la vie se sont progressivement manifestés et propagés à sa surface ; nous savons à quelle époque l'homme est venu enfin s'asseoir à ce banquet de la vie préparé pour lui, et dont il avait fallu plusieurs milliers d'années pour mettre le couvert.
Nous savons tout cela, ou du moins nous croyons le savoir, ce qui revient exactement au même : mais si nous sommes fixés sur le passé, nous ne le sommes pas sur l'avenir.
L'humanité n'en sait guère plus sur la durée probable de son existence, que chacun de nous n'en sait sur le nombre d'années qu'il lui reste à vivre :

La table est mise,
La chère exquise,
Que l'on se grise !
Trinquons, mes amis !

Fort bien : mais en sommes-nous au potage, ou au dessert ? Qui nous dit, hélas ! qu'on ne va pas servir le café tout à l'heure ?
Nous allons, nous allons, insouciants de l'avenir du monde, sans jamais nous demander si par hasard cette barque frêle qui nous porte à travers l'océan de l'infini ne risque pas de chavirer tout à coup, ou si sa vieille coque, usée par le temps et détraquée par les agitations du voyage, n'a pas quelque voie d'eau par où la mort, goutte à goutte, s'infiltre dans cette carcasse, qui est la carcasse même de l'humanité, entendez-vous !

Le monde, c'est-à-dire pour nous le globe terrestre, n'a pas toujours existé. Il a commencé, donc il finira. Quand, voilà la question. Et tout d'abord demandons-nous si le monde peut finir par un accident, par une perturbation des lois actuelles.
Nous ne saurions l'admettre. Une telle hypothèse, en effet, serait en contradiction absolue avec l'opinion que nous entendons soutenir dans ce travail. Il est dès-lors bien clair que nous ne pouvons l'adopter.
Toute discussion serait en effet impossible si l'on admettait l'opinion qu'on s'est proposé de combattre.
Ainsi voilà un premier point parfaitement établi : la Terre ne sera pas détruite par accident ; elle finira par suite de l'action même des lois de sa vie actuelle : elle mourra, comme on dit, de sa belle mort.
Mais mourra-t-elle de vieillesse ? Mourra-t-elle de maladie ?
Je n'hésite pas à répondre : Non, elle ne mourra pas de vieillesse ; oui, elle mourra de maladie. Par suite d'excès. J'ai dit que la Terre finira par suite de l'action même des lois de sa vie actuelle. Il s'agit maintenant de rechercher quel est, de tous ces agents fonctionnant pour l'entretien de la vie du globe terraqué, celui qui est appelé à la détruire un jour.
Je le dis sans hésiter : cet agent, c'est celui-là même auquel la Terre a dû primitivement son existence : c'est la chaleur. La chaleur boira la mer ; la chaleur mangera la Terre : et voici comment cela arrivera.

Un jour, regardant fonctionner des locomotives, l'illustre Stephenson demandait à un grand chimiste anglais quelle était la force qui faisait mouvoir ces machines. Le chimiste répondit : "C'est le soleil."
Et en effet toute la chaleur que nous mettons en liberté lorsque nous brûlons des combustibles végétaux, bois ou charbon, a été emmagasinée là par le soleil : un morceau de bois, un morceau de charbon, n'est donc, au pied de la lettre, autre chose qu'une conserve de rayons solaires. Plus la vie végétale se développe et plus il y accumulation de ces conserves. Si on en brûle beaucoup et qu'on en crée beaucoup, c'est-à-dire si la culture et l'industrie se développent, l'emmagasinement, d'une part, la mise en liberté, de l'autre, des rayons du soleil absorbés par la Terre, iront sans cesse en augmentant, et la Terre devra s'échauffer d'une manière continue.
Que sera-ce si la population animale, si l'espèce humaine à son tour, suivent le même progrès ? Que sera-ce si des transformations considérables, nées du développement même de la vie animale à la surface du globe, viennent modifier la structure des terrains, déplacer le bassin des mers, et rassembler l'humanité sur des continents à la fois plus fertiles et plus perméables à la chaleur solaire ?
Or c'est précisément ce qui va arriver.

Lorsqu'on compare le monde à ce qu'il était autrefois, on est tout de suite frappé d'un fait qui saute au yeux : ce fait, c'est le développement de la vie organique sur le globe. Depuis les sommets les plus élevés des montagnes jusqu'aux gouffres les plus profonds de la mer, des millions de milliards d'animalcules, d'animaux, de cryptogames ou de plantes supérieures, travaillent jour et nuit, depuis des siècles, comme ont travaillé ces foraminifères qui ont bâti la moitié de nos continents.
Ce travail allait assez vite déjà avant l'époque où l'homme apparut sur la Terre ; mais depuis l'apparition de l'homme il s'est développé avec une rapidité qui va tous les jours s'accélérant. Tant que l'humanité est restée parquée sur deux ou trois points de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique, on n'y a pas pris garde, parce que, sauf ces quelques foyers de concentration, la vie générale était encore à l'aise pour déverser sur les espaces libres le trop-plein accumulé sur certains points de la terre civilisée : c'est ainsi que la colonisation a peuplé de proche en proche des contrées jusqu'alors inhabitée et vierges de toute culture. Alors a commencé la première phase du progrès de la vie par l'action humaine : la phase agricole.
On a marché dans ce sens pendant six siècles environ. Mais on a découvert les grands gisements de houille, et presque en même temps la chimie et la vapeur : la Terre est entrée alors dans la phase industrielle, qui ne fait que commencer puisqu'elle n'a guère plus de soixante ans.
Mais où ce mouvement nous mène, et de quel train nous y arriverons, c'est ce qu'il est facile de présumer d'après ce qui se passe déjà sous nos yeux.
Il est évident, pour qui sait voir les choses, que depuis un demi-siècle, tout, bêtes et gens, tend à se multiplier, à foisonner, à pulluler dans une proportion vraiment inquiétante.
On mange davantage, on boit davantage, on élève des vers à soie, on nourrit des volailles et on engraisse des boeufs.
En même temps on plante de tous les côtés ; on défriche, on invente des assolements fécondants et des cultures intensives : on compose des engrais artificiels qui doublent le rendement des terres ; on ne se contente pas de ce que produit la terre, et on sème à pleines mains, dans nos rivières, des saumons à cinq francs la dalle, et dans nos golfes, des huîtres à vingt-quatre sous la douzaine.
Pendant ce temps, on fait fermenter d'énormes quantités de vin, de bières, de cidre ; on distille de véritables fleuves d'eau-de-vie, et puis on brûle des millions de tonnes de houille, sans compter qu'on perfectionne incessamment les appareils de chauffage, qu'on calfeutre de plus en plus les maisons, et qu'enfin on fabrique tous les jours à meilleur marché les étoffes de laine et de coton dont l'homme se sert pour se tenir au chaud.
A ce tableau déjà suffisamment sombre il convient d'ajouter les développements insensés de l'instruction publique, qu'on peut considérer comme une source de lumière et de chaleur, car si elle n'en dégage par elle-même, elle en multiplie la production en donnant à l'homme les moyens de perfectionner et d'étendre son action sur la nature. Voilà où nous en sommes ; voilà où nous a conduits un seul demi-siècle d'industrialisme : évidemment il y a dans tout cela des symptômes manifestes d'une exubérance prochaine, et on peut dire qu'avant cent ans d'ici la Terre prendra du ventre.
Alors commencera la redoutable période où l'excès de la production amènera l'excès de la consommation, L'EXCES DE LA CONSOMMATION L'EXCES DE CHALEUR, ET L'EXCES DE CHALEUR LA COMBUSTION SPONTANEE DE LA TERRE ET DE TOUS SES HABITANTS.

Il n'est pas difficile de prévoir la série des phénomènes qui conduiront le globe, de degrés en degrés, à cette catastrophe finale. Quelque navrant que puisse être le tableau de ces phénomènes, je n'hésiterai pas à le tracer, parce que la prévision de ces faits, en éclairant les générations futures sur le danger des excès de la civilisation, leur servira peut-être à modérer l'abus de la vie et à reculer de quelques milliers d'années, ou tout au moins de quelques mois, la fatale échéance.
Voici donc ce qui va se passer.
Pendant une dizaine de siècles, tout ira de mieux en mieux. L'industrie surtout marchera à pas de géant. On commencera d'abord par épuiser tous les gisements de houille ; puis toutes les sources de pétrole ; puis on abattra toutes les forêts ; puis on brûlera directement l'oxygène de l'air et l'hydrogène de l'eau. A ce moment-là il y aura sur la surface du globe environ un milliard de machines à vapeur de mille chevaux en moyenne, soit mille milliard de chevaux-vapeur fonctionnant nuit et jour.
Tout travail physique est fait par des machines ou par des animaux : l'homme ne le connaît plus que sous la forme d'une gymnastique savante, pratiquée uniquement comme hygiène.
Mais tandis que ses machines lui vomissent incessamment des torrents de produits manufacturés, de ses usines agricoles sort à flots pressés une foule de plus en plus compacte de moutons, de poulets, de bœufs, de dindons, de porcs, de canards, de veaux et d'oies, tout cela crevant de graisse, bêlant, gloussant, mugissant, glouglottant, grognant, nasillant, beuglant, sifflant, et demandant à grands cris des consommateurs !
Or, sous l'influence d'une alimentation de plus en plus abondante, de plus en plus succulente, la fécondité des races humaines et des races animales va de jour en jour en s'accroissant.
Les maisons s'élèvent étage par étage ; on supprime d'abord les jardins, puis les cours. Les villes, puis les villages, commencent à projeter peu à peu des lignes de faubourgs dans toutes les directions ; bientôt des lignes transversales réunissent ces rayons.
Le mouvement progresse ; les villes voisines viennent à se toucher. Paris annexe Saint-Germain, Versailles, puis Beauvais, puis Châlons, puis Orléans, puis Tours ; Marseille annexe Toulon, Draguignan, Nice, Carpentras, Nîmes, Montpellier ; Bordeaux, Lyon et Lille se partagent le reste, et Paris finit par annexer Marseille, Lyon, Lille et Bordeaux.
Et de même dans toute l'Europe, de même dans les quatre autres parties du monde.
Mais en même temps s'accroît la population animale. Toutes les espèces inutiles ont disparu : il ne reste plus que des boeufs, des moutons, des chevaux et de la volaille. Or, pour nourrir tout cela il faut des espaces libres à cultiver, et la place commence à manquer.
On réserve alors quelques terrains pour la culture, on y entasse des engrais, et là, couchées au milieu d'herbages de six pieds de hauteur, on voit se rouler des race inouïes de moutons et de bœufs sans cornes, sans poil, sans queue, sans pattes, sans os, et réduits par l'art des éleveur à n'être plus qu'un monstrueux beefsteak alimenté par quatre estomacs insatiables !
Pendant ce temps, dans l'hémisphère austral, une révolution formidable va s'accomplir. Que dis-je ? A peine cinquante mille ans se sont écoulés, et la voilà faite.
Les polypiers ont réuni ensemble tous les continents et toutes les îles de l'Océan Pacifique et des mers du Sud : l'Amérique, l'Europe, l'Afrique, ont disparu sous les eaux de l'océan ; il n'en reste plus que quelques îles formées des derniers sommets des Alpes, des Pyrénées, des buttes Montmartre, des Carpathes, de l'Atlas, des Cordillères ; l'humanité, reculant peu à peu devant la mer, s'est répandue sur les plaines incommensurables que l'océan a abandonnées. Elle y a apporté sa civilisation foudroyante ; déjà, comme sur les anciens continents, l'espace commence à lui manquer.

La voilà dans ses derniers retranchements : c'est là qu'elle va lutter contre l'envahissement de la vie animale. C'est là qu'elle va périr !
Elle est sur un terrain calcaire ; elle fait passer incessamment à l'état de chaux une masse énorme de matières animalisées ; cette masse, exposée aux rayons d'un soleil torride, emmagasine incessamment de nouvelles unités de chaleur, pendant que le fonctionnement des machines, la combustion des foyers et le développement de la chaleur animale, élèvent incessamment la température ambiante.
Et pendant ce temps la production animale continue à s'accroître ; et il arrive un moment où l'équilibre étant rompu, il devient manifeste que la production va déborder la consommation.

Alors commence à se former, sur l'écorce du globe, d'abord presque une pellicule, puis une couche appréciable de détritus irréductibles : la Terre est saturée de vie.
La fermentation commence.
Le thermomètre monte, la baromètre descend, l'hygromètre marche vers zéro. Les fleurs se fanent, les feuilles jaunissent, les parchemins se recroquevillent : tout sèche et devient cassant.
Les animaux diminuent par l'effet de la chaleur et de l'évaporation. L'homme à son tour maigrit et se dessèche ; tous les tempéraments se fondent en un seul, le bilieux ; et le dernier des lymphatiques offre avec larmes sa fille et cent millions de dot au dernier des scrofuleux, qui n'a pas un sou de fortune, et qui refuse par orgueil !
La chaleur augmente et les sources tarissent. Les porteurs d'eau s'élèvent par degrés au rang de capitalistes, puis de millionnaires, si bien que la charge de Grand Porteur d'Eau du prince finit par devenir une des premières dignités de l'Etat. Toutes les bassesses, toutes les infamies qu'on voit faire aujourd'hui pour un pièce d'or, on les fait pour un verre d'eau, et l'Amour lui-même, abandonnant son carquois et ses flèches, les remplace par une carafe frappée. Dans cette atmosphère torride, un morceau de glace se paye par vingt fois son poids de diamants ! L'empereur d'Australie, dans un accès d'aliénation mentale, se fait faire un tutti frutti qui lui coûte une année de sa liste civile ! ! ! Un savant fait une fortune colossale en obtenant un hectolitre d'eau fraîche à 45 degrés ! ! ! !
Les ruisseaux se dessèchent ; les écrevisses, se bousculant tumultueusement pour courir après ces filets d'eau tiède qui les abandonnent, changent, chemin faisant, de couleur, et tournent à l'écarlate. Les poissons, le coeur affadi et la vessie natatoire distendue, se laissent aller vers les fleuves, le ventre en l'air et la nageoire inerte.
Et l'espèce humaine commence à s'affoler visiblement. Des passions étranges, des colères inouïes, des amours foudroyantes, des plaisirs insensés, font de la vie une série de détonations furieuses, ou plutôt une explosion continue, qui commence à la naissance et qui ne finit qu'à la mort. Dans ce monde torréfié par une combustion implacable, tout est roussi, craquelé, grillé, rôti, et après l'eau, qui s'évapore, on sent diminuer l'air, qui se raréfie.
Effroyable calamité ! les rivières à leur tour et les fleuves ont disparu : les mers commencent à tiédir, puis à s'échauffer : les voilà qui déjà mijotent comme sur un feux doux.
D'abord les petits poissons, asphyxiés, montrent leur ventre à la surface ; viennent ensuite les algues, que la chaleur a détachées du fond ; enfin s'élèvent, cuits au bleu et rendant leur graisse par larges taches, les Requins, les Baleines, et la Pieuvre énorme, et le Kraken cru fabuleux, et le Serpent de mer trop contesté ; et de ces graisses, de ces herbes et de ces poissons cuits ensemble, l'océan qui fume fait une incommensurable bouillabaisse. Une écoeurante odeur de cuisine se répand sur toute la terre habitée ; elle y règne un siècle à peine : l'océan s'évapore et ne laisse plus de son existence d'autre trace que des arêtes de poissons éparses sur des plaines désert...

La fin commence.
Sous la triple influence de la chaleur, de l'asphyxie et de la dessiccation, l'espèce humaine s'anéantit peu à peu : l'homme s'effrite, s'écaille, et au moindre choc tombe par morceaux. Il ne lui reste plus, pour remplacer les légumes, que quelques plantes métalliques qu'il parvient à faire pousser à force de les arroser de vitriol ! Pour étancher la soif qui le dévore, pour ranimer son système nerveux calciné, pour liquéfier son albumine qui se coagule, il n'a plus d'autres liquides que l'acide sulfurique ou l'eau forte.
Vains efforts.
A chaque souffle de vent qui vient agiter cette atmosphère anhydre, des milliers de créatures humaines sont desséchées instantanément ; et le cavalier sur son cheval, l'avocat à la barre, le juge sur son siège, l'acrobate sur sa corde, l'ouvrière à sa fenêtre, le roi sur son trône, s'arrêtent momifiés !

Et alors vient le dernier jour.
Ils ne sont plus que trente-sept, errants comme des spectres d'amadou au milieu d'une population effroyable de momies qui les regardent avec des yeux semblables à des raisins de Corinthe.
Et ils se prennent les mains, et ils commencent une ronde furieuse, et à chaque tour un des danseurs trébuche et tombe mort avec un bruit sec. Et le trente-sixième tour fini, le survivant demeure seul en face de ce monceau misérable où sont rassemblés les derniers débris de la race humaine !
Il jette un dernier regard sur la Terre ; il lui dit adieu au nom de nous tous, et de ses pauvres yeux brûlés tombe une larme, la dernière larme de l'humanité. Il la recueille dans sa main, il la boit, et il meurt en regardant le ciel.

Pouff ! ! ! !
Une petite flamme bleuâtre s'élève en tremblotant ; puis deux, puis trois, puis mille. Le globe entier s'embrase, brûle un instant, s'éteint.
Tout est fini : la Terre est morte..

Morne et glacée, elle roule tristement dans les déserts silencieux de l'infini ; et de tant de beauté, de tant de gloire, de tant de joies, de tant de larmes, de tant d'amours, il ne reste plus qu'une petite pierre calcinée, errant misérable à travers les sphères lumineuses des mondes nouveaux.
Adieu, Terre ! Adieu, souvenirs touchants de nos histoires, de notre génie, de nos douleurs et de nos amours ! Adieu, Nature, toi dont la majesté douce et sereine nous consolait si bien de nos souffrances ! Adieu, bois frais et sombres, où pendant les belles nuits d'été, à la lumière argentée de la lune, on entendait chanter le rossignol ! Adieu, créatures terribles et charmantes qui meniez le monde avec une larme ou un sourire, et que nous appelions de noms si doux ! Ah ! puisqu'il ne reste plus rien de vous, tout est bien fini : LA TERRE EST MORTE.

Mérinos [Eugène Mouton]

Extrait de Nouvelles et fantaisies humoristiques. Paris, Librairie générale, MDCCCLXXII, pp. 47-57.

Pierre Joseph Proudhon

Pierre Joseph Proudhon

Pierre Joseph Proudhon (né le 15 janvier 1809 à Besançon (1) dans le Doubs, mort à Paris (2) le 19 janvier 1865 à Passy), économiste, sociologue français, théoricien du socialisme, considéré comme un des premiers penseurs anarchistes.

La publication en 1840 de son œuvre maîtresse Qu'est-ce que la propriété ?, question à laquelle il répondra par "c'est le vol", suscitera l'attention des autorités judiciaires et celle de Karl Marx qui débutera alors une correspondance avec Proudhon, et le défendra contre Bauer dans La sainte famille. Les deux hommes se sont influencés mutuellement; ils se sont rencontrés lorsque Marx était en exil à Paris. Leur amitié cessera avec la réponse cinglante que Marx fera au livre de Proudhon La Philosophie de la Misère, réponse qu'il intitule La Misère de la Philosophie. Leur dispute est une des origines de l'opposition entre anarchistes et marxistes.

Dans son livre Les confessions d'un révolutionnaire, Proudhon affirmera entre autres choses : « L'anarchie c'est l'ordre ».

Après avoir tenté de créer une banque de prêts gratuits (à taux zéro), il pose les fondements d'un système de mutuelles dont les principes sont encore appliqués de nos jours dans les assurances.

(1) A noter qu'il existe une rue Jean-Baptiste-Victor Proudhon (dont il est un lointain cousin) juste en face la rue Pierre Joseph Proudhon, mais finalement, très peu de Bisontins se rendent compte de la différence de prénoms de ces deux rues !

(2) Pierre-Joseph Proudhon est enterré à Paris, au cimetière du Montparnasse (2ème division, près de l'allée Lenoir, dans la tombe de la famille Proudhon).

Vie et œuvre

Pierre-Joseph Proudhon et ses enfants, gustave Courbet, 1865.

Biographie de Proudhon (par H. Bourgin, La Grande Encyclopédie, 1916)

Proudhon (Pierre-Joseph), né à Besançon le 15 janvier 1809, mort à Passy le 16 janvier 1865. Ses parents étaient de très humbles gens, de souche paysanne, qui restèrent toujours pauvres ; pendant qu'ils peinaient eux-mêmes dans leur modeste brasserie, lui travaillait aux champs, ou gardait les vaches. À l'âge de douze ans, il obtint de la bienfaisance d'un protecteur une bourse d'externe au collège de Besançon : il étudia avec passion et sans méthode : il avait une érudition considérable et une intelligence éveillée sur tout quand il passa, vers dix-neuf ans, de l'école à l'atelier : il entrait, en 1828, dans une grande imprimerie de Besançon, où il devint bientôt correcteur. Là il apprit encore : les ouvrages de théologie et de patrologie, qui passaient le plus souvent sous ses yeux, firent de lui un théologien ; il apprit l'hébreu, et, par cette voie, s'aventura dans la grammaire comparée. Sa critique trouvait à chaque instant une occasion de s'exercer ; ses idées bouillonnaient déjà ; ses ambitions s'élevaient au-dessus de sa condition d'ouvrier ; il attendait impatiemment le moment de produire quelque chose ; ses amis espéraient beaucoup de lui, et ne le lui cachaient pas. En 1831-32, il fit son tour de France, par Paris, Lyon, Marseille, Toulon ; il chôma plus d'une fois, connut le besoin, se sentit supérieur à son état, observa la société de près et sans indulgence, devint républicain. De retour à Besançon, des offres lui furent faites par le journal phalanstérien l'Impartial : il les refusa, pour conserver son indépendance et l'entière disposition de sa pensée. Après un nouveau voyage à Paris et un second tour de France (1833), il quitta, en 1836, la place qu'il occupait depuis huit ans, pour fonder, à Besançon même, avec deux associés, une petite imprimerie : il ne leur apportait d'autres capitaux que son intelligence et ses travaux projetés. Le premier prêt fut un Essai de grammaire générale qu'il ajouta, sans le signer, aux Éléments primitifs des langues, de l'abbé Bergier (1837) : essai très ingénieux et très érudit de grammaire comparée de l'hébreu, du grec et du latin, enrichi de digressions sur l'histoire de l'humanité, mais construit avec des hypothèses, et dépourvu de fondement scientifique. C'était une publication très honorable, mais elle ne fut suivie d'aucune autre. L'imprimerie périclita rapidement, et, cette même année 1837, la folie de l'un des associés en causa la fermeture immédiate, suivie d'une lente et difficile liquidation.

Proudhon dut se tourner ailleurs : d'abord il reprit ses études, et bientôt une occasion s'offrit à lui d'en tirer parti en les continuant. La pension instituée à l'Académie de Besançon par la veuve de Suard en mémoire de son mari, et en faveur du jeune littérateur reconnu par l'Académie comme le plus digne dans le département du Doubs, devint vacante : c'était une rente de 1500 francs pendant trois ans ; Proudhon posa sa candidature, et, après s'être fait recevoir bachelier, condition indispensable, il fut choisi. En 1838, il alla s'installer à Paris, où, sous la direction de M. Droz, son tuteur, il devait préparer des ouvrages qui fissent honneur à l'Académie ; mais ce devoir fut vite oublié. Il n'avait formellement promis à l'Académie qu'une chose, c'est de travailler à l'amélioration matérielle et morale de ceux qu'il appelait ses frères, les ouvriers ; l'économie politique, sur laquelle se porta alors toute sa pensée, lui révéla sa tâche. Il chercha dans les bibliothèques et dans les cours publics toutes les parcelles qu'il pouvait recueillir de cette science de l'avenir ; et, en même temps qu'il étudiait, il faisait la critique de ses maîtres, orateurs et écrivains, il élaborait les parties et les morceaux de théories nouvelles : dès le début de 1839, il songeait à écrire un gros livre sur la question de la propriété. Il en fut momentanément distrait par deux travaux académiques : dans le premier semestre de 1839, il envoya à l'Académie des inscriptions et belles-lettres un mémoire où il reprenait les idées contenues dans son Essai de grammaire, et, à l'Académie de Besançon, une pièce de concours sur l' Utilité de la célébration du dimanche ; il jugeait cette pièce révolutionnaire, parce qu'il y entremêlait de vagues théories égalitaires une paradoxale interprétation de la [loi mosaïque] ; l'Académie n'infirma pas son jugement, mais, tout en déclarant l'auteur audacieux et parfois dangereux, lui accorda une médaille de bronze.

Un pareil succès ne pouvait contenter Proudhon : il se résolut de frapper un grand coup avec son ouvrage sur la propriété, qu'il publia en 1840, sous ce titre : Qu'est-ce que la propriété ? ou Recherches sur le principe du droit et du gouvernement. Passant en revue les différentes théories présentées jusqu'alors pour établir le droit de propriété, il les réfutait l'une après l'autre, et concluait que la propriété ne pouvait être fondée ni sur l'occupation ni sur le travail, qu'elle était immorale, injuste, impossible. En dépit de cette thèse violente et saisissante, l'ouvrage n'atteignit pas le grand public, la vente en fut restreinte : et déjà Proudhon, impatient d'attendre le succès, préparait un second volume pour compléter sa thèse, lorsque, enfin le premier attira l'attention du pouvoir, qui faillit poursuivre l'auteur, et de l'Académie de Besançon, qui condamna publiquement son pensionnaire et ne s'apaisa qu'après l'avoir fait comparaître à plusieurs reprises devant elle, et après avoir entendu ses explications. Cependant le second volume était achevé ; il parut en 1841 sous la forme d'une Lettre à M. Blanqui, professeur d'économie politique. Il fournissait la confirmation du premier mémoire ; Proudhon y insistait sur l'idée que la société a déjà porté plusieurs atteintes sur la propriété, et qu'elle doit continuer son œuvre par la restriction progressive de l'intérêt. Il fallut, cette fois, que Blanqui intervînt auprès du ministre de la justice pour empêcher des poursuites ; mais le gouvernement prit sa revanche sur une brochure de polémique que Proudhon publia en 1842 pour répondre aux phalanstériens, l'Avertissement aux propriétaires : la brochure fut saisie, et l'auteur cité devant la cour d'assises de Besançon : il présenta lui-même sa défense, dont la dialectique et l'idéologie, volontairement obscures, enlevèrent l'acquittement aux jurés, qui n'avaient pas compris.

Ce procès convainquit Proudon qu'il n'y avait pas de réformes à attendre du gouvernement réactionnaire de Louis-Philippe ; il abandonna les questions d'application immédiate pour les questions de philosophie générale, de science économique et de méthode, auxquelles il crut donner une solution complète et définitive dans son livre De la création de l'ordre dans l'humanité, exposition assez laborieuse et mal faite de l'évolution sociale depuis la religion jusqu'à la science, et de la méthode de groupement « sériel » destinée à remplacer l'ancienne [Syllogisme|logique syllogistique]] (1843). Cependant sa librairie de Besançon venait d'être vendue, il quittait une place de secrétaire qu'il avait chez un légiste de Paris ; après avoir sollicité en vain une petite fonction administrative à Besançon, il obtint un emploi important dans une grande maison de transports fluviaux à Lyon ; il y prit la connaissance du grand commerce, de la grande banque, des grandes entreprises, et il y trouva assez de loisirs pour continuer, en toute liberté d'esprit, ses études d'économie politique. Le résultat de ces études fut la publication, en 1846, après deux années de labeur, du Système des contradictions économiques : il y appliquait la méthode antinomique à l'économie, et s'efforçait de dégager les contradictions qu'en renferment tous les phénomènes : valeur, division du travail, concurrence, crédit, propriété ; il se contentait de reporter à un ouvrage ultérieur le système de solutions on de synthèses qu'appelait ce système de contradictions. Mais il ne tarda pas à se rendre compte que des traités comme ceux qu'il avait publiés jusqu'ici, tout en lui valant l'estime des savants et des professeurs, ne faisaient point à ses idées de popularité dans le public : il se décida à fonder un journal et à répandre par livraisons la solution du problème économique qu'il avait formulé. Le premier numéro spécimen du Représentant du peuple parut le 14 octobre 1847, et le second le 15 novembre. Mais la Révolution devança tous les projets qui s'y trouvaient indiqués.

Le 24 février 1848 posa toutes les questions : Proudhon se vit forcé d'y répondre plus tôt qu'il n'avait compté. Dans le Représentant du peuple, dans ses deux livraisons de la Solution du problème social (22 et 26 mars), qui ne furent suivies par aucune autre, dans les brochures où il reprit ses articles du Représentant : «Organisation du crédit», «Résumé de la question sociale», il mit en avant des idées très nettes : la solution du problème social est seulement dans l'organisation du crédit mutuel et gratuit ; la solution du problème politique est dans la restriction progressive du gouvernement jusqu'à l'établissement de l'anarchie; la démocratie du suffrage universel n'est qu'une fausse image du pays ; il faut établir une république sans constitution et sans limitation de la liberté individuelle. Au bout de trois mois, Proudhon avait acquis par le journal et par la brochure une place parmi les chefs du parti socialiste ; il fut élu le 4 juin à l'Assemblée nationale pour le département de la Seine. Il forma, presque à lui seul, à l'extrême gauche, un groupe distinct de la Montagne, et fut sans action sur l'Assemblée, qu'il déroutait ; sa proposition en faveur d'un impôt d'un tiers sur le revenu fut ignominieusement repoussée et flétrie (séance du 30 juillet) ; dès lors il se tut. Mais, au dehors de l'Assemblée, son énergie n'était pas brisée ; son journal le Peuple (novembre 1848 à juin 1849) reprit avec vaillance l'œuvre du Représentant, également violent contre les bourgeois, les réactionnaires, les démocrates, le prince-président, contre lequel ses attaques répétées finiront par lui valoir trois ans de prison ; il se sauva en Belgique, et, comme il repassait par Paris pour se rendre en Suisse, il fut saisi et incarcéré. Cet emprisonnement mit fin à ses projets de crédit mutuel (Banque d'échange, devenue Banque du peuple), mais non à son œuvre politique. De Sainte-Pélagie, où il jouissait, du reste, d'un régime de faveur, il dirigea la Voix du peuple (octobre 1849 à mai 1850), et le Peuple de 1850 (juin à octobre 1850) ; il publia à un fort tirage les Idées revolutionnaires (recueil d'articles du Représentant et du Peuple), et les Confessions d'un révolutionnaire (1849), remarquable exposition de sa politique révolutionnaire et anarchique ; puis, l'Idée générale de la révolution au XIXe siècle (1851), où sont présentées ensemble et combinées ses théories politiques et économiques ; enfin il prépara, pour la publier peu après sa libération (1854), la Révolution sociale démontrée par le coup d'État, appel à Louis-Bonaparte pour l'achèvement de la Révolution, qui devait être son œuvre.

Ainsi, de politicien et de polémiste, Proudhon était devenu presque exclusivement historien et théoricien. Marié depuis 1849, père de deux petites filles, rudement frappé par les épreuves de la vie politique en France depuis quatre ans, il avait résolu de renoncer à l'action, de se consacrer à des travaux de science et de philosophie, d'élever enfin une œuvre positive à la place des doctrines que sa critique avait jetées par terre depuis plus de dix ans. Un petit opuscule sur la Philosophie du progrès, dont la vente ne fut pas permise en France, indiqua son Programme (1851, publié en 1853) ; et, presque aussitôt, des projets de travaux, nombreux et divers, dont la plupart n'aboutirent pas, le détournèrent de ce programme pour plusieurs années ; il travailla presque à la fois à un cours d'économie politique, à une biographie générale, à une chronologie générale, à un projet d'exposition perpétuelle au Palais de l'Industrie (1855), projet dans lequel il reprenait une partie de ses idées sur l'échange et le crédit ; rien de tout cela ne vit le jour ; il publia seulement deux ouvrages spéciaux et presque techniques, un Manuel du spéculateur à la Bourse (1853), et un traité sur la Réforme des chemins de fer (1855), en faveur de l'abaissement des tarifs et du contrôle des compagnies par l'État. Alors, il revint à son plan de 1853 ; à partir de 1856, il travailla sans arrêt à un grand ouvrage où il voulait donner à la révolution sa philosophie et sa morale, qu'il fit tenir dans la justice, en opposant à la révolution l'Église, qui nie et combat la justice. Mais, à peine parue (1858), la Justice dans la Révolution et dans l'Église fut saisie, l'auteur poursuivi devant la cour d'assises de la Seine, et condamné à trois ans de prison et 4.000 fr. d'amende. Après de vaines tentatives pour faire réformer cet arrêt par les tribunaux ou par le gouvernement, Proudhon prit le parti de se retirer à Bruxelles (juillet 1858), où sa famille vint le retrouver au bout de quelques mois. Son énergie, d'abord un peu diminuée par l'exil et par le spectacle de la réaction croissante en France, lui revint bientôt tout entière, et il reprit son activité. Cette même année 1858, il publia dans l'Office de publicité, à Bruxelles, des articles contre la propriété littéraire ; l'année suivante, il se mit à préparer une réédition de la Justice, considérablement augmentée, et un gros ouvrage sur la Guerre et la Paix (paru en 1861), où il justifie le droit de la force comme un droit primordial de l'humanité, considère la guerre comme une conséquence des maux économiques et du paupérisme, et en fait prévoir l'élimination dans la société future fondée sur le travail. Un concours dans le canton de Vaud, en 1860, lui offrit une occasion de revenir aux sujets purement économiques, et sa Théorie de l'impôt, qui eut le prix à ce concours (1861), puis ses Majorats littéraires, réédition remaniée de ses articles de l'Office de publicité (1862), précisèrent sa position nouvelle de critique radical en théorie, et de conservateur réformiste dans la pratique. Il commençait un grand traité doctrinal et historique sur la propriété quand, de nouveau, la politique le détourna de l'économie sociale.

Cette fois, ce fut la politique extérieure. La question de l'unité italienne était alors débattue par la diplomatie et par l'opinion de l'Europe entière : Proudhon prit résolument parti contre l'unité, en faveur de la fédération, dans des articles qu'il donna à l'Office de publicité (1862). Un passage de ces articles, mal compris des Belges, le fit passer pour un agent annexionniste au service de Napoléon III ; il y eut autour de sa maison un commencement d'émeute, et il se vit forcé de regagner précipitamment la France, où l'amnistie de 1859 n'avait pu le décider à rentrer. De retour à Paris, il développa ses idées fédéralistes, et les exposa complètement dans son Traité sur le Principe fédératif (1863), qui le ramenait aux questions de politique intérieure. Il se montra très favorable à la reconstitution d'un parti démocratique solidement uni, mais en même temps il recommanda l'abstention aux élections de 1864, en guise de protestation formelle contre le gouvernement de l'Empire (Les Démocrates assermentés ; 1863). En 1864, il publia dans le Messager de Paris de Nouvelles observations sur l'unité italienne, et acheva le manuscrit de la Capacité des classes ouvrières, sorte de manuel pratique de la politique fédéraliste et abstentionniste. ll mourut l'année suivante, de maladie de cœur et de congestion.

Il laissait de très nombreux ouvrages inédits, plus ou moins achevés, sur les matières les plus diverses d'économie politique, d'histoire, de morale, de politique, de littérature et d'art ; il en a été publié une partie dont les plus remarquables, avec la Capacité politique, sont : Théorie de la propriété (1866), en faveur de la réforme de la propriété par sa généralisation et par l'institution d'un système de garanties ; Théorie du mouvement constitutionnel (1870), critique des constitutions françaises depuis 1789, d'où se dégage l'idée de la supériorité d'un État décentralisé ; Du principe de l'art (1875), un plaidoyer pour la peinture réaliste et pour l'art social de l'avenir. Proudhon a aussi laissé une correspondance extrêmement précieuse, qui a été recueillie en 14 vol. in-8 (1875).

Philosophie politique

Le "premier anarchiste"

Il y eut de nombreuses personnes avant lui à s'opposer aux autorités, mais il est le premier à se qualifier d'anarchiste dans sa thèse (Qu'est-ce que la propriété ?) publiée en 1840, sous la forme d'un dialogue:

« Eh! pouvez-vous le demander, répond sans doute quelqu'un de mes plus jeunes lecteurs; vous êtes républicain.

-Républicain, oui ; mais ce mot ne précise rien. Res publica, c'est la chose publique ; or quiconque veut la chose publique, sous quelque forme de gouvernement que ce soit, peut se dire républicain. Les rois aussi sont républicains.

- Eh bien! vous êtes démocrate ?

-Non.

-Quoi! vous seriez monarchiste ?

-Dieu m'en garde.

-Vous êtes donc aristocrate ?

-Point du tout.

-Vous voulez un gouvernement mixte ?

-Encore moins.

-Qu'êtes vous donc ?

-Je suis anarchiste. »

Auparavant le terme anarchiste servait à insulter la Gauche durant la Révolution française, il désigne depuis Proudhon la philosophie politique anarchiste.

La propriété c'est le vol

Selon Proudhon, de même que l’esclavage c’est l’assassinat de l’homme, la propriété c’est le vol. Si, écrit-il dans Qu’est-ce que la propriété ? (1840) : »tel auteur enseigne que la propriété est un droit civil, né de