mardi 28 février 2006

Crise des missiles de Cuba

Source : Wikipedia.

Du 22 octobre au 31 octobre 1962, le monde fut au bord de la guerre nucléaire.

Événements précurseurs de la crise

Durant les années 50, les États-Unis contrôlent plus ou moins l'île de Cuba depuis l'indépendance de l'île vis-à-vis de l'Espagne (1898). En janvier 1959, le dictateur Fulgencio Batista est renversé par une guérilla soutenue par le peuple cubain, avec à sa tête Ernesto « Che » Guevara et Fidel Castro.

Fidel Castro entreprend rapidement, le 17 mai une réforme agraire, et chasse les compagnies états-uniennes de Cuba, dont United Fruit Co.

Le 21 octobre 1959 les États-Unis lancent une attaque sur La Havane. Deux avions mitraillent la ville, causant 2 morts et 50 blessés.

Le 15 avril 1961, 1500 hommes soutenus par une force aérienne débarquent dans la Baie des Cochons. Ces troupes sont principalement constituées d'exilés anticastristes, entraînés par la CIA dans un camp au Guatemala, dans le cadre d'une opération financée par l'administration Eisenhower. Différentes villes sont bombardées, mais les forces cubaines viennent à bout de cette invasion. Très peu de combattants ont été tués quant aux autres, définis par Fidel Castro comme des "guzanos" (vermine), ils ont été faits prisonniers pour pouvoir échanger leur liberté contre des médicaments.

Le 24 avril 1961, J. F. Kennedy qui succède à D. Eisenhower, déclare assumer la pleine responsabilité de cette action, l'embargo contre Cuba commence alors.

En novembre 1961, les États-Unis déploient 15 missiles Jupiter en Turquie, capables d'atteindre le territoire soviétique et 30 autres en Italie.

Début de la crise

En mai 1962, Nikita Khrouchtchev déclenche l'opération « Anadyr » et envoie 50 000 soldats, 36 missiles nucléaires SS-4 et 2 SS-5 et 4 sous-marins à Cuba pour le défendre de nouvelles invasions potentielles des États-Unis et pour rééquilibrer les forces nucléaires.

Cette île alliée de l'Union soviétique, considérée comme ennemi en pleine guerre froide, et contrôlée partiellement par l'armée des États-Unis, à Guantanamo se trouve à moins de 200 km de la Floride. Cela rend le territoire des États-Unis vulnérable à ces missiles, ceux-ci ne pouvant être détectés avec suffisamment d'avance pour garantir la riposte immédiate exigée par la politique de dissuasion. À l'inverse les États-Unis se trouvent dans l'impossibilité d'envahir l'île avec des méthodes conventionnelles.

Le 2 octobre 1962 débute l'opération « Kama ». 4 sous-marins d'attaque diesel-électrique de classe Fox-trot appareillent de la presqu'île de Kola. À bord des torpilles nucléaires (la nature "nucléaire" de ces torpilles ne sera connue qu'en 2001 ; leur utilisation aurait déclenché un conflit atomique à l'initiative de l'URSS !). Les commandants Shumkov, Ketov, Savisky et Dubivko avaient pour mission de rejoindre le convoi de cargos soviétiques qui faisait route vers Cuba avec à leur bord les missiles nucléaires destinés à compléter le dispositif en place à Cuba. Ils avaient pour mission de protéger le convoi, si besoin au prix du torpillage des navires qui tenteraient de s'interposer.

John Mc Call, directeur de la CIA rend compte au Conseil National de Sécurité que compte tenu des mauvaises conditions météo, les prises de vues par les avions espions U2 sont impossibles.

Le 13 octobre, les sous-marins soviétiques franchissent la barrière Açores - Terre-Neuve, après avoir essuyé le 9, une tempête qui a causé à bord des avaries.

Le 14 octobre, le Major Enderson, à bord de son U2, survole les sites d'installation des missiles et prend des photographies aériennes. Le 15, la lecture des films révèlent aux États-Unis que l'URSS était en train d'installer des missiles SS-4 à tête nucléaire à Cuba. Le niveau de préparation des sites laisse penser que les missiles seront opérationnels dans une semaine.

Le 16 octobre, le Président Kennedy informé convoque le Conseil national de Sécurité. Kennedy prône une action militaire directe. Mc Namara, propose un blocus maritime de l'île jusqu'au retrait des missiles de Cuba.

Le 22 octobre, alors que l'Amiral Enderson annonce que la mise en place du blocus maritime prendra environ 14 jours, Mc Call informe le président de la présence de 4 sous-marins soviétiques. JFK annonce au peuple américain la teneur des informations révélées par l'avion U2 et les mesures de blocus naval décidées. Il demande à Khrouchtchev l'arrêt des opérations en cours.

Le 23 octobre l'ordre de blocus est signé par JFK. Les sous-marins soviétiques atteignent la ligne de blocus en même temps que les navires de la flotte US. Moscou ne peut en être informé à cause de la saturation des réseaux de communication. La liaison enfin rétablie, les commandants des sous-marins reçoivent de Moscou l'ordre de poursuivre leur route. Khrouchtchev fait savoir à JFK, par le biais d'un homme d'affaire américain en voyage à Moscou qu'il continuera son action : « Si les USA veulent la guerre, alors nous nous retrouverons en enfer ».

Le 24 octobre à 10h00, le blocus est en place. 30 cargos soviétiques sont en route. Parmi eux 4 ont des missiles nucléaires dans leurs soutes. Deux arrivent sur la ligne de blocus : le Khemov et le Gagarine. À 10h25 les cargos stoppent. Khrouchtchev ne juge pas utile de rompre le blocus. Les missiles déjà en place à Cuba suffisent.

Le 25, 12 cargos rebroussent chemin. Les autres poursuivent leur route.

Le 26, un des sous-marins est détecté au sonar. La chasse est lancée.

Le 27 octobre, l'U2 du major Enderson est abattu. Khrouchtchev n'avait pas donné cet ordre. Il ne souhaitait pas accomplir le premier geste. Mais le Conseil national de Sécurité analyse cette action comme une escalade. JFK donne l'ordre en cas de nouvelle agression de bombarder les sites de missiles.

Le 28 octobre, la CIA annonce que 24 missiles sont désormais opérationnels et pointés sur des objectifs sur le sol américain. Khrouchtchev annonce sur radio Moscou qu'il donne l'ordre de démanteler les sites de missiles. La chasse aux sous-marins bat son plein. Deux d'entre eux font surface, batteries à plat, pour les recharger. Ils font comprendre aux navires de la Navy de ne pas les provoquer. Dubivko, lors d'une manœuvre se fait arracher son mat d'antenne par un de ses poursuivants. Il prend cette action comme une manœuvre délibérée. Shumkov est toujours en plongée. Trois grenades d'exercices sont lancées par son poursuivant pour lui intimer l'ordre de faire surface. Il choisit de plonger en lançant un leurre. Le bruit de ce dernier est pris pour un lancement de torpille, puis sa manœuvre d'évasion est éventée. À bout de ses réserves d'oxygène, Shumkov fait surface au milieu de 4 contre torpilleurs de la Navy. Rendant compte de la situation à Moscou, il se voit intimer l'ordre de se tenir en mesure de réagir. Une torpille nucléaire est insérée dans le tube lance torpille numero 1.

Le 1er novembre trois des quatre sous-marins sont détectés. Ketov est toujours introuvable. Les sous-marins sont raccompagnés en haute mer.

Le 7 novembre, Khrouchtchev accepte que les cargos soient inspectés par les navires de la Navy. La crise est évitée de peu. On ne saura qu'en 2001 que les sous-marins soviétiques étaient armés de torpilles à tête nucléaire.

Fin de la crise

Le retrait des missiles (décidé par Nikita Khrouchtchev le 25 octobre) après engagement écrit de non-invasion de Cuba par le président Kennedy. Cette clause de non-engagement est vue aujourd'hui comme un point très important de la négociation : il aurait accéléré la sortie de crise en permettant aux Russes de sauver la face.

Les Soviétiques retirent leurs missiles de Cuba et les États-Unis les missiles Jupiter de Turquie. Le retrait des Jupiter dût cependant rester secret. L'URSS crût alors marquer un point de plus avec le retrait des Jupiter. Mais ils furent trompés, car le retrait des Jupiter avait été décidé par JFK avant la crise. Les Jupiter furent retiré en 1963.

Les 2 gouvernements décident de construire le téléphone rouge pour avoir une relation directe entre les chefs d'État.

L'affaire des missiles est devenue depuis un cas d'école en théorie des jeux à somme non-nulle. Chaque étape en est minutieusement examinée avec inventaire des réponses possibles de chaque partie, et des risques associés. L'étude suggère que la crise ne pouvait se résoudre de façon rationnelle que comme elle l'a été.

22 novembre 1963: JFK est assassiné à Dallas. 1964: Khrouchtchev est limogé.

Chronologie des événements

Les États-Unis qui participèrent à l'indépendance de Cuba vis-à-vis de l'Espagne, gardèrent le contrôle sur l'île jusqu'en 1902, ils gardèrent un contrôle indirect de l'île jusqu'à la révolution castriste.

  • janvier 1959 : Fidel Castro renverse le dictateur d'extrême droite Fulgencio Batista. Les USA sont le second pays du monde à reconnaître le nouveau régime, juste derrière l'URSS.
  • 17 mai 1959 : une réforme agraire, et chasse des compagnies américaines, dont United Fruit Co, de Cuba.
  • 21 octobre 1959 : attaque de 2 avions des États-Unis sur la Havane
  • novembre 1961 : installation de missiles Jupiter américains en Turquie
  • 3 janvier 1961 : suite à des saisies de propriétés privées appartenant à des sociétés américaines (en particulier quelques hôtels), rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba.
  • 16 avril 1961 : tentative américaine de débarquement (16-20 avril) anticastriste à Cuba dans la Baie des cochons. La tentative est un échec.
  • 1er mai 1961 : Ernesto "Che" Guevara proclame le caractère socialiste de la révolution cubaine.
  • 14 février 1962 : exclusion de Cuba de l'Organisation des États Américains (OEA).
  • 2 septembre 1962 : « renforcement » de l'aide soviétique à Cuba.
  • 13 septembre 1962 : les États-Unis mettent en garde Moscou contre l'installation de missiles à Cuba.
  • 22 octobre 1962 : début du blocus naval US (jusqu'au 31 octobre). Les journaux de l'époque évoquent un risque élevé de guerre.
  • 25 octobre 1962 : les navires soviétiques en route pour Cuba, bloqués, font demi-tour.
  • 28 octobre 1962 : Nikita Khrouchtchev annonce le démantèlement des armes offensives installées à Cuba, en contrepartie de l'engagement de non-invasion de l'île de John F. Kennedy et du démantèlement des missiles Jupiter en Turquie. Cet accord enclenche la fin de la crise.
  • 30 octobre 1962 : ultime échange de lettres entre Fidel Castro et Khrouchtchev.
  • 20 novembre 1962 : Castro accepte le retrait des bombardiers soviétiques et Kennedy la fin de la quarantaine.

Liens externes

Consensus et prise de décision

Étymologie

Consensus est un mot latin qui signifie « accord », « conformité de sentiments ». Il a été lexicalisé dans la langue française au XIXe siècle sous le sens de « large accord ». Le mot latin dissensus, bien qu'il ne soit pas lexicalisé en français (il n'apparaît pas dans les dictionnaires) est parfois utilisé pour designer soit l'échec d'une recherche de consensus, soit l'attitude qui consiste à vouloir opposer les différentes opinions sans chercher à les rapprocher.

Du fait du changement de sens récent qui fait du consensus une « simple » large majorité, on en vient à parler de « consensus absolu » ou de « consensus parfait » pour désigner un accord qui ne recueille aucune opposition.

Par ailleurs, la prononciation du mot est couramment fautive : on doit dire kɔ̃nsɛ̃sys (la deuxième syllabe se prononce sain) et non kɔ̃nsɑ̃sys.

Prise de décision par consensus

Il y a de nombreuses façons, pour un groupe, de prendre des décisions, et aucune d'elles n'est parfaite. La plupart d'entre nous ont été élevés dans une culture qui considère que la démocratie occidentale est la meilleure, et que le vote est le seul pouvoir qui peut servir aux gens. Il apparaît pourtant une grande désillusion quant aux potentiels de ce système pour une collégialité dans la prise de décision, et encore plus, à une plus grande échelle, pour changer quoi que ce soit dans le système. La démocratie devient le système qui permet soit d'élire un gouvernement, soit un exécutif ou comité de pilotage, qui prend toutes les décisions, et déçoit trop souvent.

Habituellement, lors d'un vote démocratique, à n'importe quelle échelle, une minorité importante est mécontente du résultat. Et même si cette minorité accepte la décision prise, parce qu'elle accepte la « règle du jeu », elle résistera activement ou essayera d'atténuer les conséquences de cette décision jusqu'à la prochaine opportunité de vote.

Le compromis est une autre méthode pour prendre une décision, habituellement par la négociation. Deux parties, ou plus, annoncent leur position respective et la changent petit à petit, par des concessions mesurées. La négociation peut conduire à une insatisfaction des deux parties, car personne n'est totalement satisfait.

A côté de ça, le consensus est un moyen de prendre une décision qui fait appel à la créativité de chacun. C'est un processus dans lequel aucune décision ne peut être prise tant que tous les participants ne l'acceptent. Ca peut être long à mettre en place, car le consensus est le produit patient de toutes les meilleures idées et volontés dans un groupe, dans un esprit de cohésion et d'équilibre. Les minorités sont entendues au cours du processus, et pas seulement à la fin : la décision est élaborée collectivement.

Mise en place du processus

Il y a de nombreuses façons pour trouver un consensus, mais nous vous proposons cette procédure simplifiée, pour comprendre les mécanismes.

  1. Le problème, ou la décision à prendre, est défini et nommé. Cette étape préliminaire aide à séparer la problématique à traiter des enjeux personnels.
  2. Faire fuser toutes les solutions possibles (brainstorming) pour résoudre le problème ou répondre à la question. Les écrire toutes, même les plus folles.
  3. Se réserver un moment dans le processus pour les questions diverses et la clarification de la situation.
  4. Discuter et débattre des propositions écrites, les modifier, les regrouper, et en faire une liste, la plus courte possible. Lesquelles sont les préférées du groupe ?
  5. Bien expliquer toutes les propositions, et leurs différences pour que tout le monde comprenne bien (on peut utiliser là l'ancienne méthode qui consiste à donner un temps égal à quelqu'un qui est pour et quelqu'un qui est contre la proposition pour s'exprimer).
  6. Discuter les « pour » et les « contre » de chaque proposition. Faire en sorte que chacun puisse s'exprimer (tour de table, petits groupes...).
  7. S'il y a une opposition majeure, recommencer au point 6. Il est parfois nécessaire de recommencer au point 4.
  8. S'il n'y a pas d'opposition majeure, faire état de la décision et voir s'il peut y avoir un accord.
  9. Reconnaître les objections mineures et incorporer des petits amendements.
  10. Discuter de la proposition, et vérifier le consensus.

Le droit de veto

Le droit de veto, détenu par chacun sur une proposition du reste du groupe, est la pierre angulaire de la méthode du consensus. La « permission » de chaque membre du groupe est indispensable pour prendre une décision, c'est pourquoi écouter et répondre à tous les participants et prendre en compte tous les avis devient la préoccupation du groupe dans son ensemble.

Ce qui fait que le résultat n'est pas seulement un groupe plus égalitaire, mais aussi un groupe plus « satisfait », dans lequel chaque membre a une chance de se sentir important au sein du groupe. Les responsabilités sont mieux partagées, les membres sont plus réceptifs aux autres, et l'envie de faire des choses ensemble est partagée. Le veto sur une proposition qui a demandé de longues discussions et une synthèse ardue est un acte sérieux. Il peut être fait en ayant bien pesé le pour et le contre, comme un ultime recours, sur des bases éthiques, ou à cause des conséquences qu'une décision peut avoir. Il peut aussi être fait à cause d'une émotion forte (peur, dégoût), mais en aucun cas à cause de préférences personnelles ou d'impulsions égocentriques.

Quand la prise de décision a fait son chemin, prenant en compte des opinions diverses, se modifiant, et que quelqu'un est toujours en désaccord avec la solution trouvée, il y a d'autres formes que le veto à envisager, qui ne contrent pas le processus. Par exemple, ne pas soutenir une décision : « Je ne ressens pas le besoin de ça, mais je peux quand même participer ». Ou encore rester réservé : « Je pense que ça peut être une erreur, mais je peux l'assumer ». Ou ne pas s'impliquer : « Je ne participerais pas, mais je n'empêcherais pas les autres de le faire ».

Dans certaines descriptions du processus de prise de décision par consensus, la notion existe que quelqu'un qui sent le besoin de faire un véto sur une proposition devrait envisager de se retirer du groupe, au moins pour un temps. Or, cette idée tend à l'inverse extrême du but de la méthode : plutôt que d'encourager l'inclusion des opinions et des souhaits de tous, ceux et celles qui ont une opinion minoritaires risquent de se sentir obligés de s'exclure du groupe. L'eventualité d'une exclusion du groupe est, pour certains, un mécanisme tout à fait opposé au principe d'inclusivité de la méthode de consensus, tendant à exclure ceux et celles qui sont non-conformistes, plutôt que d'encourager les critiques envers l'opinion majoritaire.

Les prises de décision par nombreuses communautés virtuelles, comme celles de la Wikipédia, souvent suivent ce type d'approche.

Liens externes

Source : Prise de décision par consensus et Consensus (Wikipedia).

Pensée de groupe

La pensée de groupe ou GroupThink est un terme inventé par Irving Janis en 1972. Le terme décrit le processus selon lequel un groupe peut prendre de mauvaises décisions ou des décisions irrationnelles. Dans une situation de pensée de groupe, chaque membre du groupe essaye de conformer son opinion à ce qu'il croit être le consensus du groupe. La conséquence en est une situation dans laquelle le groupe finit par se mettre d'accord sur une action que chaque membre du groupe croit peu sage.

La définition originale de Jarvis est :

a mode of thinking that people engage in when they are deeply involved in a cohesive in-group, when the members' strivings for unanimity override their motivation to realistically appraise alternative courses of action.

Le terme rappelle ceux utilisés par George Orwell dans 1984, tel que DoubleThink et NewSpeak.

Autre terminologie: Décisions absurdes.

La pensée de groupe se produit généralement lors de réunions de groupe.

Parmi les mécanismes utilisés par les managers, il est suggéré de placer la responsabilité et l'autorité de la prise de décision finale dans les mains d'une seule personne, vers laquelle les autres se tournent pour avis.

Une autre option consiste à pré-sélectionner une personne qui aura le rôle de s'opposer à toute suggestion présentée, aidant ainsi les différents membres du groupe à présenter leurs propres idées, et mettant en évidence les défauts de raisonnement des autres. L'identification du rôle de cette personne permet de limiter la stigmatisation associée avec le fait d'être le premier à prendre une position négative.

Une autre solution est celle consistant à mettre à disposition un moyen de réponse (feed-back) anonyme (boîte à idée, discussion anomyme en ligne). Les points de vue négatifs ou dissonants pouvent ainsi être exprimés sans que l'individu soit identifié. De cette façon, le capital social du groupe est préservé, puisque tous les membres du groupe ont autant de chance d'être à l'origine du désaccord.

A noter que la pensée de groupe, prenant le pas sur la personnalité de l'individu, trouve son parallèle, sous forme souvent exacerbée, dans les effets de foule.

Voir aussi : Les décisions absurdes.

Source : Wikipedia.

Erving Goffman - métaphore théatrale et métaphore du rituel

Erving Goffman est un sociologue américain d'origine canadienne né à Mannville, Alberta Canada, le 11 juin 1922 et décédé à Philadelphie, en Pennsylvanie, le 19 novembre 1982.

Biographie

Commençant des études de sociologie à l'université de Toronto (1944), puis à l'université de Chicago, il part pour les Îles Shetland, au nord de l'Écosse, observer la vie locale pendant douze mois. Il se fait passer pour un étudiant intéressé par l'économie agricole : en réalité, il collecte des données pour sa thèse de doctorat qu'il soutient en 1953.

Déménageant en 1954 pour Washington, accompagné de son épouse Angelica Choate et son fils Tom, Goffman décide d'aller vivre plusieurs mois parmi des fous, dans un asile, observant la vie des reclus. Enseignant à l'université de Californie de Berkeley depuis 1958, il est nommé professeur en 1962. Entre temps, il a publié Asiles, sur base de son séjour dans la clinique de Sainte-Élisabeth, introduisant la notion d'Institution totale. En 1963, il publiera Stigmate. Son épouse sombre dans la folie et se suicide en 1964.

Il se centre non sur l'individu, mais sur l'interaction, usant de métaphores didactiques. Avec La présentation de soi (la mise en scène de la vie quotidienne, tome 1), il développe la métaphore théâtrale, considérant les personnes en interaction comme des acteurs qui mènent une représentation. Dans Les rites d'interaction, il parle de métaphore du rituel pour rendre compte des rencontres face à face.

Après un séjour à Harvard, au Center for International Affairs, il occupera une chaire à l'université de Pennsylvanie. En 1974, il publie Les cadres de l'expérience, s'inspirant de la métaphore cinématographique. La vie est, selon lui, composée de multiples constructions de la réalité, des cadrages, qui s'articulent les uns aux aux autres. En 1981, il se remarie avec Gillian Sankoff, avec laquelle il a une fille Alice. Il meurt le 20 novembre 1982 à 60 ans.

Métaphore théâtrale

Goffman, dans La présentation de soi, envisage la vie sociale comme une scène (région où se déroule la représentation), avec ses acteurs, son public et ses coulisses (l'espace où les acteurs peuvent contredire l'impression donnée dans la représentation). Il nomme façade différents éléments avec lesquels l'acteur peut jouer, tel le décor, mais aussi la façade personnelle (signes distinctifs, statut, habits, mimiques, sexe, gestes, etc.). Les acteurs se mettent en scène, offrant à leur public l'image qu'ils se donnent. Ils peuvent avoir plusieurs rôles, sans qu'il y en ait un plus vrai que l'autre, et prendre leur distance vis-à-vis d'eux, jouant sur la dose de respect à la règle qu'il juge nécessaire ou adéquat.

Les acteurs en représentation construisent une définition commune de la situation. Une fausse note est une rupture dans cette définition, suite à une gaffe ou un impair commis par un ou plusieurs acteurs. Cela produit une représentation contradictoire, une remise en question de la réalité commune, causant un malaise général. Pour éviter ces impairs, des techniques de protection, aussi appelé tact, sont mises en œuvre, comme les échanges réparateurs telles les excuses ritualisées, les aveuglements par délicatesse, etc.

Un individu est dit stigmatisé lorsqu'il présente un attribut qui le disqualifie lors de ses interactions avec autrui. Cet attribut constitue un écart par rapport aux attentes normatives des autres à propos de son identité2. Chaque individu est plus ou moins stigmatisé en fonction des ciconstances, mais certains le sont plus que d'autres : tous peuvent être placés sur un continuum. Les stigmates sont nombreux et variés : parmi eux, le passé des individus, les handicaps, les tares de caractère, l'homosexualité, l'appartenance à un groupe donné, etc. L'acteur va donc tout mettre en œuvre afin de cacher ce stigmate ou en tout cas d'éviter qu'il ne constitue un malaise chez son public. Goffman nomme contacts mixtes les interactions à risques entre normaux et stigmatisés. Le risque de fausse note y est théoriquement plus élevé.

L'auteur met toutefois en garde ses lecteurs contre le risque de prendre trop au sérieux cette métaphore.

Métaphore du rituel

La face est la valeur sociale positive qu'une personne revendique effectivement à travers une ligne d'action que les autres supposent qu'elle a adoptée au cours d'un contact particulier, explique Goffman dans Les rites d'interaction. En interaction avec d'autres, la règle fondamentale que doit respecter tout individu est de préserver sa face et celle de ses partenaires. C'est la condition de possibilité de toute interaction, car la face est sacrée. Un travail de figuration assure le respect de sa face et celle des autres, évitant de les compromettre : c'est le tact, le savoir-vivre ou encore la diplomatie. Des échanges réparateurs viennent rétablir l'ordre lorsqu'un incident a eu lieu : le(s) fautif(s) s'excuse(nt), le public lui pardonne, afin de retrouver un équilibre.

Dans toute interaction, un certain niveau d'engagement est requis, ainsi qu'un soutien à l'engagement des autres. Cet engagement peut être défini par le maintien d'une attention intellectuelle et affective pour l'objet officiel de l'interaction. Il n'est pas facile à maintenir, mais si c'est le cas, l'interaction est joyeuse, elle marche.

Source : Wikipedia.

Influence sociale

L' influence sociale ou la pression sociale est l'influence exercée par un groupe sur chacun de ses membres aboutissant à lui imposer ses normes dominantes en matière d'attitude et de comportement.

Définition

L'influence sociale correspond à la modification des attitudes, croyances, opinions d'un individu ou d'un groupe suite au contact avec un autre individu ou groupe. On distingue classiquement trois types d'influence sociale : le conformisme, la soumission à l'autorité, l'innovation.

Le conformisme : l'expérience de Solomon Asch (1952)

- Cette expérience met en jeu un groupe composé de 7 à 9 « compères » (des complices du chercheur) et d'un sujet « naïf » (le véritable sujet de l'expérience). La tâche proposée au groupe est la suivante : il va s'agir de comparer un segment témoin à trois autres, parmi lesquels un seul a la même longueur que le segment témoin.

Comparer la taille d'un segment à 3 autres

Comme on le voit, cette tâche est d'une simplicité enfantine et devrait se solder par une performance avoisinant les 100% pour tous les sujets. Chacun d'entre eux répond à tour de rôle et à haute voix, le sujet « naïf » étant placé en avant-dernière position. On réalise 18 essais ; dans 12 de ces essais, les « compères » donnent une mauvaise réponse de manière unanime. Les résultats montrent que dans cette situation, 33% des sujets « naïfs » donnent une réponse conforme à celle des « compères ».

- Comment expliquer le conformisme ? Dans une situation de groupe, l'unanimité plaide en faveur de l'exactitude de l'opinion exprimée. De plus, généralement, les individus craignent la désapprobation sociale. En résumé, le conformisme s'explique par deux types d'influence : une influence informationnelle (le groupe a raison contre l'individu) et une influence normative (il est plus coûteux de subir la désapprobation du groupe que de se conformer).

- Facteurs influençant le conformisme : ce sont logiquement tous les facteurs qui vont impliquer l'influence informationnelle et/ou l'influence normative (par exemple, la taille du groupe, la difficulté de la tâche, l'attrait du groupe, la confiance en soi du sujet « naïf », etc.).

La soumission à l'autorité : l'expérience de Stanley Milgram (1963)

Cette expérience mesure les limites de l'obéissance à l'autorité. Les résultats de l'expérience montrent que l'absence de sens critique face à l'autorité empêche une majorité d'individu de réagir de manière consciente et volontaire en lui désobéissant, comme ce devrait normalement être le cas quand l'ordre intimé est injuste. Voir la description détaillée de cette expérience.

L'innovation : l'expérience de Serge Moscovici, Elisabeth Lage et Martine Naffrechoux (1969)

- L'expérience se déroule en deux phases : dans la première, la tâche proposée consiste à juger la couleur et l'intensité lumineuse de 6 diapositives bleues. Les groupes expérimentaux sont composés de 4 sujets naïfs et 2 « compères ». Tout le monde donne sa réponse à tour de rôle et à haute voix. Les « compères » répondent soit en position 1 et 2 soit en position 1 et 4 et donnent systématiquement une mauvaise réponse pour la couleur : « vert » au lieu de « bleu ». Les groupes contrôle sont quant à eux composés de 6 sujets « naïfs » qui donnent leurs réponses par écrit. Dans la situation expérimentale, les participants se rallient à la mauvaise réponse donnée par les « compères » dans 8,25% des cas contre 0,25% dans les groupes contrôle. Dans la deuxième phase, les mêmes participants que lors de la première phase reçoivent pour tâche de juger la couleur de pastilles plus ou moins bleues ou plus ou moins vertes. Les résultats montrent alors que dans la situation expérimentale, le seuil de détection du vert était plus faible que dans le groupe contrôle.

- On voit que l'innovation renvoie à un processus d'influence d'une minorité, à l'opposé du conformisme examiné précédemment qui correspond à un processus d'influence majoritaire. Quelles sont les conditions d'efficacité d'une influence minoritaire ? Elles se résument à un mot : la consistance, tant interne (ou intra-individuelle : la personne semble convaincue de ce qu'elle affirme) que sociale (ou inter-individuelle : le groupe minoritaire adopte une position ferme et valide). Le sens commun véhicule l'idée qu'une minorité d'individus ne peut guère influencer une majorité écrasante. La psychologie sociale montre précisément le contraire : tandis que l'influence majoritaire (conformisme) implique un changement temporaire et de façade (je suis l'avis du groupe dans une situation particulière), l'influence minoritaire induit un changement beaucoup plus profond et insidieux et bien sûr plus durable pouvant amener à une conversion brutale (tout commence avec la réflexion courante : « tout de même, ces gens répètent la même chose depuis des années avec une telle certitude, il doit y avoir quelque chose de vrai dans ce qu'ils racontent »). Dans cette optique, les recherches sur l'influence minoritaire prennent tout leur sens : qu'on songe un instant à certains partis politiques extrémistes, minoritaires mais diablement consistants et qui ne cessent de gagner du terrain à chaque élection...

Source : Wikipedia.

L'expérience de la prison de Stanford

L'expérience de la prison de Stanford est une expérience qui visait à étudier l'effet que peut avoir le pouvoir. Les sujets ont été divisés en deux groupes complètement au hasard et des rôles leurs ont été donnés. Les gardiens et les prisonniers.

Elle se déroula durant l'année 1971, à l’Université de Stanford, aux États-Unis.Cette expérience fut menée par le professeur Philip Zimbardo.

Un film allemand réalisé en 2001 met en scène cette expérience, il s'agit de L'Expérience (Das Experiment) qui est représentatif de ce qui s'est passé mais romancé.

L'Expérience (titre original : Das Experiment) est un film allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel sorti en 2001. Ce film s'appuie sur le livre de Mario Giordano.

Synopsis du film L'Expérience

Attention : Ce qui suit dévoile tout ou partie de l'œuvre !

Dans le cadre d'une étude comportementale, vingt hommes sont sélectionnés pour une expérience. Huit d'entre eux se voient attribués la fonction de gardiens de prison et douze celle de prisonniers. Les prisonniers se voient attribuer des numéros qui remplaceront leur nom durant l'expérience. Personne ne peut, dans la prison, appeler un prisonnier par son nom, les prisonniers doivent se parler avec leur numéros. Pendant deux semaines, les expérimentateurs étudient les comportements à l'aide de caméras de sécurité.

En quelques heures, les « gardiens » se mettent à prendre leur rôle trop au sérieux, en particulier Berus (Justus von Dohnanyi), deviennent sadiques, et les prisonniers se sentent pris au piège. L'un d'entre eux est un peu rebelle. Son nom est Tarek Fahd (Moritz Bleibtreu) et il a une raison pour agir comme il le fait : il doit effectuer un reportage pour un grand journal. Un autre est colonel dans l'armée de l'air (Christian Berkel), un homme calme et froid qui essaie d'observer ce qui se passe.

Même si la violence est prohibée dans cette prison fictive, les gardiens ne tardent pas à soumettre les prisonniers, plus particulièrement "77", Tarek Fahd, le fauteur de troubles, toujours en tension avec Berus.

Dès la deuxième journée, l'expérience échappe totalement aux expérimentateurs par la révolte des prisonniers et la réprimade brutale des gardiens, menés par Berus.

Un gardien sera même passé à tabac et emprisonné par ses collègues après avoir voulu aider Tarek à communiquer avec l'extérieur.

L'Expérience dérapera totalement lors du départ du docteur Thon par l'emprisonnement des assistants et le cloisonnement total des gardiens.

Voir aussi

Sources : L'expérience de Stanford et L'Expérience (Wikipedia).

lundi 27 février 2006

L'Or du Rhin

Source : Wikipedia.

L'Or du Rhin (Das Rheingold en allemand) est le premier des quatre opéras qui composent L'Anneau du Nibelung (Der Ring des Nibelungen), de Richard Wagner. La première fut jouée au Théâtre National de la Cour de Munich le 22 septembre 1869, avec August Kindermann dans le rôle de Wotan, Heinrich Vogl dans le rôle de Loge, et Wilhelm Fischer dans le rôle d'Alberich.

Scène I

Les rideaux se lèvent. Sur le lit du Rhin, trois jeunes ondines, les Filles du Rhin (Woglinde, Wellgunde, et Flosshilde) sont en train de jouer. Alberich, un nain de Nibelung, apparaît depuis les profondeurs de la terre et essaye de leur faire la cour. Frappées par sa laideur, les jeunes ondines se moquent de ses avances, et Alberich commence à s'énerver. Il remarque un éclat doré qui provient d'un proche rocher, et leur demande ce que c'est. Les ondines lui disent que c'est l'or du Rhin, que leur père leur a dit de garder; celui qui renonce à l'amour peut en faire un Anneau magique, qui laissera son porteur régner sur le monde. Elle pensent n'avoir rien à craindre de ce nain lubrique, mais Alberich a été tout aigri par leurs moqueries. Maudissant l'amour, il s'empare de l'or.

Scène II

Wotan, souverain des dieux, est endormi au sommet d'une montagne avec Fricka, sa femme. Fricka se réveille et voit un magnifique château derrière eux. Elle réveille Wotan et lui montre que leur nouvelle maison a été terminée. Les géants construisirent le château au nom de Wotan, et en échange Wotan leur a offert Freia, la déesse de l'amour. Fricka est inquiète pour sa sœur, mais Wotan est convaincu qu'ils n'auront pas à donner Freia.

Freia entre, terrifiée, suivie des géants Fasolt et Fafner. Fasolt demande la paye pour le travail achevé. Il met en évidence le fait que le règne de Wotan est régulé par les traités gravés dans sa Lance, dont l'un d'eux est contracté avec les géants. Donner (le dieu du tonnerre) et Froh (le dieu du printemps) arrivent pour défendre leur sœur, mais Wotan les arrête: ils ne peuvent arrêter les géants par la force, et avoue leur arrangement.

Au grand soulagement de Wotan, Loge (le dieu du feu) fait son entrée; Wotan a placé tous ses espoirs dans le fait que Loge puisse trouver un moyen rusé de tourner à son avantage l'affaire. Loge leur dit qu'Alberich le nain a volé l'or du Rhin, et en a fait un puissant Anneau magique. Wotan, Fricka, et les géants commencent tous à convoiter l'Anneau, et Loge leur sous-entend qu'ils peuvent le voler à Alberich. Fafner le demande comme payement à la place de Freia. Les géants s'en vont, emmenant avec eux Freia en otage.

Les pommes d'or de Freia avaient gardé les dieux éternellement jeunes; avec leur absence, ils commencent à vieillir et à s'affaiblir. Pour regagner la liberté de Freia, Wotan est forcé de suivre Loge sous la terre, à la poursuite de l'Anneau.

A ce point, il y a une interlude orchestrale qui « peint » la descente de Loge et de Wotan dans le Nibelheim.

Scène III

En Nibelheim, Alberich a esclavagisé le reste des nains de Nibelung. Il a forcé son frère Mime, un habile forgeron, à créer un heaume magique, le Tarnhelm. Alberich démontre le pouvoir du Tarnhelm en se rendant invisible, pour mieux tourmenter ses sujets.

Wotan et Loge arrivent et tombent sur Mime, qui leur parle de la forge de l'Anneau par Alberich, et de la misère de Nibelung sous son règne. Alberich revient, conduisant ses esclaves pour empiler un énorme monticule d'or. Quand ils ont terminé, il les chasse et tourne son attention vers ses deux visiteurs. Il se vante de ses plans pour dominer le monde. Loge le piège en lui faisant montrer la magie du Tarnhelm en se transformant d'abord en dragon, puis en crapaud. Alors les deux dieux s'emparent de lui, et l'amènent à la surface.

Scène IV

Au sommet de la montagne, Wotan et Loge forcent Alberich à échanger sa richesse contre sa liberté. Ils détachent sa main droite, et il utilise l'Anneau pour appeler ses esclaves de Nibelung, qui lui apportent l'entassement d'or. Après que l'or fut délivré, il demande le retour du Tarnhelm, mais Loge dit que c'est une partie de sa rançon. Enfin, Wotan lui demande de céder l'Anneau. Alberich refuse, mais Wotan l'arrache de son doigt et le place sur le sien. Alberich est anéanti par sa perte, et avant de partir il maudit l'Anneau: quiconque ne le possèdera pas, avant qu'il ne lui revienne, le désirera, et quiconque le possèdera, recevra le malheur et la mort.

Fricka, Donner, et Froh arrivent et sont accueillis par Wotan et Loge, qui leur montre l'or qui va servir à racheter Freia. Fasolt et Fafner reviennent, gardant Freia. Réticent à relâcher Freia, Fasolt insiste qu'il doit y avoir assez d'or pour la cacher de ses yeux. Les dieux entassent l'or sur Freia, mais Fasolt découvre une interstice dans l'or, et demande que Wotan retire l'Anneau pour boucher le trou. Ce dernier refuse, et les géants se préparent à enlever Freia.

Soudainement, Erda, la déesse de la terre, l'être le plus sage du monde, apparaît depuis le sol. Elle prévient Wotan de la fatalité imminente, et l'exhorte à éviter l'Anneau maudit. Troublé, Wotan cède l'Anneau et libère Freia. Les géants commencent à se partager le trésor, mais ils se disputent au sujet de l'Anneau. Fafner assome Fasolt à mort, et s'enfuit avec tout le butin. Wotan, horrifié, réalise à quel point la malédiction d'Alberich a de terribles pouvoirs.

Finalement, les dieux préparent leur entrée dans leur nouvelle demeure. Donner invoque un orage pour nettoyer l'air. Après que la tempête s'est estompée, Froh crée un pont arc-en-ciel qui s'étire jusqu'aux portes du château. Wotan les guide d'un bout à l'autre du pont jusqu'au château, qu'il nomme Valhalla. Fricka le questionne au sujet de ce nom, et il lui répond que sa signification sera révélée plus tard.

Loge, qui sait que la fin des dieux est proche, ne suit pas les autres dans le Valhalla; et, loin en-dessous, les Filles du Rhin pleurent la perte de leur or. Les rideaux tombent.

Légende de Midas

Source : Les Métamorphoses - Livre XI.

Ce n'est pas encore assez pour Bacchus : il quitte ces fatales campagnes, et, suivi d'une troupe moins cruelle, il va visiter ses vignobles aimés du Tmole, et les rivages du Pactole, lequel ne roulait pas encore dans ses ondes un sable d'or envié des mortels. Les satyres, les bacchantes, cohorte accoutumée, accompagnent le dieu ; mais Silène est absent. Les pâtres de Phrygie l'ont surpris chancelant sous le poids de l'âge et du vin : ils l'ont conduit, enchaîné de fleurs, au roi Midas, à qui le chantre de Thrace et l'Athénien Eumolpe ont enseigné les rites des Orgies. A peine a-t-il reconnu le nourricier du dieu, le compagnon de ses mystères, que, pendant dix jours et dix nuits il célèbre, par de joyeux festins, l'arrivée d'un tel hôte. Déjà, pour la onzième fois, l'astre du matin avait chassé du ciel l'armée brillante des étoiles, quand Midas, joyeux, ramène le vieux Silène aux champs de la Lydie et le rend à son jeune nourrisson. Charmé d'avoir retrouvé son compagnon, le dieu donne à Midas le choix d'un voeu, qu'à l'avance il exauce ; récompense flatteuse, mais que l'imprudent va rendre inutile. «Fais, dit-il, que tout ce que j'aurai touché se convertisse en or». Bacchus accomplit ce souhait, et lui fait ce don funeste, en regrettant qu'il n'ait pas mieux choisi. Le fils de Cybèle se retire, joyeux de posséder ce qui fera son malheur. Croyant à peine à son pouvoir, il veut en faire l'essai. Une branche de chêne pendait verdoyante au-dessus de sa tête : il l'arrache, et c'est un rameau d'or. Il ramasse un caillou qui jaunit dans ses mains ; il touche une glèbe, et c'est une masse d'or ; il coupe des épis, et il tient une moisson d'or ; il cueille un fruit, et vous croiriez voir un fruit du jardin des Hespérides ; il applique ses doigts aux portes de son palais, et l'or rayonne sur les portes ; il plonge ses mains dans l'eau, et l'eau qui ruisselle de ses mains pourrait tromper une autre Danaé. A peine peut-il contenir sa joie et ses espérances : il ne voit plus que de l'or.

Cependant ses serviteurs dressent devant lui des tables chargées de mets et de fruits. Mais si sa main touche les dons de Cérès, ils se durcissent sous sa main ; s'il veut broyer les mets, changés en lames d'or, ils fatiguent en vain sa dent ; s'il mêle à une eau pure les présents de Bacchus, c'est un or fondu qui coule dans sa bouche. Effrayé de ce malheur étrange, riche et pauvre tout à la fois, il voudrait se soustraire à ces funestes richesses, et ce don qu'il avait désiré, il le déteste. Rien ne peut apaiser sa faim : une soif ardente dessèche son gosier, et l'or, qui lui est devenu odieux, fait son juste supplice. Alors, levant au ciel ses mains et ses bras tout brillants de l'or qu'ils ont touché : «Pardonne, s'écrie-t-il, ô Bacchus, j'avoue ma faute ; pardonne, et écarte de moi ces fatales richesses». Les dieux sont indulgents : Bacchus pardonne à Midas une faute qu'il avoue, et le délivre du présent qu'il lui fit pour accomplir sa promesse. «Va, lui dit-il, si tu veux te dépouiller de cet or dont ton coupable souhait t'a revêtu, va vers le fleuve qui arrose la ville puissante de Sardes, et remonte ses eaux sur la montagne, jusqu'à ce que tu en aies trouvé la source : là, à l'endroit où l'eau sort avec abondance, tu présenteras ta tête à l'onde écumante, et tu laveras tout ensemble et ton corps et ta faute». Midas exécute ces ordres : la vertu qu'il possède passe de son corps dans les eaux et va teindre le fleuve. Et maintenant encore cette vertu des eaux sème l'or sur les bords jaunissants du Pactole.

Désormais ennemi des richesses, Midas aime les forêts et les champs, et il habite, avec le dieu Pan, les antres des montagnes. Mais son intelligence est demeurée épaisse, et sa sottise lui sera encore une fois fatale. Au-dessus des mers qu'il domine, s'élève la haute montagne du Tmole, dont les deux rampes se terminent au pied de Sardes d'un côté, de l'autre au pied de l'humble Hypépis. C'est là que Pan amuse de ses chants les nymphes assemblées, et module des accords sur des roseaux qu'unit la cire. Pan osa préférer ses chants aux chants d'Apollon, et le défier à un combat inégal, dont le Tmole fut choisi pour juge. Le vieil arbitre s'assied sur sa montagne. Il écarte de ses oreilles la forêt qui les couvre ; seulement une couronne de chêne ceint sa chevelure azurée, et des glands pendent autour de ses tempes profondes. Alors, regardant le dieu des troupeaux : «Le juge est prêt», dit-il. Pan aussitôt enfle ses pipaux, et leur rustique harmonie charme Midas présent à cette lutte. Pan avait terminé ses chants : le dieu du mont se tourne vers Phébus ; la forêt qui couvre sa tête a suivi ce mouvement. Phébus a couronné ses cheveux blonds des lauriers du Parnasse ; les plis de sa tunique de pourpre descendent jusqu'à terre, et sa main gauche soutient une lyre ornée d'ivoire et de pierres précieuses : sa main droite tient un archet ; sa pose est celle d'un maître de l'art ; ses doigts savants touchent les cordes. Emu des sons divins qu'Apollon fait entendre, le Tmole prononce que les roseaux de Pan sont vaincus par la lyre. Tous approuvent la sentence du dieu ; seul, Midas la condamne, et l'accuse d'injustice.

Le dieu de Délos ne voulut pas laisser la forme humaine à des oreilles si barbares : il les allonge, les remplit de poils grisâtres et les rend mobiles. Midas a tout le reste d'un homme : il est puni dans cette seule partie de son corps, et ses oreilles sont celles d'un âne. Il veut dérober sa honte et cacher sous un bandeau de pourpre l'outrage de son front. Mais un de ses serviteurs l'a vu ; c'est celui dont la main taille avec le fer les cheveux de son maître. Il n'ose révéler ce qu'il a vu ; et cependant il veut le dire : il ne pourrait se taire. Se retirant à l'écart, il creuse la terre, et, à voix basse, y dépose le secret de son maître ; puis il recouvre la fosse et s'éloigne en silence. Bientôt à cette même place une forêt de roseaux se balance, et l'automne qui les mûrit vient trahir celui qui les a semés ; car les tiges balancées par le zéphyr laissent échapper les paroles confiées à la terre, et racontent le secret des oreilles de Midas.

Jardins suspendus de Sémiramis

Les jardins suspendus de Babylone
Les Jardins suspensus de Babylone, gravure du XVIe siècle par l'artiste néerlandais Martin Heemskerck

Les jardins suspendus de Sémiramis à Babylone, dans l'Irak actuel, sont la deuxième des sept merveilles du monde.

Ils sont célébrés par Diodore de Sicile, Flavius Josèphe et Strabon, qui s'inspirent tous de sources plus anciennes. Ainsi Flavius Josèphe s'inspire des textes d'un prêtre du dieu Mardouk, Bérose qui vivait à Babylone une trentaine d'année après la conquête de la ville par Alexandre le Grand (fin du IVe siècle av. J.-C.). C'est à ce prêtre que l'on doit la probable légende de la construction de ces jardins par Nabuchodonosor II afin de rappeler à son épouse mède les montagnes boisées de son pays natal.

La réalité historique de ces jardins est de nos jours sérieusement remise en cause. Au XIXe siècle l'archéologue H. Rassam situe les jardins au nord de la cité à proximité du palais extérieur. Lors des grandes fouilles allemandes, Robert Koldewey suggère qu'une construction voûtée du palais sud aurait pu supporter un toit en terrasse et ainsi correspondre à l'emplacement de ces fameux jardins. En fait, aucune localisation formelle n'a été trouvée. Ce qui ajoute au doute des archéologues et des historiens c'est qu'aucun des documents cunéiformes trouvés sur le site de Babylone ne fait allusion à ces jardins. Il est en effet curieux qu'un roi comme Nabuchodonosor II qui ne cesse de se féliciter de ses réalisations (murailles, portes, palais...) reste muet sur ces hypothétiques jardins.

Au cours des années 1990, l'assyriologue anglaise Stéphanie Dalley a émis une autre hypothèse qui semble plus plausible, à savoir que les historiens de l'Antiquité aient confondu Ninive et Babylone. En effet, aucune source babylonienne ne mentionne les jardins, aucun auteur grec classique n'y fait allusion (Hérodote par exemple est totalement muet sur le sujet). Les seuls auteurs y faisant référence sont des historiens de l'époque hellénistique ou romaine dont il est fréquent qu'ils confondent les deux capitales des deux empires précédant l'empire perse. Enfin les souverains assyriens, en particulier au VIIe siècle av. J.-C., font construire dans Ninive des jardins. Un texte de Sennachérib évoque ainsi ceux qu'il a fait aménager et décrit les machines nécessaires pour l'irrigation. Un bas-relief du palais d'Assurbanipal montre une colline couverte de végétation et alimentée en eau par un aqueduc et un système de canaux. Par ailleurs, nous savons que, du fait de l'encaissement des cours d'eau, l'irrigation avait recours à un système de « vis sans fin » qui, en tournant, faisait remonter l'eau jusqu'au niveau des cultures. Les cultures ainsi irriguées, semblaient donc suspendues, ou, en tout cas, nettement au dessus du niveau de l'eau. Stéphanie Dalley en conclut que les jardins suspendus étaient donc à Ninive et non à Babylone. Cette explication, quoique probable, reste cependant encore en débat.

Bibliographie

  • Brigitte Lion, À la recherche des jardins suspendus, revue l'Histoire n° 301 (septembre 2005) ;
  • S. de Serdakowska, Les Jardins suspendus de Sémiramis, 1965.

Source : Wikipedia.

Bouddha d'or en Thaïlande

Bouddha d'or

Le Bouddha d'or est une statue en or massif, la plus importante au monde, qui se trouve à Bangkok (Thaïlande) et dont l'histoire est surprenante.

Histoire de la statue

Au début des années 30, des travaux d'aménagement des berges du fleuve Chao Phraya, près du quartier chinois de Bangkok, nécessitèrent la destruction d'un vieux temple abandonné qui contenait une statue de Bouddha en stuc doré. Comme il était hors de question de détruire la statue, malgré son aspect peu attrayant, il fut décidé de la transférer au Wat Traimit, une pagode sans importance comme il en existe des centaines dans la ville et pour qu'elle reste dans le quartier chinois. Le temple n'avait pas de bâtiment susceptible de la recevoir et la statue resta 20 ans dehors sous un simple toît de tôles.

En 1955, un nouveau bâtiment ayant été construit, les moines décidèrent d'y installer la statue. Une grue devait la déplacer avec précaution, mais malencontreusement une élingue cèda et la statue chuta dans la boue. Ce mauvais présage effraya tout le monde et après une fuite générale, la statue se retrouva abandonnée sur le terrain. C'était la saison des pluies, et comme pour donner raison aux mauvais augures, un formidable orage se déchaîna toute la nuit, noyant la ville sous des trombes d'eau.

Au petit matin, le supérieur de la pagode revint quand même évaluer les dégâts, il commença à essayer de laver la statue des traces de boue mais remarqua que le stuc détrempé s'était fendu et laissait apparaître un métal brillant. Après quelques investigations on s'aperçut que sous le stuc, la statue était en or massif. Cette nouvelle fit le tour de la ville, assurant au temple une renommée, une richesse et une fréquentation jamais démentie depuis.

On suppose que la statue, provenant d'Ayutthaya avait été dissimulée sous une couche de plâtre pour la soustraire à la convoitise des Birmans qui assiègaient la ville. Plus tard, transportée à Bangkok, son souvenir s'était perdu et le fait était tombé dans l'oubli pendant presque 200 ans.

Caractéristiques de la statue

Elle a une hauteur de 3m et un poids de 5,5 tonnes. C'est la plus grande statue en or massif au monde. Elle est travaillée dans le style de Sukhothai (1238-1370) mais aurait pû etre fabriquée postérieurement. Sa provenance de l'ancienne capitale Ayutthaya interdit cependant d'envisager une date postérieure à 1750 environ.

Le Bouddha est représenté dans la posture traditionnelle du Bhumisparshamudra (prise de la terre à témoin, la main droite vers le sol). Les statues classiques de style Sukhothai sont assises sur un socle ordinaire. La flamme qui surmonte la protubérance du crâne ou ushnisha est une innovation de Sukhothai qui symbolise le rayonnement de son énergie spirituelle. La ligne de sa coiffure forme un large « V » à la racine des cheveux, soulignée par la courbe élégante des sourcils qui se rejoignent sur l'arête du nez aquilin en forme de « bec de perroquet », selon les règles prescrites. Les trois plis sur le cou et les lobes des oreilles très allongés, signe de son précédent statut de prince, font également partie du code, de même que ses larges épaules, la poitrine gonflée par une imaginaire inspiration.

Source : Wikipedia.

vendredi 24 février 2006

Proverbes japonais

Source : Wikipedia.

Silence

  • 雄弁は銀、沈黙は金
    yûben wa gin, chinmoku wa kin
    La parole est d'argent, mais le silence est d'or
  • 言わぬが花
    Iwanu ga hana
    Les mots qu'on n'a pas prononcés sont les fleurs du silence.

Récompense et punition

  • 蝦で鯛を釣る
    Ebi de tai wo tsuru
    En donnant sans arrière-pensée, on peut recevoir bien plus. (lit., Avec une crevette on peut pêcher un bon poisson)
  • 悪銭身につかず
    akusen mi ni tsukazu
    (le mauvais argent ne reste pas longtemps chez son acquéreur) Bien mal acquis ne profite jamais
  • 因果応報
    inga ôhô
    (même cause, même effet) Qui sème le vent récolte la tempête
  • 思えば、思わるる
    omoeba, omowaruru
    (si l'on aime, on est aimé) Le prix de l'amour, c'est l'amour
  • 嘘は一時
    uso wa ittoki
    (le mensonge n'aide pas longtemps) Le menteur ne va pas loin

Apprendre

  • 人の振り見てわが振り直せ
    Hito no furimite wagafurinaose
    Apprend la sagesse dans la sottise des autres. (lit., Corrige-toi en regardant les autres)
  • 猿も 木から 落ちる。
    Saru mo ki kara ochiru
    L'erreur est humaine. (lit., Même le singe tombe de son arbre)
  • 百聞一見に如かず
    hyakubun ikken ni shikazu
    (mieux vaut voir une fois que d'entendre cent fois) Voir, c'est croire
  • 艱難汝を玉にす
    kan-nan nanji o tama ni su
    (la difficulté vous transforme en bijou) L'adversité rend sage
  • 負けるが勝ち
    makeru ga kachi
    (la défaite est une victoire) Qui perd gagne
  • 六十の手習い
    rokujû no tenarai (les exercices d'écriture d'un sexagénaire)
    On apprend à tout âge.

Discernement

  • 一期一会
    Ichigo ichie
    Toute rencontre est importante, car elle est peut-être unique. (lit., Une fois, une rencontre)
  • 猿の尻笑い
    Saru no chiri warai
    Se moquer des points faibles des autres en ignorant ses propres points faibles (lit., la moquerie des fesses du singe)
    Les macaques japonais sont célèbres pour leurs fesses d'un rouge éclatant. Ce dicton, siginifie que les singes, ignorant avoir eux-mêmes les fesses rouges, se moquent de la couleur des fesses de leurs congénères...
  • 頭隠して尻隠さず
    atama kakushite, shiri kakusazu
    (se cacher la tête et laisser les fesses au dehors) Pratiquer la politique de l'autruche
  • 楯の両面を見よ
    tate no ryômen o miyo
    (regarder les deux côtés du bouclier) Toute médaille a son revers
  • 蝸牛角上の争い
    kagyû kakujô no arasoi
    (une querelle sur les cornes d'un escargot) Une tempête dans un verre d'eau
  • 本末転倒
    hon-matsu tentô
    (intervertir le fondamental et le secondaire) Mettre la charrue avant les boeufs
  • 損して得とれ
    son shite, toku tore
    (tirez profit de la perte) Il faut savoir perdre pour gagner
  • 大山鳴動、ねずみ一匹
    taizan meidô nezumi ippiki
    C'est la montagne qui accouche d'une souris Beaucoup de bruit pour rien

Bonheur

  • 犬も歩けば棒に当たる
    Inu mo arukeba bou ni ataru
    Le bonheur sourit à ceux qui agissent (lit., Même les chiens, s'ils marchent, se cognent au bâton)
  • 笑う門には福来る
    Warau kado niha fuku kitaru
    Le bonheur va vers ceux qui savent rire.

Confiance

  • 果報は寝て待て
    Kahou ha nete mate
    Si tu as fait le maximum, tu n'as plus qu'à attendre tranquillement (lit., Attend la bonne nouvelle en dormant)

Courage

  • 聞くは一時の恥聞かぬは一生の恥
    Kiku ha ittoki no haji kikanu ha isshô no haji
    Demander ne coûte qu'un instant d'embarras. Ne pas demander, c'est être embarrassé toute sa vie.

Agir

  • 思い立ったが吉日
    Omoitatta ga kichijitsu
    N'attend pas pour faire ce que tu as decidé (lit., Le bon jour pour faire quelque chose, c'est le jour où on l'a decidé)
  • 不言実行
    fugen jikkô
    (parler peu, mais agir) Plus d'actes et moins de paroles
  • 虎穴に入らずんば虎児を得ず
    koketsu ni irazunba koji o ezu
    (si l'on n'entre pas dans la tanière du tigre, on ne peut atteindre ses petits) Qui ne risque rien n'a rien

Patience

  • 旅は道連れ
    Tabi ha michidure
    Aucune route n'est longue aux côtés d'un ami.
  • 塵も積もれば山となる
    chiri mo tsumoreba yama to naru
    (poussières entassées font montagnes) Les grandes choses se font petit à petit
  • 石の上にも三年
    ishi no ue ni mo san nen
    (trois ans, même assis sur une pierre)
    La persévérance vient à bout de tout
  • 待てば海路の日和あり
    mateba kairo no hiyori ari
    (qui attend aura beau temps en mer) Tout vient à point à qui sait attendre

Détermination

  • 精神いっとう何事か奈良ならざらん
    seishin ittô nanigoto ka narazaran
    (avec une volonté tenace tout peut être accompli) Vouloir c'est pouvoir

Sagesse

  • 己の頭の蝿をおえ
    onore no atama no hae o oe
    (chassez les mouches de votre propre tête) (occupez vous de vos propres affaires) Que chacun balaie devant sa porte
  • 三人寄れば文殊のちえ
    san-nin yoreba Monju no chie
    (trois personnes ensemble ont la sagesse de Monju) Deux têtes valent mieux qu'une
  • 過ぎたるは猶及ばざるが如し
    sugitaru wa nao oyobazaru ga gotoshi
    (trop est comme pas assez) L'excès en tout est un défaut
  • 火のない所に煙は立たぬ
    hi no nai tokoro ni kemuri wa tatanu
    Il n'est point de fumée sans feu
  • 勝って兜の緒を締めよ
    katte kabuto-no-o o shimeyo
    (attachez solidement votre casque même après une victoire) Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers
  • 転ばぬ先の杖
    korobanu saki no tsue
    (utilisez une canne avant de tomber) Mieux vaut prévenir que guérir
  • 所変われば品変わる
    tokoro kawareba, shina kawaru
    (si le lieu change, les objets changent) Autres pays, autres moeurs

Vérité

  • 馬鹿と子供は正直
    baka to kodomo wa shôjiki
    (les idiots et les enfants sont honnêtes) La vérité sort de la bouche des enfants
  • 人は見かけによらぬもの
    hito wa mikake ni yoranu mono
    (les gens ne sont pas ce qu'ils paraissent) Les apparences sont souvent trompeuses > (il faut se méfier des apparences)

Innocence

  • 知らぬが仏
    shiranu ga Hotoke
    (les ignorants sont comme Bouddha) Qui ne sait rien, de rien ne doute

Humilité

  • 柳に雪折れなし
    yanagi ni yuki-ore nashi
    (le poids de la neige ne brise jamais les branches du saule) Il vaut mieux plier que rompre

Détachement

  • 去る者は日々に疎し
    saru mono wa hibi ni utoshi
    (le souvenir de ceux qui sont partis diminue jour après jour) Loin des yeux, loin du cœur

Effet Placebo

L'effet placebo (du latin : « je plairai », sous-entendu : « à qui me demande de prescrire... ») est le résultat d'une mesure thérapeutique d'efficacité intrinsèque nulle ou faible, sans rapport logique avec la maladie, mais agissant, si le sujet pense recevoir un traitement actif, par un mécanisme psychologique ou psycho-physiologique. Le Médicament placebo ne contient a priori aucun composé chimique avec activité démontrée.

Dès le début de sa pratique de l'homéopathie, Samuel Hahnemann prescrivait, entre les prise de remède actif, souvent espacées de plusieurs jours, une prise quotidienne de grains de lactoses naïfs de toute autre substance, pour "plaire" au malade et le faire "patienter".

Ce phénomène a été mis en lumière notamment par H. Bernheim (Bernheim H. De la suggestion et de ses applications thérapeutiques, 1886) au cours de ses recherches sur la suggestion, dont le placebo constitue, avec l'hypnose, une des figures majeures. Une des premières mentions du terme se situe dans un dictionnaire anglais médical anglais datant de 1811 : médication destiné plus à plaire au patient qu'à être efficace.

L'effet placebo illustre l'influence du mental sur l'organisme, le psychosomatisme et complique sérieusement l'évaluation de l'efficacité de nouveaux produits. C'est la raison pour laquelle les tests sont effectués par la méthode dite en double aveugle. Celle-ci consiste à composer plusieurs groupes dans lesquels ni le patient, ni le médecin, ne savent si le produit administré est un médicament ou seulement un placebo, permettant ainsi d'avoir un avis objectif sur l'efficacité réelle de la molécule étudiée (pour être mis sur la marché, un médicament doit prouver qu'il est significativement plus efficace qu'un placebo).

En l'absence d'études cliniques en double aveugle probantes, la communauté scientifique considère majoritairement que certaines médecines parallèles, comme l'homéopathie, l'acupuncture et autres aromathérapies relèvent uniquement de l'effet placebo et donc que l'effet de ces thérapeutiques est exclusivement subjectif. Certains travaux de synthèse soutiennent cette opinion dans le cas de l'homéopathie. Une étude menée par un groupe de huit chercheurs de nationalités suisse et britannique dirigés par le docteur Aijing Shang (département de médecine sociale et préventive, université de Berne) a effectué une analyse des publications médicales de 19 banques électroniques, comparant l'effet placebo à l'homéopathie et l'effet placebo à la médecine conventionnelle ; les études portaient en moyenne sur 65 patients (10–1 573). Les résultats de cette étude, publiés dans The Lancet (27 août 2005) n'ont mis en évidence aucune supériorité de l'homéopathie sur l'effet placebo, contrairement à l'allopathie [4].

L'effet inverse existe également, c'est l'effet nocebo. On a ainsi pu observer l'apparition de troubles chez des riverains d'une antenne relais de radiotéléphonie, alors même que l'installation n'avait pas encore été mise en service.

Notons enfin que le placebo ne se présente pas uniquement sous la forme d'un médicament : il peut s'agir d'une opération chirurgicale inadéquate, d'un traitement physiothérapeutique mal conduit ou inutile, et de toute autre intervention thérapeutique dont l'indication est mal pausée, ou la réalisation incorrecte. Tout geste thérapeutique, valide ou non, comporte d'ailleurs une part significative d'effet placebo [5].

Bibliographie

Liens externes

Source : Wikipedia.

La fournaise ardente

Source : Ancien Testament - Livre de Daniel (3.1 - 3.30)

Le roi Nebucadnetsar fit une statue d'or, haute de soixante coudées et large de six coudées. Il la dressa dans la vallée de Dura, dans la province de Babylone.

Le roi Nebucadnetsar fit convoquer les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, pour qu'ils se rendissent à la dédicace de la statue qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar.

Alors les satrapes, les intendants et les gouverneurs, les grands juges, les trésoriers, les jurisconsultes, les juges, et tous les magistrats des provinces, s'assemblèrent pour la dédicace de la statue qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar. Ils se placèrent devant la statue qu'avait élevée Nebucadnetsar.

Un héraut cria à haute voix: Voici ce qu'on vous ordonne, peuples, nations, hommes de toutes langues !

Au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d'or qu'a élevée le roi Nebucadnetsar.

Quiconque ne se prosternera pas et n'adorera pas sera jeté à l'instant même au milieu d'une fournaise ardente.

C'est pourquoi, au moment où tous les peuples entendirent le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, et de toutes sortes d'instruments de musique, tous les peuples, les nations, les hommes de toutes langues se prosternèrent et adorèrent la statue d'or qu'avait élevée le roi Nebucadnetsar.

A cette occasion, et dans le même temps, quelques Chaldéens s'approchèrent et accusèrent les Juifs.

Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar: O roi, vis éternellement !

Tu as donné un ordre d'après lequel tous ceux qui entendraient le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments, devraient se prosterner et adorer la statue d'or, et d'après lequel quiconque ne se prosternerait pas et n'adorerait pas serait jeté au milieu d'une fournaise ardente.

Or, il y a des Juifs à qui tu as remis l'intendance de la province de Babylone, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, hommes qui ne tiennent aucun compte de toi, ô roi; ils ne servent pas tes dieux, et ils n'adorent point la statue d'or que tu as élevée.

Alors Nebucadnetsar, irrité et furieux, donna l'ordre qu'on amenât Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Et ces hommes furent amenés devant le roi.

Nebucadnetsar prit la parole et leur dit: Est-ce de propos délibéré, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mes dieux, et que vous n'adorez pas la statue d'or que j'ai élevée ?

Maintenant tenez-vous prêts, et au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue que j'ai faite; si vous ne l'adorez pas, vous serez jetés à l'instant même au milieu d'une fournaise ardente. Et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ?

Schadrac, Méschac et Abed-Nego répliquèrent au roi Nebucadnetsar: Nous n'avons pas besoin de te répondre là-dessus.

Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi.

Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as élevée.

Sur quoi Nebucadnetsar fut rempli de fureur, et il changea de visage en tournant ses regards contre Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Il reprit la parole et ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu'il ne convenait de la chauffer.

Puis il commanda à quelques-uns des plus vigoureux soldats de son armée de lier Schadrac, Méschac et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise ardente.

Ces hommes furent liés avec leurs caleçons, leurs tuniques, leurs manteaux et leurs autres vêtements, et jetés au milieu de la fournaise ardente.

Comme l'ordre du roi était sévère, et que la fournaise était extraordinairement chauffée, la flamme tua les hommes qui y avaient jeté Schadrac, Méschac et Abed-Nego.

Et ces trois hommes, Schadrac, Méschac et Abed-Nego, tombèrent liés au milieu de la fournaise ardente.

Alors le roi Nebucadnetsar fut effrayé, et se leva précipitamment. Il prit la parole, et dit à ses conseillers: N'avons-nous pas jeté au milieu du feu trois hommes liés? Ils répondirent au roi: Certainement, ô roi !

Il reprit et dit: Eh bien, je vois quatre hommes sans liens, qui marchent au milieu du feu, et qui n'ont point de mal; et la figure du quatrième ressemble à celle d'un fils des dieux.

Ensuite Nebucadnetsar s'approcha de l'entrée de la fournaise ardente, et prenant la parole, il dit: Schadrac, Méschac et Abed-Nego, serviteurs du Dieu suprême, sortez et venez! Et Schadrac, Méschac et Abed-Nego sortirent du milieu du feu.

Les satrapes, les intendants, les gouverneurs, et les conseillers du roi s'assemblèrent; ils virent que le feu n'avait eu aucun pouvoir sur le corps de ces hommes, que les cheveux de leur tête n'avaient pas été brûlés, que leurs caleçons n'étaient point endommagés, et que l'odeur du feu ne les avait pas atteints.

Nebucadnetsar prit la parole et dit: Béni soit le Dieu de Schadrac, de Méschac et d'Abed-Nego, lequel a envoyé son ange et délivré ses serviteurs qui ont eu confiance en lui, et qui ont violé l'ordre du roi et livré leurs corps plutôt que de servir et d'adorer aucun autre dieu que leur Dieu !

Voici maintenant l'ordre que je donne: tout homme, à quelque peuple, nation ou langue qu'il appartienne, qui parlera mal du Dieu de Schadrac, de Méschac et d'Abed-Nego, sera mis en pièces, et sa maison sera réduite en un tas d'immondices, parce qu'il n'y a aucun autre dieu qui puisse délivrer comme lui.

Après cela, le roi fit prospérer Schadrac, Méschac et Abed-Nego, dans la province de Babylone.

jeudi 23 février 2006

Le songe de la grande statue de Nebucadnetsar

Source : Ancien Testament - Livre de Daniel (2.1 - 2.49)

La seconde année du règne de Nebucadnetsar, Nebucadnetsar eut des songes. Il avait l'esprit agité, et ne pouvait dormir.

Le roi fit appeler les magiciens, les astrologues, les enchanteurs et les Chaldéens, pour qu'ils lui disent ses songes. Ils vinrent, et se présentèrent devant le roi.

Le roi leur dit: J'ai eu un songe; mon esprit est agité, et je voudrais connaître ce songe.

Les Chaldéens répondirent au roi en langue araméenne: O roi, vis éternellement! dis le songe à tes serviteurs, et nous en donnerons l'explication.

Le roi reprit la parole et dit aux Chaldéens: La chose m'a échappé; si vous ne me faites connaître le songe et son explication, vous serez mis en pièces, et vos maisons seront réduites en un tas d'immondices.

Mais si vous me dites le songe et son explication, vous recevrez de moi des dons et des présents, et de grands honneurs. C'est pourquoi dites-moi le songe et son explication.

Ils répondirent pour la seconde fois: Que le roi dise le songe à ses serviteurs, et nous en donnerons l'explication.

Le roi reprit la parole et dit: Je m'aperçois, en vérité, que vous voulez gagner du temps, parce que vous voyez que la chose m'a échappé.

Si donc vous ne me faites pas connaître le songe, la même sentence vous enveloppera tous; vous voulez vous préparer à me dire des mensonges et des faussetés, en attendant que les temps soient changés. C'est pourquoi dites-moi le songe, et je saurai si vous êtes capables de m'en donner l'explication.

Les Chaldéens répondirent au roi: Il n'est personne sur la terre qui puisse dire ce que demande le roi; aussi jamais roi, quelque grand et puissant qu'il ait été, n'a exigé une pareille chose d'aucun magicien, astrologue ou Chaldéen.

Ce que le roi demande est difficile; il n'y a personne qui puisse le dire au roi, excepté les dieux, dont la demeure n'est pas parmi les hommes.

Là-dessus le roi se mit en colère, et s'irrita violemment. Il ordonna qu'on fasse périr tous les sages de Babylone.

La sentence fut publiée, les sages étaient mis à mort, et l'on cherchait Daniel et ses compagnons pour les faire périr.

Alors Daniel s'adressa d'une manière prudente et sensée à Arjoc, chef des gardes du roi, qui était sorti pour mettre à mort les sages de Babylone.

Il prit la parole et dit à Arjoc, commandant du roi: Pourquoi la sentence du roi est-elle si sévère? Arjoc exposa la chose à Daniel.

Et Daniel se rendit vers le roi, et le pria de lui accorder du temps pour donner au roi l'explication.

Ensuite Daniel alla dans sa maison, et il instruisit de cette affaire Hanania, Mischaël et Azaria, ses compagnons, les engageant à implorer la miséricorde du Dieu des cieux, afin qu'on ne fît pas périr Daniel et ses compagnons avec le reste des sages de Babylone.

Alors le secret fut révélé à Daniel dans une vision pendant la nuit. Et Daniel bénit le Dieu des cieux.

Daniel prit la parole et dit: Béni soit le nom de Dieu, d'éternité en éternité! A lui appartiennent la sagesse et la force.

C'est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l'intelligence.

Il révèle ce qui est profond et caché, il connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui.

Dieu de mes pères, je te glorifie et je te loue de ce que tu m'as donné la sagesse et la force, et de ce que tu m'as fait connaître ce que nous t'avons demandé, de ce que tu nous as révélé le secret du roi.

Après cela, Daniel se rendit auprès d'Arjoc, à qui le roi avait ordonné de faire périr les sages de Babylone; il alla, et lui parla ainsi: Ne fais pas périr les sages de Babylone! Conduis-moi devant le roi, et je donnerai au roi l'explication.

Arjoc conduisit promptement Daniel devant le roi, et lui parla ainsi: J'ai trouvé parmi les captifs de Juda un homme qui donnera l'explication au roi.

Le roi prit la parole et dit à Daniel, qu'on nommait Beltschatsar: Es-tu capable de me faire connaître le songe que j'ai eu et son explication ?

Daniel répondit en présence du roi et dit: Ce que le roi demande est un secret que les sages, les astrologues, les magiciens et les devins, ne sont pas capables de découvrir au roi.

Mais il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets, et qui a fait connaître au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps. Voici ton songe et les visions que tu as eues sur ta couche.

Sur ta couche, ô roi, il t'est monté des pensées touchant ce qui sera après ce temps-ci; et celui qui révèle les secrets t'a fait connaître ce qui arrivera.

Si ce secret m'a été révélé, ce n'est point qu'il y ait en moi une sagesse supérieure à celle de tous les vivants; mais c'est afin que l'explication soit donnée au roi, et que tu connaisses les pensées de ton cœur.

O roi, tu regardais, et tu voyais une grande statue; cette statue était immense, et d'une splendeur extraordinaire; elle était debout devant toi, et son aspect était terrible.

La tête de cette statue était d'or pur; sa poitrine et ses bras étaient d'argent; son ventre et ses cuisses étaient d'airain ; ses jambes, de fer; ses pieds, en partie de fer et en partie d'argile.

Tu regardais, lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main, frappa les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces.

Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or, furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une aire en été; le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre.

Voilà le songe. Nous en donnerons l'explication devant le roi.

O roi, tu es le roi des rois, car le Dieu des cieux t'a donné l'empire, la puissance, la force et la gloire ; il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu'ils habitent, les enfants des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, et il t'a fait dominer sur eux tous: c'est toi qui es la tête d'or.

Après toi, il s'élèvera un autre royaume, moindre que le tien; puis un troisième royaume, qui sera d'airain, et qui dominera sur toute la terre.

Il y aura un quatrième royaume, fort comme du fer; de même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer qui met tout en pièces.

Et comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d'argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé; mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile.

Et comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile.

Tu as vu le fer mêlé avec l'argile, parce qu'ils se mêleront par des alliances humaines; mais ils ne seront point unis l'un à l'autre, de même que le fer ne s'allie point avec l'argile.

Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement.

C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d'aucune main, et qui a brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable, et son explication est certaine.

Alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et se prosterna devant Daniel, et il ordonna qu'on lui offrît des sacrifices et des parfums.

Le roi adressa la parole à Daniel et dit: En vérité, votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et il révèle les secrets, puisque tu as pu découvrir ce secret.

Ensuite le roi éleva Daniel, et lui fit de nombreux et riches présents; il lui donna le commandement de toute la province de Babylone, et l'établit chef suprême de tous les sages de Babylone.

Daniel pria le roi de remettre l'intendance de la province de Babylone à Schadrac, Méschac et Abed-Nego. Et Daniel était à la cour du roi.

De la sagesse de Daniel et du végétarisme

Source : Ancien Testament - Livre de Daniel (1.1 - 1.21)

La troisième année du règne de Jojakim, roi de Juda, Nebucadnetsar, roi de Babylone, marcha contre Jérusalem, et l'assiégea.

Le Seigneur livra entre ses mains Jojakim, roi de Juda, et une partie des ustensiles de la maison de Dieu. Nebucadnetsar emporta les ustensiles au pays de Schinear, dans la maison de son dieu, il les mit dans la maison du trésor de son dieu.

Le roi donna l'ordre à Aschpenaz, chef de ses eunuques, d'amener quelques-uns des enfants d'Israël de race royale ou de famille noble, de jeunes garçons sans défaut corporel, beaux de figure, doués de sagesse, d'intelligence et d'instruction, capables de servir dans le palais du roi, et à qui l'on enseignerait les lettres et la langue des Chaldéens.

Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des mets de sa table et du vin dont il buvait, voulant les élever pendant trois années, au bout desquelles ils seraient au service du roi.

Il y avait parmi eux, d'entre les enfants de Juda, Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria.

Le chef des eunuques leur donna des noms, à Daniel celui de Beltschatsar, à Hanania celui de Schadrac, à Mischaël celui de Méschac, et à Azaria celui d'Abed-Nego.

Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l'obliger à se souiller.

Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques.

Le chef des eunuques dit à Daniel: Je crains mon seigneur le roi, qui a fixé ce que vous devez manger et boire; car pourquoi verrait-il votre visage plus abattu que celui des jeunes gens de votre âge? Vous exposeriez ma tête auprès du roi.

Alors Daniel dit à l'intendant à qui le chef des eunuques avait remis la surveillance de Daniel, de Hanania, de Mischaël et d'Azaria :

Eprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu'on nous donne des légumes à manger et de l'eau à boire ;

tu regarderas ensuite notre visage et celui des jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs d'après ce que tu auras vu.

Il leur accorda ce qu'ils demandaient, et les éprouva pendant dix jours.

Au bout de dix jours, ils avaient meilleur visage et plus d'embonpoint que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets du roi.

L'intendant emportait les mets et le vin qui leur étaient destinés, et il leur donnait des légumes.

Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la science, de l'intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes.

Au terme fixé par le roi pour qu'on les lui amenât, le chef des eunuques les présenta à Nebucadnetsar.

Le roi s'entretint avec eux; et, parmi tous ces jeunes gens, il ne s'en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria. Ils furent donc admis au service du roi.

Sur tous les objets qui réclamaient de la sagesse et de l'intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui étaient dans tout son royaume.

Ainsi fut Daniel jusqu'à la première année du roi Cyrus.

Le comportement végétarien dans son environnement social contemporain

Source : Le comportement végétarien dans son environnement social contemporain sur le site de Denis Bloud où vous pouvez trouver d'autres textes intéressants.

Université de Genève - Département de sociologie

Cours du 26 février 1990

Intervention de M. Denis BLOUD

Il faut remercier le professeur Jean Ziegler et son assistant Muse Tegegne d'avoir eu le courage d'ouvrir une brèche dans le mur du dogmatisme universitaire afin de faire entendre d'autres discours que les incantations autocentrées et à usage interne des mandarins cooptés par eux-mêmes.

L'intention n'est pas de faire un sermon de prosélytisme en faveur du végétarisme, qui peut très bien s'en passer. Elle n'est pas non plus d'aller à la cuisine et de donner des recettes. L'objet est de situer le comportement végétarien dans son environnement social contemporain, face aux conformismes qui s'y opposent.

Introduction au menu de l'exposé

Cet exposé ira du particulier au général, en partant de l'aspect psychologique le plus immédiat, celui de mon cas personnel ; puis en plaçant ce comportement face à l'environnement médical, social, historique, économique et politique, à l'aide de quelques illustrations projetées par épidiascope. Il est évident que le tour de la question ne pourra pas être bouclé en seulement deux heures et qu'il y aura lieu d'effectuer des recherches plus approfondies sur certains points, ce dont nous pourrons parler lors de la discussion méthodologique. L'objet est ici de présenter le fait sociologique du comportement végétarien face à d'autres conduites alimentaires qui voudraient le garder marginal et anticonformiste pour conserver leur position dominante.

La surdétermination des rapports de l'homme à son alimentation, imposée par les classes détentrices du pouvoir politique, économique et idéologique, dont il a été question dans le cours d'introduction à ce cycle, sera bien mise en évidence par l'analyse du comportement végétarien que nous allons entreprendre maintenant, même si mes souvenirs des cours de Bourdieu à la Sorbonne sont un peu estompés maintenant... Mais comme ce dernier me l'avait un jour déclaré à l'issue d'un exposé, "l'essentiel n'est peut-être pas de résoudre le problème, mais de bien le poser." Je vous propose donc le canevas suivant, qui comporte sept volets formant un tout indissociable, mais où j'ai tenté d'aller du particulier au global. Nous pourrions suivre un autre ordre du jour mais je vais suivre ce plan, quitte à accélérer parfois ou à sauter à des éléments qui vous intéressent plus particulièrement, en fonction du temps disponible et de la possibilité d'engager un dialogue entre nous, ce qui doit rester possible à tout moment. Le menu qui vous est proposé est végétarien mais n'exclut pas que certaines analyses soient un peu saignantes...

Menu de l'exposé

  • I. La motivation psychologique du végétarien
  • II. Le végétarisme face à l'imposture de la thanatocratie
  • III. Le tabou et l'interdit alimentaire
  • IV. Le terrorisme alimentaire par l'occultation dominante
  • V. La filiation historique de l'éthique végétarienne
  • VI. Le végétarisme comme réponse à la crise écologique
  • VII. Le végétarisme face à l'anthropophagie du tiers monde par les riches
  • Bases bibliographiques

I- La motivation psychologique du végétarisme : mon cas personnel

Mes dernières tentatives d'expression à l'université remontent à 1968, en Sorbonne, à la faculté des Sciences et à la faculté de Médecine, sur des thèmes un peu différents, du type "Informatique et société : pour une application des modèles naturels aux théories du pouvoir". Le combat a continué ensuite dans l'ombre, toujours dans le même esprit de contestation des impostures et de défense des modèles biologiques, de ce qu'on peut appeler les "lois naturelles" de notre univers. Le comportement végétarien m'est peu à peu apparu comme un aboutissement logique de cette démarche et aussi comme le point de départ d'analyses multidisciplinaires touchant à tout ce qui concerne au fond le problème de la vie et de la mort. En ce sens, le végétarisme heurte de plein fouet le système thanatocratique disséqué dans "Les Vivants et la Mort" en 1975 par le professeur Ziegler.

Il m'a fallu sept ans pour devenir tout à fait végétarien après les événements de 68, par un processus qui m'a conduit à quitter Paris et à venir travailler à Genève dans une organisation internationale technique comme traducteur, tout en suivant les débuts du mouvement écologiste moderne, représenté à l'époque par la revue intitulée "La Gueule Ouverte". La défense de l'environnement prolonge et complète celle de nos propres cellules physiques et en ce sens il n'y a pas de véritable frontière spatiale entre hygiénisme et écologie: l'air pur que l'hygiéniste revendique ne peut pas exister aujourd'hui sans un combat contre ceux qui le polluent à grande échelle pour le profit immédiat.

Les motivations du comportement végétarien sont personnelles et diverses, irréductibles à une analyse purement psychologique, faisant par exemple appel à des pulsions masochistes ou ascétiques. Ce serait trop simple comme manière d'évacuer la question et tout à fait représentatif des méthodes de réduction conceptuelle face à une valeur supérieure. Si la norme sociale est le comportement d'autosatisfaction à tout prix, il est évident que le végétarisme peut être taxé d'ascétisme. Mais si, comme je souhaite le montrer, il s'agit plutôt du mode d'alimentation normal, c'est le comportement hédoniste et carnivore qui peut être considéré comme autodestructeur et réellement masochiste. Par exemple du fait que le carnivorisme raccourcit la qualité et la durée de la vie ici-bas.

Faut-il être marginal pour être végétarien ? Pour moi, cela n'a pas été le cas : au contraire, c'est parce que j'ai choisi de devenir végétarien que mon intégration sociale s'est trouvée quelque peu réduite. Mais j'ai fait ce choix à un moment où cela ne posait plus guère de problèmes d'identité, à 35 ans environ, où je pouvais en assumer les inconvénients sociaux. Si j'étais resté à Paris dans mon milieu familial, je ne serais sans doute pas resté célibataire ni devenu un étranger sans voix d'expression politique. Et le végétarisme serait peut-être resté une voie idéale que les circonstances ne m'auraient pas permis d'explorer. Mais la poursuite de ma recherche intérieure m'aurait peut-être conduit, de toute manière, aux règles de vie que je considère comme normales et définitives pour moi.

La diversité des histoires personnelles fait qu'une ethnologie du comportement végétarien me paraît tout à fait illusoire. La tribu constituée par les "adeptes du végétarisme", comme les désigne un peu ironiquement Laurence Ossipow dans son essai sur le Végétarisme (Cerf, 1989, 125 p.) n'existe pas car il ne s'agit pas d'un échantillon homogène, très clairement défini. Le psychologisme n'explique pas plus le végétarisme que l'ethnologisme car il s'agit d'un état de conscience qui, à mon avis, se rattache à une sorte d'archétype biologique, lui-même fondé sur notre appartenance physique à l'ordre des primates mammifères, végétariens en conditions normales, comme l'ont montré les analyses faites de dents de tout premiers hominidés (études de Leakey et al., Nature 1976, in "Les Dents de la Viande et les Dents du Blé", Dr M. Bader, Science et Vie, nov. 1985, p. 166). C'est peut-être plus le refus inconscient de l'homme de reconnaître son animalité et ses origines qui explique son régime alimentaire actuel qu'un choix vraiment délibéré pour les plaisirs gastronomiques. Ce refus s'exprime par exemple dans les dessins ci-après.

CALQUES 1.1 ET 1.2

Les végétariens reviennent à la naturalité évacuée comme non rentable par les forces de profit surdéterminantes, pour lesquelles la nature n'est qu'un environnement, un décor de théâtre pour leur plaisir, et une ressource facile pour une prise au tas primaire, par les plus forts. La nature fait peur et on la ridiculise sous les espèces de l'écolo rêveur, du végétarien sectaire et mangeur d'herbe. La nature est assimilée, par la classe parvenue au pouvoir, aux valeurs rurales dont elle a mis si longtemps à s'éloigner, aux vagues souvenances de glèbe, de vie dure, d'origines frustes dont on ne voudrait pas retrouver les contraintes. Le "retour en arrière" aux cavernes est une crainte souvent exprimée dans l'idéologie dominante, rituellement exorcisée par l'incantation au progrès continu par la science humaine. Les traditions religieuses ou mythologiques font pourtant souvent référence au comportement végétarien. Mais tout cela est relégué aux oubliettes, sauf quand un végétarien pose une revendication directe au système marchand. Cela a par exemple été le cas pour moi au Japon en 1983.

Au Japon, j'ai éprouvé beaucoup de difficultés à me faire identifier comme végétarien dans les restaurants. Les termes "végétal" et "nourriture" sont si étroitement liés qu'il est pratiquement impossible de les distinguer, ce qui reflète sans doute une tradition végétarienne ancienne. En fin de compte, il m'a fallu faire une déclaration du genre "je fais dévotion" pour que, avec une certaine révérence mêlée d'étonnement, l'on consente à saisir que je ne mangerais pas de produits animaux.

L'option du comportement végétarien implique donc moins l'entrée dans un groupe particulier que l'éloignement d'une conduite conditionnée, profane et prosaïque. Le végétarisme n'est pas triste car c'est une aventure constante, une forme de résistance permanente aux pressions commerciales imposées par l'ordre thanatocratique. Il faut chaque jour ruser avec lui pour échapper à ses conditionnements et découvrir, sous ses valeurs marchandes, les valeurs d'usage réel, de vie et non de maladie et de mort. Cela implique donc un dépassement des tentations de plaisir immédiat et une rationalisation des choix. C'est là que l'information a un rôle fondamental à jouer.

La notion de groupe social ou ethnologique est difficile à cerner, dans les pays latins en particulier. Les tentatives de regrouper les végétariens au sein d'une association remontent à la fin du siècle dernier dans la plupart des pays d'Europe. Mais le résultat n'a jamais été très probant. La "Vegetarian Society" anglaise regroupe tout de même plusieurs milliers de membres et est très active. Mais sa propre documentation montre que le nombre des végétariens non enrôlés est beaucoup plus important (environ 3,25 millions de personnes soit 6 % de la population). A Genève, la "Société Végétarienne de Genève et de Suisse Romande", malgré l'impulsion donnée par feu son président Armand Dumoulin, est restée confinée à une marginalisation réelle malgré les efforts de ses membres. Le végétarien est souvent, comme l'a fait observer justement le professeur Ziegler au début de ce cycle, une personnalité assez forte, aguerrie par ses choix non conformistes, qui répugne naturellement à l'enrôlement dans un cadre social, même fraternel. Mais il accepte souvent de telles contraintes pour propager sa conviction profonde et militer pour les valeurs d'usage qu'il estime pouvoir intéresser ses semblables.

CALQUE 1.3

La motivation principale de 40 % de ceux qui mangent moins de viande est d'ordre médical. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes (1 sur 14 contre 1 sur 24) dans leur propre catégorie. Et de 1983 à 1987, le nombre des végétariens a augmenté de 30 % en Angleterre (Der Vegetarier, mars 1987), sans doute aussi pour des raisons d'ordre économique, ce que nous verrons plus tard. En Allemagne, la progression est très nette également, puisque 22 % des repas pris aux restaurants universitaires de Munich (la "mensa") sont végétariens (100 000 repas par semaine en novembre 1986) (Uni-Berufs-Magazin, fév. 1987). Mais parallèlement la consommation de viande a quintuplé depuis 1850 en Allemagne, et le coût "de la santé" a triplé au cours des dix dernières années, car "les gens ont les moyens de se faire plaisir" (Der Tagesspiegel, 15 janvier 1987). Il se produit donc une sorte de polarisation des comportements dans la société actuelle : prenant conscience qu'il n'est plus possible de jouer sur deux tableaux en même temps, les hommes choisissent soit les plaisirs de la vie avec les contraintes que cela implique, ou bien les plaisirs de la mort, surdéterminés et imposés comme valeurs marchandes indispensables pour l'intégration sociale. Le problème de la motivation personnelle dépasse donc largement les simples pulsions psychologiques intérieures des individus. Il remet en cause l'ensemble du système de santé, d'agriculture, de distribution des richesses économiques.

C'est donc un ferment politique par essence.

Ce calque de la société végétarienne anglaise montre aussi que le végétarisme est presque deux fois plus répandu dans la population estudiantine que dans la population générale (11 %). Quelques noms de personnalités végétariennes modernes sont données à titre de leaders ou modèles, connus surtout au Royaume-Uni. Nous relevons toutefois les noms de Brigitte Bardot, de Madonna, de Yehudi Menuhin et de Michael Jackson. Les appels au comportement végétarien se fondent sur quatre thèmes principaux : la santé, la souffrance des animaux, l'environnement et le tiers monde, ce que nous examinerons ensemble si le temps nous le permet.

Passons donc du point de vue psychologique et personnel à la motivation plus large de la santé publique.

II - Le végétarisme face à l'imposture médico-industrielle

Le végétarisme, en tant que comportement individuel marginalisé, met en évidence les stratégies de séduction et d'aliénation des défenseurs de l'alimentation industrielle et de la médecine palliatrice et réparatrice. Car au lieu se présenter comme un complément récupérable, parmi d'innombrables "thérapies" plus ou moins naturelles ou industrielles, le végétarisme réel se revendique comme étant une conduite d'autonomie préventive, qui évacue les comportements artificiels induits par les thérapeutiques de l'a-posteriori.

Le végétarisme radicalise le débat en le portant au niveau des fondements mêmes de la connaissance et de la tradition. Sa réponse au serpent de mer des coûts dits "de la santé" est celle d'Hippocrate : QUE TA NOURRITURE SOIT TON MEDICAMENT ET QUE TON REMEDE SOIT TA NOURRITURE.

A partir de cet axiome de sagesse, le végétarisme est en droit de renvoyer dos à dos les thérapeutes autopatentés et les divers mages modernes qui se rejoignent tous dans l'interventionnisme dirigiste et paternaliste du : "faites-vous plaisir sans remords, nous sommes là pour réparer quand cela n'ira plus très bien dans votre corps". En ce sens, le végétarisme véritable refuse d'être considéré et exploité commercialement comme une "thérapeutique auxiliaire" analogue au thermalisme ou à l'ozonothérapie. Ce refus est évidemment taxé de sectarisme par ceux qui voudraient faire du végétarisme un alibi de plus pour la survie du scientisme médical.

Nous avons parlé d'autonomie préventive par le végétarisme. Cette prévention au niveau du terrain physiologique ne saurait se prêter aux manipulations marchandes puisque -par définition- elle implique une prise en charge individuelle, une responsabilisation volontaire, au lieu d'une confiance naïve dans les diktats publicitaires. Le principe même de la thérapie palliatrice est infantilisant et participe au fond des valeurs de domination mercantilistes par ceux qui détiennent le pouvoir médical. Ces valeurs visent à court-circuiter le "médecin intérieur", la "vix medicatrix" des Anciens.

L'idéologie du système sanitaire paternaliste et matérialiste ne croit pas à l'existence en l'homme de cette force, de cette "natura naturans" en action, comme elle ne croit pas non plus à l'existence de l'âme et de ses diverses formes traditionnelles, plus ou moins subtiles. Mais elle utilise ces énergies lorsque les résultats ne peuvent plus être niés, comme dans le cas de l'acupuncture. Tout en se gardant bien, dans sa démarche récupératrice et instrumentaliste, de réintégrer les valeurs spirituelles que cette tradition véhicule pour sous-tendre ces techniques de soins.

Le végétarisme est une voie de choix individuel de non-maladie. Il ne peut donc se concilie